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LA COULEUR POURPRE

de Steven SPIELBERG

sortie cinéma : 10 septembre 1986

Film américain - genre : drame / 2h35

Année de production : 1985

Le destin de deux soeurs Celie et Nettie dans l'amérique noire du début du 20 ème siècle. Séparées de force par un homme qui deviendra le mari de Celie, Nettie s'exilera en Afrique, jurant de lui écrire aussi souvent que possible, tandis que Celie devra se battre pour survivre dans un monde où les femmes n'ont pas vraiment la parole, si ce n'est peut-être Shug Avery, une chanteuse de cabaret dont "Monsieur" est éperdument amoureux. Les deux femmes vont apprendre à se connaître, à s'apprécier...et à changer. 30 ans d'une vie de labeur, d'humiliations et de drames divers. Sans compter que Nettie qui avait promis d'écrire, n'envoie aucune lettre.

Whoopi Goldberg. Collection Christophe L.Le devoir de mémoire. Si on en parle depuis des décennies dans les cours d’histoire de nos chères (dans le sens affectif et non pécuniaire) écoles, afin de ne pas oublier les conflits majeurs du siècle dernier (eh oui les années 1900 font déjà parties d’un autre âge, et ceux et celles qui y sont né(e)s avec), ce que l’on apprend à l’école se focalise essentiellement sur les conflits armés et évènements politiques qui ont jalonnés le 20 ème siècle. De la première guerre mondiale à la guerre du golfe en passant par la chute du mur de Berlin et la guerre des Balkans, les livres oublient néanmoins  des sujets plus tabous qui survivent malgré tout dans l’histoire par les combats qu’ont menés beaucoup d’hommes et femmes pour les droits civiques et les libertés individuelles, pour progresser et faire oublier des us ancestraux qui n’ont plus lieu d’être.

Afin de faire changer les mentalités et de montrer aux yeux du monde que chaque homme sur Terre est le frère ou cousin de son voisin le plus proche, certains militent ardemment dans les rues, créant de gigantesques rassemblements…et  tous les problèmes de confrontations entres pros et détracteurs du dit militantisme.

D’autres, plus posés, moins  enclins au prosélytisme politique et publicitaire à grande échelle, préfèrent raconter, écrire des histoires, afin de laisser le choix au lecteur de se faire sa propre opinion. Des contes pour adultes qui font réfléchir à la bêtise de l’être humain et qui mettent en avant l’absurdité de vouloir à tout prix se conforter à la tradition séculaire pour ne pas avoir à affronter quelque changement que ce soit.

L’inconnu, on le sait désormais, fait peur. L’instinct primaire est de combattre cette peur en se réfugiant dans ce que l’on connaît, ce qui nous rassure, même si ce n’est pas le meilleur des mondes. Pour les plus radicaux, on doit détruire ce qui nous fait peur, ce que l’on ne comprend pas. Pour d’autres, au contraire, il faut comprendre ce qui nous échappe afin de ne plus en avoir peur et aller ainsi de l’avant.

 

 

  

En 1984, une romancière noire américaine du nom d’Alice Malsenior Walker publie un essai qui fera date dans la littérature américaine. Intitulé La couleur pourpre (son premier titre étant Watch for me in the sunset / Guette-moi dans le crépuscule) le livre raconte, au travers de lettres écrites à Dieu, les mésaventures d’une jeune fille dans l’Amérique noire du début du 20 ème siècle. De son enfance en compagnie de sa sœur bien aimée, à son mariage forcé alors qu’elle n’a que douze ans (âge nubile marquant généralement la possibilité physique d’enfanter donc de vivre maritalement) le livre décrit la pauvreté, l’ignorance, la main mise du pouvoir masculin sur les femmes sur une période de plus de 30 ans. Période durant laquelle elle sera confrontée à la dure vie des femmes, de la séparation puis des retrouvailles avec sa sœur avec qui elle gardera des liens d’une solidité à toute épreuve.

