
de Brian DePalma

(Etats-Unis / 1983)
Date de sortie 07 mars 1984
genre : gangsters / 2h45
En 1980, Tony "Scarface" Montana bénéficie d'une amnistie du gouvernement cubain pour retourner en Floride. Ambitieux et sans scrupules, il élabore un plan pour éliminer un caïd de la pègre et prendre la place qu'il occupait sur le marché de la drogue.
Scarface (1983) fait partie de ces films, aujourd’hui incontournables, qui ont eu leurs lots de critiques et dont l’aboutissement ne s’est pas fait sans difficultés. Echec critique et public aux Etats-Unis à sa sortie, la presse ne manque pas de fustiger le film pour son ultra-violence, allant même jusqu’à l’accuser de faire l’apologie de la drogue en glorifiant ses trafiquants.
Il faudra attendre sa diffusion européenne pour que le film trouve son public, et que les américains reconsidèrent la question avant d’en faire, à leur tour, un monument du septième art. En effet, le film se démarque des productions d’alors par un ton plus réaliste qui ne s’embarrasse pas de quelconques tournures phrasées ou de personnages originaux.
Le projet vient directement de Pacino, le jeune Alfred James est alors passionné par le théâtre et par un auteur allemand (Bertold Brecht) qui écrit des pièces sur des gangsters.
C’est d’ailleurs en jouant une de ses pièces qu’il cherche à se familiariser avec le genre. C’est en tombant sur une rediffusion dans un vieux cinéma de quartier, du film d’Howard Hawks que la révélation se fera.
Fasciné par l’ascension et la chute du gangster balafré, il prend contact avec son producteur de l’époque et lui soumet le projet…Refaire Scarface dans les années 70 d’une Amérique disco-cocaïnée qui donne sa chance à celui qui veut réussir.
Bien sûr le premier réalisateur qui lui vient à l’esprit est Sidney Lumet. Quoi de plus logique ?! Le
réalisateur possède un style qui lui est propre, d’une certaine classe, pour ne pas dire d’une classe certaine, et dont les films sont appréciés, d’une part, mais surtout respectés du public (ce qui est assez rare à l’époque pour être signalé). De plus le duo Pacino/Lumet a par deux fois plutôt bien fonctionné. Serpico en 1973 (qui donnera même lieu à une très bonne série) et Un après-midi de chien en 1976 qui narre le braquage quelque peu foireux par une bande de bras cassés au final plus sympathique que réellement dangereuse.
Ne reste plus qu’à trouver le scénariste afin de transposer l’histoire en Floride avec un immigré cubain.
C’est là que les problèmes commencent à apparaître…
Oliver Stone, futur réalisateur controversé, tâtonne dans le cinéma comme scénariste et réalisateur occasionnel. Plutôt doué, il signe celui de Midnight Express d’Alan Parker, mais aussi celui de Conan le barbare de John Milius, Scarface donc puis, plus tard, de l’excellent L’année du dragon de Michaël Cimino avant de connaître le succès en tant que réalisateur et toujours scénariste avec Salvador en 1986 puis Platoon et tous les films de guerre qui suivront par la suite, montrant eux aussi une violence parfois extrême.
Mais pour le moment, Stone fait ses armes, et en perfectionniste qu’il est déjà, il tient à coller au plus près de son sujet.
Pour cela il va risquer sa personne en allant directement prospecter…tant auprès des caïds cubains de Miami, les interrogeant inlassablement sur leur business, que directement dans les dossiers de justice sur les plus grandes affaires criminelles des dernières années (une autorisation spéciale lui sera même accordée pour cela).
Il en résulte un scénar hyper documenté qui détaille donc à la perfection les rouages mécaniques de la création d’un truand notoire, fortement encouragé par des lois facilement contournables et une corruption outrancière qui égratigne au passage un système économique et social américain qui ne supporte pas d’être sali de la sorte. On comprendra de prime abord que les américains n’aient pas apprécié le résultat…c’est le système même de ce pays qui permet l’existence et l’ascension de gangsters notoires. Et il n’est jamais agréable de se le faire rappeler de la sorte.
Le scénar achevé, il n’est cependant pas du goût de Sidney Lumet qui préfère passer son tour sur ce coup-là. Trop violent. Pas son style.
C’est là que Brian De Palma rentre en lice…
Si Pacino est attiré par les rôles de gangsters (s’il n’avait pas découvert le théâtre et le cinéma, de son propre aveu, il aurait pu en devenir un) Brian De Palma lui, sera fasciné, obsédé même, par l’œuvre d’Alfred Hitchcock.
Promis à une brillante carrière d’ingénieur, cette dernière est stoppée nette quand il voit ce qu’Hitchcock réussit à faire avec une caméra, un montage aux petits oignons, des truchements optiques, des décors travaillés et des bidouillages de focales. Tout n’est pas gagné pour autant…ses premiers films ne trouvent guère le succès, et il faudra attendre Sœurs de sang en 1973 pour
que le public reconnaisse en lui un cinéaste de talent. S’en suivront Phantom of the paradise, Obssession, Carrie, Furie, Pulsions et Blow out lui apportant le succès et la reconnaissance de son style (longs plans séquences travaillés à l’extrême, spleet-screens, travellings divers, ralentis et plans à double focale).
Cependant, lui-même reconnaît qu’il refait toujours un peu la même chose, aussi veut-il s’affranchir de ce style qui lui a pourtant valu ses heures de gloire.
Comme à chaque fois, pour un réalisateur qui ne fait plus ce que le public aime, il y a un risque potentiel pour le cinéaste. Mais c’est décidé, quand il tombe sur le scénar de Stone et de son truand paranoïaque, cette histoire est faite pour lui. De plus, les succès des « Parrain » et de Serpico aidant, le cinéaste désirait travailler avec cet acteur au charisme indiscutable. Les deux hommes s’entendent si bien qu’ils réitèreront l’expérience sur L’impasse en compagnie de Sean Penn. Il se dégage une telle force de l’histoire et une telle aura de Pacino, que De Palma va peaufiner ses plans, ses décors, afin de valoriser plus encore une œuvre dont il sent le potentiel énorme.
Mais tout le monde ne pense pas comme lui. Les studios auraient préféré quelques noms connus afin de mieux faire passer la pilule (John Travolta fût même proposé pour le rôle de Manny, mais De Palma préféra, pour plus de réalisme peut-être, engager des inconnus). Hors, excepté Pacino, les seconds rôles masculins et féminins sont tenus par des acteurs et actrices encore loin de la célébrité, même s’ils n’en sont pas à leurs premiers rôles. Ce sera le cas de Steven Bauer, Michelle Pfeiffer et Mary Elisabeth Mastrantonio. On y trouve quand même quelques noms plus parlants, comme ceux de F. Murray Abraham (qui connaît Pacino pour avoir joué avec lui dans Serpico) et puis Robert Loggia qui traîne une filmographie impressionnante.