Superbe livre qui obtint non seulement le Prix Pulitzer, mais également l’American Book Award (sorte d’Oscar littéraire), il est aussi polémique car il met en exergue le racisme des blancs, ainsi que le machisme du mâle noir, allant même jusqu’à détailler des scènes érotiques lesbiennes (l’auteur revendique avec naturel et sans vergogne sa bisexualité). Mais au travers des lettres que son héroïne commence toujours de la même manière (« Cher Bon Dieu…) le livre se transforme peu à peu en un journal dont l’intimité devient le point d’orgue d’une œuvre qui marque inévitablement le lecteur.

Collection Christophe L.Pour cela, Alice Walker s’inspire très largement des générations passées de sa famille. Plusieurs situations du livre ont donc des relents de vécu. De son propre aveu, l’écrivain à d’abord fait ce livre en hommage à ses ancêtres, et même si elle les présente d’une dureté absolue, ils n’en restent pas moins humains. C’est avant tout cette notion d’humanité qu’elle cherche à mettre en avant, tout en abordant beaucoup de thèmes annexes. La religion et le sexe. Les deux n’allant pas forcément ensemble, il ne pouvait en résulter que des réactions négatives. Cependant, le livre est tellement bien écrit, avec une justesse et une humanité débordante, que le message passe au-delà de toutes les espérances. Elle ne s’attendait nullement à recevoir l’American Book Award, et encore moins le prix Pulitzer, qu’elle pensait réservé aux journalistes.

L’importance de la religion est donc prépondérante dans cette œuvre, et cela, même si Celie s’en détourne finalement. Elle n’est pas la seule…la chanteuse Shug Avery, dont le père est pasteur, est reniée par ce dernier parce qu’elle décide de se consacrer à une carrière de chanteuse de jazz, avec toute la décadence qu’elle peut entraîner, au détriment de la chorale où il voulait qu’elle officie.

A cette époque, la religion était considérée comme un rocher auquel on pouvait s’accrocher, face à une vie faite de misère et de larmes. Mais devant un dieu qui reste résolument sourd à ses prières, Celie va peu à peu s’émanciper de tout ce qu’on lui a appris, et découvrir un monde non pas fait d’espoir d’une vie éternelle et d’un monde doucereux où règne l’amour d’un dieu qu’elle n’a jamais vu, mais d’une vie terrestre qu’il lui faut dompter si elle veut continuer à vivre. C’est aussi un livre sur la désillusion de la religion. Certains en effet, se réfugient dans la religion au détriment de ceux qui les entourent. Se contentant de faire ce qu’on leur a appris, de se conforter aux traditions séculaires et de bannir toute évolution personnelle sous peine de se voir châtier par la loi des hommes, puis plus tard celle de Dieu.

Celie, dans son odyssée à dimension humaine, va réaliser que, peu importe ce que l’on croit, ce qui est le plus important, ce sont eux qui nous entourent.

A ce titre, si l’auteur a changé son intitulé, c’est pour une simple et bonne raison…Lors deDanny Glover et Whoopi Goldberg. Collection Christophe L. l’écriture de ce livre, elle avait souvent coutume de se promener dans la nature. Et ce qu’il y voyait était un océan de pourpre. Cette couleur à l’époque, était partout autour d’elle….des fleurs champêtres qui coloraient des champs à perte de vue, aux vêtements que les gens pouvaient porter. Il y en avait tellement, que les gens du coin ne le voyait pas, ne le voyait plus.

La couleur pourpre est donc une parabole de l’humain. Noyés dans la masse, nous même et ceux qui nous entourent devenons insignifiants, banals, à un point tel que nous devenons invisibles. Que l’on s’intéresse à une personne, et la vie de celle-ci se mettra à changer. A leur tour, si ces personnes s’intéressent aux autres, c’est alors tout un microcosme qui va se mettre à vivre, à évoluer. On se rend compte de l’autre comme un autre soi-même, un reflet cependant différent qui fait que si on l’ignore, on s’ignore finalement soi-même.

Une phrase à la fin du livre et du film englobe toute la complexité de la relation qu’entretient Celie avec sa conception du divin. Car même s’il elle s’éloigne d’un dieu absent et sourd à ses prières, pour mener sa propre existence, au plus profond d’elle-même, elle pardonnera également un divin qui ne l’a pas vraiment gâtée dans sa vie en restant attaché à un dieu dont elle s’est volontairement éloignée.