Pour son revirement cinématographique, le cinéaste veut marquer les esprits. Et pour cela il va frapper fort en montrant ce qui n’avait jamais été montré auparavant. Des exécutions sommaires, brutes, violentes, mais surtout sanglantes.
L’hémoglobine est en effet bien présente dans ce film, trop même pour certains qui voient dans la scène de la tronçonneuse, un sommet de sadisme et d’horreur qui n’est pas sans rappeler la révolte bien pensante qui s’éleva à la sortie du film de Tobe Hooper. Mais à bien y regarder, si on détail ce plan-là, on ne voit pourtant pas cette fameuse tronçonneuse entailler quelque chair que ce soit. Tout est question de montage et de suggestion. Cela marche tellement bien que cette scène qui sera mise en avant pour démontrer l’extrême violence du film.
De Palma se défend en arguant qu’il ne fait que montrer ce qui se passe en réalité lors d’un règlement de compte entre bandes rivales ou clans mafieux. Ces truands sont tellement déconnectés de la réalité, qu’ils n’en sont plus à un acte de cruauté pure près. Afin de faire disparaître un ennemi, ce dernier est souvent découpé en morceau ou envoyé à leurs ennemis pour les terroriser. On pourra citer par exemple certaines scènes dans Donnie Brasco ou encore Les affranchis où les truands usent du même procédé.
De l’aveu même du cinéaste, le film est en fait une œuvre profondément anti-drogue. Même si le public a d’abord pensé l’inverse.
En effet, rien dans ce film ne donne envie de prendre la place de Montana tant ce dernier est englué dans sa soif de pouvoir, d’argent, et surtout une paranoïa excessive qui lui fera voir le monde autrement. Comme un monde qui lui appartient finalement (The world is yours / The world is mine) en étant le seul à savoir comment il fonctionne réellement.
L’énorme succès du film et la quasi icône sombre que représente aujourd’hui Tony Montana n’est cependant pas à prendre comme un échec. C’est juste que le public a toujours eu une fascination pour les bad boys ou même les tueurs en série. On peut se passionner pour tel ou tel personnage sans être pour autant un tueur soi-même. Si les gangsters ont la cote au cinéma, c’est
d’abord et surtout grâce au charisme et au talent des comédiens qui les interprètent.
Cela reste avant tout du cinéma, et le message véhiculé par Scarface reste essentiellement … Le crime ne paie pas. Du moins, s’il paie, ça ne dure qu’un temps et il ne faut pas espérer faire de vieux os dans ce job (si tant est que l’on puisse le considérer comme tel).
Le film s’attire donc les foudres de la moralité qui voit dans cette violence extrême, jamais vue auparavant, un culte déplacé pour le grand banditisme qui se servira du rêve américain pour mieux le bafoué finalement. Mais pas seulement…en prenant un immigré cubain, la communauté cubaine de Miami (+ de 300 000 exilés du régime castriste) manifeste également pendant le tournage, se sentant dénigrée de la plus vile des façons. Peur de l’amalgame, de la remise en question de leur présence en territoire américain, cette dernière profère menaces et représailles, à un point tel que la production du film doit être déplacée sur la côte Pacifique pour pouvoir terminer le tournage.
Avant même sa sortie, le film traîne donc pas mal de casseroles…Critique du mode économique et social de l’Amérique, dénigrement de la communauté cubaine, une violence accrue qui repousse encore un peu plus loin les limites et les codes du genre, sans compter un langage outrancier propre à choquer les puritains qui pensent alors que l’Amérique s’est déjà trop largement fourvoyée dans les années 70, avec la guerre au Viêtnam, les scandales politiques et la démocratisation de la drogue, tant populaire qu’artistique.
La censure se mêle de l’affaire…devant certains plans qui feraient passer Peckinpah pour un débutant timoré, le film est d’abord interdit aux moins de 18 ans. De Palma, qui redoute la ratification X qui ne pourra que nuire à son film, consentira à faire quelques coupes. Mais il semble que cela ne suffise pas pour satisfaire ces messieurs/dames de la censure.
Devant une étroitesse d’esprit qui fleure bon la cabale pure et simple, le cinéaste décide monter au créneau et de défendre son droit à la création, à l’expression la plus directe, même s’il elle doit choquer nombre de spectateurs.
Le film, rappelons-le, est aussi fait pour cela…choquer. Et montrer surtout ce qui ne se voit jamais. Faire prendre conscience aux gens que les truands et gangsters notoires qui se bâtissent des empires ne le font que sur le sang des autres, peut-être de nos enfants, de nos frères ou sœurs. Qu’ils ne reculent devant rien pour arriver au sommet.
De Palma, cependant, ne fait pas de Montana, un monstre absolu. Il reste avant tout humain, ce qui peut le rendre que plus terrifiant finalement, mais avec une certaine faiblesse. C’est d’ailleurs cette dernière qui signera sa perte. On en viendrait presque à le comprendre, et à compatir de sa fin sanglante, sans pour autant cautionner le moindre de ses gestes. Aussi classieux soit-il, il reste néanmoins une ordure de la pire espèce.
Montana n’est là que pour nous prévenir du danger de la surenchère, de l’avidité, et de la perte de repère dans un monde en constante évolution. La vénalité, l’arrivisme, la soif de pouvoir…tout finit par lui échapper. Et l’addition sera salée.
Montana en est l’exemple le plus extrême, le plus flagrant, le plus lumineux. A-t-on le moindre désir de devenir comme lui en regardant ce film ??? Certes non.
Mais a-t-on le moindre désir de voir encore des films de cet acabit ??? Oh que oui.
Si le mot « culte » est aujourd’hui utilisé à tout va pour une œuvre qui sort un peu de l’ordinaire par un semblant d’originalité, il peut en toute légitimité s’appliquer à ce film.
Des débuts difficiles, une production jalonnée de problèmes divers, une sortie discutée, un échec critique et public, puis le lent et nécessaire office du temps qui accompagnera finalement l’œuvre au rang des classiques incontournables.
Il en aura fallu du temps pour que ce film soit considéré comme un classique du genre, et que le public reconnaisse non seulement la puissance du propos d’une histoire, mais aussi d’un film et de tous ceux qui ont contribué (scénariste, réalisateur, acteurs) à faire de ce film un incontournable, et un grand classique du genre.
18/20
Avec Al Pacino, Michelle Pfeiffer, Steven Bauer, ...
Année de production : 1983


Quand on connaît l’indéniable talent de ce conteur d’histoire qu’est
Il sait également dénicher les acteurs qui feront passer l’émotion voulue. Que ce soit les tous jeunes
son cœur. Nous sommes donc alors aussi perdus que lui. Si la situation géopolitique nous dépasse parfois, c’est l’humanité resplendissante du jeune garçon qui prédomine dans sa candeur touchante. D’ailleurs, à part les explosions dues aux bombardements alliés sur le camp de prisonniers, Spielberg ne montre que peu de chose de la guerre réelle. Même l’explosion de la bombe atomique n’est en fait que suggérée par une lumière vive. Il ne veut pas en mettre plein la vue comme le feraient d’autres films de guerre en mettant en scène des combats et une flopée d’explosions (il se rattrapera plus tard sur le Soldat Ryan), aussi se concentre-t-il sur la vie d’un camp de prisonniers et tous les petits business qui le structurent et le régissent.
Il a appris de Lean, les plans larges et l’importance de la figuration pour des plans impressionnants de réalisme. Dans pratiquement tous ses films, il y a quelques plans avec des mouvements de foule. D’abord générale, la foule se rétrécit pour se focaliser sur un ou plusieurs personnages forts de son histoire, que suivra le cinéaste pour nous faire partager sa vie. Ou à l’inverse, on suit un personnage puis le plan s’élargit pour prendre conscience de la foule qui l’entoure. Une manière efficace de souligner la commune mesure des personnages, et le chemin tout tracé pour s’identifier à lui.