« Je suis pauvre. Noire. Et peut-être même moche…Mais cher Bon Dieu…je vis ! Je vis ! »

C’est peut-être blasphématoire, incongru et choquant pour certains, mais au final terriblement beau et humain.

A la fois dur, injuste, mais emprunt d’un espoir quasi constant et teinté d’un humour tout innocent et en délicatesse, le livre ne pouvait qu’intéresser un cinéaste tel que Spielberg. En effet, il y a là tous les ingrédients d’un grand film…l’injustice, la dureté de vie, le sexisme, et surtout le courage de vivre, il n’en fallait pas plus pour le cinéaste qui cherchait alors à se démarquer de son style divertissement familial. 

 

Kathleen Kennedy, Steven Spielberg, Alice Walker, Quincy Jones

 

C’est la productrice Kathleen Kennedy, une fidèle du cinéaste avec qui il avait déjà travaillé sur E.T. qui incite le réalisateur à lire ce livre de femmes. Lui-même issu d’une famille nombreuse avec plusieurs sœurs autour de lui, il est de suite fasciné par cette histoire, et par ce que les deux sœurs devront endurer durant leur vie, de leur séparation à leurs retrouvailles.

Dans son désir de sortir des sentiers battus, Spielberg, déjà en avance sur les cinéastes d’alors qui comptent à Hollywood, entame avec La couleur Pourpre un voyage différent, en vue d’une autre reconnaissance que celle qu’il possède déjà.

Comme un faiseur de tubes radiophoniques, le cinéaste est un money maker…tout ce qu’il touche se transforme en succès, et son nom devient synonyme d’argent. Il produit beaucoup (Joe Dante pour les Gremlins ou L’aventure intérieure, Tobe Hooper pour Poltergeist, Richard Donner pour les Goonies, Robert Zemeckis pour Retour vers le futur, ……..

D’aucuns pensent de lui qu’il est avant tout un businessman avant d’être un vrai cinéaste, et si ses films ont la faveur du public, les professionnels du cinéma ne le récompenseront que très rarement…S’il cumule à outrance les nominations (une 50aine sur l’ensemble de sa carrière), il n’obtiendra dans sa carrière que 3 Oscars, 5 Golden globes et 2 Bafta (tous pour Schindler et Soldat Ryan). Pourtant, il fait preuve dans ses films d’une réelle prouesse technique, et d’un talent indéniable dans la direction d’acteurs.

Spielberg lui, sans en prendre ombrage pour autant, désire montrer qu’il est aussi capable d’autre chose. A l’instar de David Lean qu’il vénère en tant que cinéaste, avec La couleur pourpre, il entame un tournant dans une carrière où il n’a plus rien à prouver au public, peut-être à lui-même et à ses pairs, ce qui ne lui fait pas peur. 

Whoopi Goldberg. Collection Christophe L.Un peu comme le faisait John Steinbeck dans ses livres, avec La couleur pourpre, il va donc mettre en image toute une vie à dimension humaine, avec tout ce que cela comporte de bon et de mauvais. De beau et de sordide. De joie et de tristesse…Pour lui, la faiblesse est humaine, mais surtout une force quand on arrive à la canaliser. Et Celie, la touchante et formidable héroïne de ce livre possède en elle ces deux entités…la faiblesse et la force. De l’esprit et du corps. Car tous deux évolueront dans une lumière qu’elle croie divine mais qui finalement irradie d’elle-même.

A ce titre, la lumière est toujours prépondérante dans les films de Spielberg, et ce, même quand il nous montre le sordide. La photographie (Allen Daviau) est ici un atout considérable pour ce film qui restituera à merveille le chaud soleil du sud, ou les plaines d’Afrique, la poussière des maisons ou la sueur sur les visages et les corps de personnages tour à tour ignobles ou attachants.

Pour autant, si le film est un vrai bonheur visuel, il n’est pas forcément non plus une critique virulente contre une société en perdition, mais plus un constat des dommages collatéraux qu’elle provoque. Il ne tient pas non plus à se poser en donneur de leçons. Il se contentera de mettre en scène le drame d’une vie, et de tous les personnages qui gravitent autour d’elle.