Alors que le huitième anniversaire de cette funeste tragédie d’un certain 11 septembre 2001 résonne aujourd’hui de sa huitième année, retour sur un des rares films cinéma qui en parle de manière détournée, car pas véritablement axé sur son symbole absolu qu’est le World Trade Center.
Bref, avant que cet article ne soit l’objet de toutes les réactions fiévreuses, passons sur le côté légende de la tragédie pour se focaliser sur le film lui-même. Après tout ce blog est avant tout un espace de partage essentiellement dédié au cinéma, alors…
différents services de l’état, le film nous pose en spectateur d’une tragédie annoncée, mais réellement prenante…à un point tel que, malgré notre connaissance des faits et de l’issue fatale de ceux-ci, on espère presque que les passagers vont pouvoir s’en sortir face au dilettantisme des terroristes, en tentant une ultime révolte, violente, parfaitement filmée par un réalisateur décidément troublant dans tout ce qu’il filme. Les Jason Bourne sont là pour témoigner de l’efficacité de sa mise en scène (voir également 










Essentiellement connu pour les scénars du Facteur sonne toujours deux fois, Le verdict, Les incorruptibles, Nous ne sommes pas des anges, A couteaux tirés, Ronin, Braquages ou Hannibal pour les plus connus,
), le genre s’est finalement éteint pour cause de redondance scénaristique…Le gentil combattant à l’honneur sans tâche face aux méchants qui kidnappent ou tuent la famille du héros-qui-n’avait-rien-demandé-p’tain-on peut pas rester tranquille 5 minutes-merde-je m’excuse !!! Pfffff….
tournant une énième histoire d’un professeur de Jui-chid-su (désolé…à chaque fois je ne résiste pas
), un homme foncièrement bon (
Si l’on ne peut nier la sincérité de l’auteur quant à la démarche filmique (il est lui-même un adepte pratiquant du Jui Jitsu), on pourra en toute légitimité émettre quelques réserves sur le scénar et la réalisation. Bourré de clichés et de maladresses, le scénario, s’il tente de faire revivre le genre, n’est en rien novateur et se perd dans des hommages assumés par un cinéaste qui cultive, à l’instar de
bien dans les scènes dramatiques que dans les scènes d’action musclées.