Comme un devoir de mémoire, ici plus un hommage du cœur…juste une belle histoire que beaucoup ont détourné en polémique inutile et surtout stérile.

Car La couleur pourpre est avant tout une formidable leçon de vie, en lieu et place d’un mélo larmoyant que beaucoup considèrent d’une hypocrisie sans borne doublé d’un mercantilisme obsessif. Qu’un blanc, juif de surcroît fasse un film avec une quasi majorité de noirs, était, à l’époque, tout simplement difficilement compréhensible. Ca ne pouvait donc être que pour l’argent, et pour faire parler de lui en provoquant une Amérique encore bien puritaine à l’époque.

 

Alice Walker, Steven Spielberg & Quincy Jones

C’est ici tout le contraire. Il sait que le sujet va rebuter de prime abord, et que ce qu’il montre durant les 2h30 de son film sera inévitablement comparé avec son travail passé, ce dernier étant essentiellement basé sur le divertissement commercial à base de gros effets spéciaux. Ce film tranche radicalement avec le style qui avait fait de lui le roi d’Hollywood. C’est avant tout un respect profond de l’œuvre originale et surtout un attachement sincère à ce que cette œuvre peut apporter de bon à l’être humain. Tant sur le plan de la réflexion que de l’émotion.

Jamais auparavant, dans les œuvres de Spielberg, l’émotion n’avait été, et ne sera par la suite, si profonde, si viscérale (pas même dans Amistad, pourtant plus sombre, plus réaliste). En remontant dans le temps en se focalisant sur la population noire du début du 20ème siècle, il remonte également tous les mécanismes de l’humain. Ses travers, ses défauts, mais aussi ce qu’il possède de plus précieux, l’amour et le courage de vivre sa vie, aussi dure et cruelle soit-elle. Si ces valeurs sont aujourd’hui enfouies sous des tonnes d’individualisme forcené et d’égoïsme exacerbé, elles prennent ici tous leurs sens dans une histoire à la fois simple et tragique. Ce n’est pas tant une histoire du passé, car cette histoire pourrait être encore aujourd’hui des plus explicites. La signification cachée du titre prend donc ici tout son sens.

Si Celie n’est pas née au bon endroit au bon moment, elle n’en est finalement que plus attachante. Elle représente l’innocence bafouée par les hommes et leur basse moralité. D’abord violée par son propre père, séparée de son enfant qui sera adopté, puis « refourguée » à celui qui deviendra non pas son mari mais « Monsieur », séparée avec violence de sa sœur qui est tout pour elle et supportant des enfants qui ne sont pas les siens et qui la traitent comme la pire des bonniches, Celie va apprendre à vivre sa vie au travers de celle des autres, de la chanteuse de cabaret (Margaret Avery) à la femme obèse de son beau-fils (Oprah Winfrey), elle sera le lien qui unit tous les personnages de cette histoire. Elle sera la lueur d’espoir pour bon nombre des personnages de cette saga paradoxalement sombre dans son propos, mais d’une luminosité à la fois visuelle, mais surtout humaine. 

 

 

Mais en se basant sur le combat d’une femme, noire de surcroît dans l’Amérique si peu lointaine qui rend banal la discrimination, Spielberg va heurter, surprendre son public habituel…mais en récupérer un autre, plus adulte. Il n’abandonne pas pour autant ses œuvres de divertissement pur, mais désormais, sa carrière sera jalonnée d’œuvres … différentes. Plus sérieuses, plus abouties…Empire du Soleil, Amistad, La liste de Schindler, Soldat Ryan ou encore Munich…témoigneront tous de son implication dans l’histoire de l’humanité en replongeant dans des drames aujourd’hui connus de tous.

Pour sa première incursion sur ce domaine, il choisit donc le roman d’Alice Walker, qui le bouleverse tellement, qu’il ne veut pas attendre pour le transcrire à l’écran.

Pas de grosse production, pas de story-board, pas d’effets spéciaux, et 2h30 d’une vie emplie de drames de toutes sortes et d’émotions diverses…Même John Williams n’est pas de la partie.  C’est dire si le changement est total…Juste une belle histoire et son savoir faire de cinéaste, même s’il sait pertinemment qu’il prend un gros risque avec ce tournage qu’il considère lui-même comme la mise en scène d’une troupe de théâtre.

En effet, le public ne suit pas, du moins pas autant qu’avant, et le film est un échec public, au regard de ses œuvres passées.

Si ses précédents films cumulaient allègrement les 5 ou 6 millions de spectateurs en France (jusqu’à 9,5 M d’entrées pour E.T qui reste à ce jour son plus gros succès en termes d’entrées), La couleur pourpre atteint « péniblement » le 1,8 million d’entrées. Ce qui est somme toute très honorable, bien que très différent de ce que ses précédents films avaient rapportés. D’un budget d’environ 15 millions $, le film en rapporte un peu moins de 100 millions en fin d’exploitation cinéma. Ce qui n’est pas un échec véritable donc puisque tout le monde rentre dans ses frais et que le film fait un beau bénéfice. Cependant, avec le temps, le film trouvera son public pour devenir l’un de ses films les plus beaux avec Empire du soleil, pourtant son seul et véritable échec public (38 millions de budget…22 millions de recettes US)

 

Whoopi Goldberg

Magnifiquement interprétée par une débutante, alors inconnue, qui nous arrache des larmes et nous fait frissonner de compassion, Whoopi Goldberg donne vie à un personnage hors du commun. Cette dernière, officiait en tant que comique stand-up sur les scènes de Broadway (Eddie Murphy et Richard Pryor ont fait de même avant de connaître les succès cinématographiques qu’on leur connaît désormais). Comme beaucoup de monde à l’époque, elle lit elle aussi le livre de Walker, et touchée par l’histoire, décide d’écrire une lettre à l’auteur. Une lettre qui touche vraiment Walker qui décide de venir la voir en spectacle. Quand le casting est en cours de création, l’auteur  convainc Spielberg de faire passer une audition à cette jeune femme pleine d’humour mais dont elle sent une force émotionnelle fabuleuse. Le casting de Goldberg se fait en dehors de toute procédure habituelle. Convaincue que le rôle de Sofia (qui sera tenu plus tard par Oprah Winfrey) est fait pour elle, elle décide d’imposer son style comique stand-up en faisant son numéro devant une quarantaine de personnes à la fois hilares et émues.  Spielberg tombe sous le charme et lui octroie le rôle principal. Goldberg tente même de dissuader le cinéaste, prétendant que ce n’est pas trop son style, et que si ça ne marche pas ce sera une véritable catastrophe. Le cinéaste, confiant, lui assure du contraire. Le temps prouvera qu’il avait raison.

D’une force éblouissante, qui marque au fer rouge le spectateur, Celie va évoluer dans un univers sordide que Spielberg réussit tout de même à styliser de la plus belle des manières…

Les décors en premier lieu…tournant en milieu naturels, la plupart du temps, le cinéaste nous gratifie de plans sublimes et colorés…fleurs champêtres et couchers de soleils, plans larges d’une nature aussi cruelle que belle, à l’instar finalement de l’humanité qui foule son sol, ce dernier parfois dur et rocailleux ou généreux selon que l’humain s’en occupe ou pas.

Tout est calculé au millimètre…Spielberg désirant un champ de fleurs qui n’existe pas, va faire planter des milliers de graines de fleurs pourpres, même si, pour cela, il faudra attendre qu’elles poussent.

Malheureusement, le pourpre annoncé, tient plus du rose, ce qui ne convient pas au réalisateur. C’est la couleur pourpre qu’il tourne, non la couleur rose. Déjà qu’il avait abandonné l’idée d’un tournage Noir & Blanc pour mettre en avant la couleur, jusque dans son titre, ce n’était pas pour laisser passer un détail tel que celui-ci.

En 1985, les effets numériques n’existant pas encore, l’équipe technique se voit contrainte de devoir teinter les fleurs du premier plan avec une teinture naturelle spéciale et bio dégradable.