Sur le sujet douloureux des enfants soldats d’une Afrique martyrisée par des années de guerres civiles et de luttes intestines, le film est une plongée sans concession, et plutôt violente au cœur d’un groupuscule de rebelles, dont le plus âgé ne doit pas avoir 15 ans. Du recrutement par la force et l’intimidation de ces enfants (8 à 10 ans) lors de raids dans des villages pauvres et isolés, à la formation militaire qui commence par l’exécution sommaire de leurs parents, le film passe au crible tous les méfaits commis par ces bandes de gosses. Motivés par l’appât du gain, drogués la plupart du temps à la cocaïne, il est presque choquant de voir ces gamins jouer aux adultes avant l’heure. Ce qui l’est assurément, c’est le sacrifice volontaire d’une enfance, d’une jeunesse, toutes deux sacrifiées pour les besoins de guerres civiles menées par des seigneurs de guerre qui ne valent finalement guère mieux que les dirigeants qu’ils combattent.
balles à blanc sur ces gosses pour les convaincre qu’ils sont invincibles, ou plus tard, à balles réelles sur celui qui aura le malheur de refuser d’aller au combat.
problème. La caméra est juste là pour témoigner de ce qui se passe, et les jeunes acteurs et actrices, sont pour la plupart appliqués, nous offrant des regards parfois profonds, brouillés de larmes et d’incompréhension. Impliqués aussi, car pour son premier film en tant que réalisateur,
passablement amoindrie par une post synchro déplorable. Si possible donc, à voir en VO.
Patrick Robert (Reporters sans frontières)
orthodoxe, cette tragédie qui perdure dans notre monde actuel, censé être civilisé. 


En 1981, le tandem Spielberg/Lucas accouche d’un projet de film qui pose les jalons d’un genre nouveau, qui sera par la suite maintes fois copié. La comédie d’aventure. Le héros, sombre archéologue, un brun bagarreur, séducteur et macho, va devenir l’icône de toute une génération de cinéphile. La recette de ce succès…le mélange des genres. Une touche d’humour, beaucoup d’aventure, de l’action, des poursuites, des bagarres, quelques effets spéciaux, de nombreux décors et pays, une lutte manichéenne contre l’armée nazie d’Hitler, et un mythe légendaire…l’arche d’alliance. Ce coffre précieux qui renfermerait selon la légende, les reliques des tables sacrées de la loi de Dieu, les dix commandements dictés à Moïse sur le Mont Sinaï.
gagne, les protagonistes principaux seront les mêmes. Lucas est toujours à l’écriture, Spielberg réalise, Ford joue, et les ingrédients qui avaient fait le succès de la recette sont donc ici repris en changeant toutefois quelques petites choses. De nouveaux personnages font leur apparition…une chanteuse de cabaret, un gamin orphelin, un méchant chinois qui jure la perte de l’archéologue, mais surtout une secte effroyable qui terrifie les habitants d’un village indien. Mais cette fois-ci, le public a plus de mal à digérer le mélange. En cause, de nombreuses scènes très violentes et une noirceur du récit qui contraste violemment avec le premier opus. Il faut dire que Lucas semble être un spécialiste des seconds volets plus sombres…sur l’épopée Star Wars, L’empire contre-attaque faisait montre du même symptôme d’écriture. Même si le film possède beaucoup d’humour, plus encore je pense que dans le premier volet, le public ne retiendra que les côtés négatifs et répugnants de certaines scènes…le fameux dîner avec le jeune maharadja (Serpent surprise, soupe d’yeux et cervelle de singe en sorbet), les couloirs souterrains jonchés d’insectes et de squelettes humains, ou encore la désormais très célèbre et morbide scène du cœur arraché durant un sacrifice humain à Khali la déesse de la mort. Même
Ce qui est fait est fait. Mais Spielberg et Lucas, tous deux emprunts d’un pragmatisme absolu, ont retenu la leçon. La fin des années 80 voit donc le retour aux sources d’un cinéma plus léger, aux antipodes du voyage cauchemardesque des provinces reculées de l’Inde.
la vie éternelle à son personnage en le faisant boire à la coupe sacrée, sous-entendant que le mythe appartenait désormais à l’histoire, le public n’a eu de cesse de réclamer une suite aux aventures du célèbre archéologue. Il y eut bien une tentative quelques années plus tard…Spielberg ayant recontacté Connery pour filmer une autre suite, mais ce dernier avait déjà pris sa décision de se retirer du monde du cinéma.
Quand l'attente est trop longue, on espère d'un film qu'il soit donc à la hauteur de l'attente, ce qui n'est pas vraiment le cas ici. Le film aurait dû être fait il y a une dizaine d'année, quand le duo Lucas/Spielberg pouvait encore créer de lui-même sans être influencé par les demandes toujours plus nombreuses de fans demandant une suite aux aventures de l'archéologue au chapeau.