Pour les scènes d’hiver, pourtant tournées en plein été à 35°, le stratagème est de recouvrir une partie des champs, tondus pour l’occasion (on est en hiver) avec du sel, et de la mousse, biodégradable elle aussi, pour obtenir l’effet désiré.

Mais les décors et la photographie superbe, ne sont pas les seuls avantages du film…Il y a aussi la musique…

  

Steven Spielberg & Allen Daviau

En fan de comédie musicale qu’il est (l’ouverture d’Indiana Jones et le temple maudit en est certainement l’exemple le plus probant), la musique est ici plus prépondérante que dans ses autres films. La jovialité d’un peuple passionné est souvent sujette à des scènes dignes des plus grandes comédies musicales, mais dans un registre ici plus dramatique bien que profond. Que ce soit les sessions de la chanteuse Shug Avery dans le cabaret perméable d’Harpo ou le formidable duel entre le chœur d’église, lyrique et religieux , et la marche soul/jazz de la fille du pasteur, les confrontations de style ne révèle finalement qu’une chose…la passion et l’amour de la vie, de l’autre…que ce soit Celie dans le cabaret, où le père dont l’amour manque cruellement à la chanteuse. La musique est donc un vecteur d’émotion formidable qui réunira, rapprochera, ou rendra complice la plupart des personnages.

Si John Williams n’est pas de la partie, c’est parce que Spielberg tient à tourner un film qui rend pleinement hommage au peuple dont il choisit de raconter l’histoire.

Aussi talentueux soit-il, Williams ne peut, en toute légitimité, donner ce que Spielberg recherche. Une musique populaire, qui a ses codes, un son particulier, une âme.

De toute manière, il n’a pas vraiment le choix…alors que les droits sont en cours d’obtention, c’est  Quincy Jones qui en est déjà le producteur musical.

Ce dernier, essentiellement connu pour être le producteur qui a lancé la carrière solo de Michaël Jackson avec son album Off the wall et bien sûr le mondialement célèbre Thriller, Jones est avant tout un musicien qui côtoie, produit ou joue avec les plus grands…De Ray Charles à  Count Basie en passant par Dizzy Gillespie et Lionel Hampton pour lesquels il fût trompettiste.

Le gaillard connaît donc la musique, et beaucoup d’artistes de la veine de Barbra Streisand et Franck Sinatra  le côtoieront durant sa carrière.

Ciblé Jazz, sa musique se prête à merveille pour le cinéma (suivant les traces de Miles Davis probablement), et il écrira moult bandes originales (films mais aussi série) à l’instar de Lalo Schiffrin qu’il connaît très bien, pour des réalisateurs tout aussi prestigieux que les musiciens qu’il a jadis côtoyés. Sidney Pollack, Sidney Lumet, Sam Peckinpah, Norman Jewison, Steven Spielberg bien sûr, ou plus récemment, après 20 ans d’absence, Quentin Tarantino ou Jim Sheridan.

C’est dire s’il est à même de fournir le matériel adéquat à la saga resplendissante de Spielberg. Même si on s’éloigne du jazz qu’il affectionne tant, il maîtrise la Soul et le Blues en écrivant une partition qui valorise encore plus une œuvre déjà précieuse par son sujet, et la justesse de jeu des acteurs.

C’est également Jones qui insiste pendant la pré-production, pour que Spielberg continue son travail sur ce film. En effet, le réalisateur a conscience de tourner sur un sujet qu’il ne maîtrise pas et dont il ne connaît pas l’âme profonde. La tâche est ardue, s’il adore le bouquin, et qu’il désir vraiment le porter à l’écran, cette incursion profonde dans le monde des noirs américains n’est pas inscrit dans un style narratif  où il est des plus à l’aise. De plus, il ne veut en aucun cas choquer la population noire en montrant leurs ancêtres comme étant des rustres durs et méchants. Il n’est pas noir et le voilà à réaliser une saga sur un peuple dont il ne connaît rien finalement. Avec des mots simples, le musicien réussit à convaincre le cinéaste… « Steven…es-tu allé faire des recherches sur Mars ? Es-tu devenu martien pour réaliser E.T. ou Rencontres du troisième type ? Sincèrement… »

  

 

Quincy Jones, Michaël Jackson & Steven Spielberg

 

Après tout, il ne s’agit que de cinéma, de raconter une histoire, de mettre en image un scénario, des costumes…et pour tout ce qui est de la technique d’un film, Spielberg n’a plus rien à prouver.

Pour la chanson phare du film (Sister), Quincy Jones fait même appel à Lionel Ritchie (alors en pleine gloire 80’s) pour écrire les paroles. La chanson est même présentée personnellement à l’auteur Alice Walker, qui la trouve admirable, tant la chanson réussit à retransmettre cette forte amitié, pour ne pas dire plus, auparavant bien improbable, entre Celie et Shug. De plus, la chanson reprend à merveille le style musical des années 30, aux rythmes si spéciaux et au son de piano de cabaret parfois dissonant, car mal accordé.

Mais le professionnalisme du musicien fait merveille sur tout le film, même sur les scènes aux nombreuses transitions Amérique/Afrique…alors que Celie, après avoir trouvé les lettres,  cachées par Monsieur, lit celles-ci, les séquences s’enchaînent tant visuellement que musicalement…d’un chant blues de travailleurs ferroviaires aux chants tribaux d’Afrique, des gouttes d’eau qui tombent dans des casseroles aux sons de xylophones en bois traditionnels, ces séquences sont un pur enchantement de couleurs et de sons.

 

Celie & Shug (Whoopi Goldberg & Margaret Avery)

Initialement prévue pour le rôle de la chanteuse Shug Avery, Tina Turner qui avait fait ses premiers pas au cinéma dans Mad Max III, refuse finalement un rôle pourtant fort et sensible. Son argument est simple et indiscutable, on ne peut plus compréhensible… « J’ai déjà vécu la vie de Célie avec Ike…je ne veux pas la revivre. » Inutile d’insister.

En engageant Margaret Avery, véritable chanteuse elle aussi, mais forcément moins célèbre que Turner, il crédibilise un peu plus un casting composé pour la plupart d’inconnus. Inconnue … ? Pas tant que ça, si le cinéaste l’embauche, c’est en occultant complètement qu’il l’avait déjà fait tourner dans un téléfilm en 1972…Something evil. C’est la chanteuse qui lui rappelle à son bon souvenir.

Destin ? On pourrait le croire finalement…il n’y a qu’à comparer les patronymes du personnage et son interprète…Shug Avery / Margaret Avery

Et que penser de l’histoire d’Oprah Winfrey ? Ayant lu le livre, elle tombe sous le charme du personnage de Sofia. C’est exactement elle, son caractère. Fière, indépendante, obstinée et fonceuse. Quand elle a connaissance que le livre va être adapté à l’écran, elle n’a alors de cesse de faire des pieds et des mains pour faire partie du casting. Son nom inscrit sur ce dernier, s’en suivent de longues semaines sans aucune nouvelle de qui que ce soit. Quand elle reçoit un appel des bureaux de Spielberg alors qu’elle commence tout juste une cure d’amaigrissement, elle demande pour quel film, espérant de tout cœur que ce soit pour La couleur pourpre…lorsqu’on lui annonce que c’est pour Moonsong, elle est certes un peu déçue, mais se rend sur le tournage. En effet, Spielberg avait pour habitude à l’époque de rester secret sur ses tournages, et donnaient donc à ces derniers, des noms de code. Quand elle prend connaissance des noms des personnages, elle éclate littéralement de joie. Elle sera finalement Sofia, la femme d’Harpo…qui, à bien y regarder est son prénom inversé et masculin. OPRAH --- HARPO…ces deux-là étaient donc faits pour  se retrouver à l’écran. Leurs caractères similaires, dirigés par un amour vache mais sincère,  est de ce fait un plus indéniable à une histoire déjà bien chargée en personnages attachants.