Véritable film d’aventures, se passant en fait chronologiquement avant Les aventuriers de l’arche perdue, on y voit un archéologue non plus attaché aux choses du passé et à leur valeur inestimable, mais à la recherche d’une simple pierre, magique pour toute un village dont les enfants ont été capturés pour servir de main d’œuvre dans les mines d’un maharadja aussi jeune que manipulé par un obscur prêtre puissant. Ce n’est pas tant cette pierre qui occupe l’esprit de l’aventurier, bien que celle-ci semble contenir un diamant qui se met à briller lorsqu’il est proche d’une pierre similaire, mais bel et bien le fait de sauver des enfants d’un esclavage odieux et révolu, voulu par un prêtre soucieux de réhabiliter la grandeur d’une secte autrefois puissante.





Le cinéma allemand, tout comme le cinéma espagnol ces dernières années, commence à se faire doucement sa place dans une filmographie déjà bien chargée et très largement dominée par des productions US plus ou moins digne d’intérêt. Si le style reste froid, impersonnel, il faut pourtant savoir aller au-delà des apparences parfois trompeuses pour découvrir parfois de vraies œuvres d’auteur. Si la surprise fût réelle sur un film comme L’expérience d’
intransigeant et peu soucieux des réelles volontés de sa fille, Jenny aime le jazz fusion. Repérée par une vieille femme qui fait office de professeur de musique aux prisonnières et également matons de prison, la rencontre ne se fera pas sans étincelles. Pieuse et drastique, vouant une passion sans borne à la musique classique qu’elle joue depuis sa prime jeunesse elle aussi, le fait de se retrouver devant cette jeune effrontée sans éducation mais au talent plus qu’indéniable, la trouble au plus haut point.
Un film très particulier il faut bien l’avouer, loin du formatage américain tant scénaristique que filmique, avec son lot de sentimentalisme excessif parfois, ou les montages sous adrénaline pour donner du rythme au récit.
est énorme et primordiale. Véritable catalyseur des sentiments refoulés et révélatrice des personnalités des deux femmes, les morceaux sont terriblement bien mis en scènes, et donnent parfois le frisson. On a véritablement à faire à une véritable confrontation classique/jazz fusion, qui n’est pas sans rappeler, pour le morceau final (ces fameuses 4 minutes), les improvisations délirantes d’un


















Depuis quelques années, il faut dire que l’on est habitué au flux régulier de films d’horreur/fantastique/épouvante.
d’être né. Comment alors peut-on être hanté par une personne qui n’est jamais née (Unborn) ?
assez bien menées.





























Si je n’ai pas une joyeuse propension à parler des films français sur mon blog, c’est en grande partie en raison du fait que je trouve notre cinéma trop indigent et bien pauvre visuellement pour pouvoir y trouver quelque intérêt que ce soit. Je préfère, et de beaucoup, me replonger dans un passé glorieux, période après-guerre où des cinéastes comme
un parti inattendu d’acteurs ou actrices pas forcément taillés pour le cinéma. Ce fût le cas notamment avec
« L’argent ne fait pas le bonheur »…si l’adage est connu, et il est d’ailleurs proclamé par l’un des personnages, il est illustré ici avec une philosophie toute relative. Le film, et surtout son personnage principal, emprunts tous deux d’une franchise parfois excessive, mais totalement « catharsisique », soulignent le mal être de la vie moderne et l’aspiration à une vie plus vraie. Les chansons qui jalonnent le film, notamment celle de
meilleur parti d’un acteur que je trouvais pour ma part, inégal et pas franchement attachant. Je me dois d’avouer qu’avec ce rôle, Dupontel me réconcilie en partie avec le cynisme acide d’un humoriste pour le moins exubérant, et à l’humour très spécial. Et ça, ce n’était pas gagné d’avance. Becker a donc su trouver le juste milieu entre les capacités de l’humour fielleux et la puissance d’un récit déguisé en véritable drame, pour nous livrer un vrai film de cinéma, aux décors naturels de toute beauté et au message philosophique très fort. Une vraie réussite. 






















extrême des décisions…tout plaquer sur un coup tête, et laisser derrière lui ceux qui l’aiment. Chris a d’autres envies…celle d’une liberté totale, cette liberté si souvent décrite dans ses lectures de jeunesse qui furent aussi, pour certains d’entre nous, les nôtres (Jack London)…l’appel d’une nature oubliée au profit des grandes cités dortoirs où règnent, solitude, pauvreté et où se meurt l’amour, le vrai. Si on a tous eu, à un moment ou l’autre, cette envie de tout plaquer, pour recommencer une autre vie, ailleurs, autrement…rares sont ceux qui ont eu le courage et la volonté de se défaire de ce qui a toujours été notre vie. Par peur, par lâcheté, ou par un désir finalement pas aussi fort que prétendu.
Le jeune Chris, et à travers lui, le candide et charismatique
Gautama
A la fois sublime (le film regorge de plans magnifiques) et dramatique (les vérités familiales sont somme toute des situations connues de tous), ce film est une pure merveille du début à la fin, sans temps mort, remarquablement interprété par l’ensemble du casting, jusqu’à une fin d’une beauté saisissante malgré la noirceur et l’ironie de la situation.

Disons-le franchement, 
Le fait est que Gran Torino est un bon film, ça ne fait aucun doute…pas un chef-d’œuvre, mais très loin d’être une bouse. Cependant, il est dommage de voir qu’avec tous les bagages qu’Eastwood traîne derrière lui, il tombe souvent dans le cliché absolu, du racisme bête et méchant, qu’il tente de désamorcer par un humour, souvent de bon aloi, mais malheureusement parfois un peu too much. On s’attendrait presque à le voir déchirer sa chemise et se transformer en monstre vert, ou encore voir trois griffes sortir de chaque main,




A l’heure où la télévision par satellite offre une multitude de documentaires de toutes sortes sur le règne animal, le cinéma français a, depuis quelques années, l’ambition de démontrer qu’il est capable lui aussi de faire des œuvres ambitieuses, et d’aborder le genre avec un panache des plus flamboyants (Microcosmos, Genesis, La marche de l’empereur etc…)
musique, superbe, digne d’une superproduction qui rend le film parfois émouvant même. Tour à tour intimiste et tragique, ou résolument symphonique selon qu’elle illustre le peuple pacifique des termites, ou les légions guerrières des fourmis nomades. La musique transforme donc le film en tragédie épique et spectaculaire aux allures de conte légendaire, qui nous fait presque oublier le statut peu enviable de nuisibles répugnants que possèdent ces insectes.
L’efficacité du film repose donc essentiellement sur les prises de vues (certaines réelles en pleine nature, et d’autres recrées en studio en misant sur le comportement prévisible et naturel des insectes, un montage rigoureux, véritable défi au vu de la quantité considérable de prises de vues, une musique en adéquation avec les images, effets sonores et un son DTS cristallin, et le timbre chaleureux de la voix off, celle de