Même Danny Glover, qui a fait son chemin par la suite, n’avait à l’époque commencé son aventure cinématographique (d’abord acteur TV) qu’à peine un an plus tôt avec Witness de Peter Weir et Silverado de Lawrence Kasdan. Il faut souligner d’ailleurs que Glover est le seul acteur du film, à ne pas avoir du passer une audition pour le rôle. C’est Spielberg lui-même qui impose le choix de cet acteur qu’il avait remarqué dans un téléfilm, et avec qui il désirait tourner plus que tout.

Suivront également Rae Down Chong qui tourna quelques années plus tôt pour notre frenchy Jean-Jacques Annaud avec La guerre du feu, ainsi que Larry Fishburne (guitare en bandoulière), aujourd’hui connu de tous les fans de SF comme étant le Morpheus de la trilogie Matrix.

 

Steven Spielberg & son fils Max sur le tournage

Le destin semble vraiment habiter l’œuvre et son adaptation…alors qu’il s’apprête à tourner la scène de l’accouchement qui ouvre le film, sa femme de l’époque, alors enceinte (Amy Irving) l’appelle au téléphone pour lui annoncer que l’accouchement ne saurait tarder.

C’est donc le producteur associé de Spielberg, Frank Marshall qui tourne donc la scène en suivant scrupuleusement les directives du réalisateur, après que ce dernier ait préparé toute la scène.

Peu de temps après la naissance de Max, son premier fils, le bébé, un peu malade, ne cesse de pleurer toute la nuit alors que Spielberg travaille sur les rushes de la scène de l’accouchement. Ne sachant quoi faire pour le soulager, lui vient alors l’idée d’enregistrer les pleurs du bébé sur un magnétophone qu’il garde toujours près de lui pour son travail.

Retravaillés en studio, les pleurs du bébé se retrouveront finalement à l’écran, concrétisant la naissance d’un bébé factice recouvert d’un peu de neige carbonique pour simuler la chaleur corporelle du bambin confrontée au froid hivernal. La scène, rappelons-le est tournée en plein été par 35°. Et c’est là, à bien y regarder que réside le seul défaut du film…alors que la température est censée être en dessous de zéro, on ne voit à aucun moment à l’écran l’exhalation des acteurs. Un détail qui au final passe facilement inaperçu, et qui n’entache pas vraiment l’ensemble.

Tournage expérimental par excellence, Spielberg délaisse la grosse machinerie hollywoodienne…pas de story-board, un casting technique essentiellement composé de noirs, à la demande expresse d’Alice Walker pour l’autorisation d’adaptation. Cette dernière d’abord scénariste, écrit un scénario qui reprend son histoire et dans lequel elle va même bien au-delà. Mais, pour des raisons personnelles, et alors que Spielberg tombe sous le charme du scénario, elle décide de renoncer à ce poste et reste alors consultante sur le plateau, aidant le scénariste hollandais Menno Meyjes à mener sa tâche à bien.

 

Le scénariste Menno Meyjes & Steven Spielberg

 

Le réalisateur, devant l’angoisse palpable des jeunes comédiens qui ont conscience de jouer désormais dans la cour des grands, délaisse au final toute répétition et décide de fonctionner à l’instinct.

Psychologue dans l’âme, et afin de ne pas soumettre les acteurs au traumatisme de la séparation des deux sœurs, il souhaite tourner si possible cette scène en une seule prise…il isole chacun des acteurs avant de tourner la scène, s’entretient patiemment avec eux, puis lance finalement la séquence où l’improvisation a souvent son mot à dire.

En résulte des plans d’une intensité incroyable…la séparation des deux sœurs par « Monsieur » en est le parfait exemple. Il exige de Glover de tout faire pour séparer les filles, et des deux sœurs, de tout faire pour ne pas se laisser séparer l’une de l’autre. Il met en place ses caméras, prépare minutieusement la scène et laisse faire ses comédiens qui nous livrent alors une prestation déchirante, et d’un réalisme incroyable. La scène est d’une telle violence psychologique qu’il va consoler lui-même le trio après la séquence…les deux sœurs sont en pleurs, et Glover a bien du mal à se remettre de cette scène, qu’il redoutait avant même de la tourner. Mais cela fonctionne…Le malaise est palpable, l’implication omniprésente, et l’efficacité optimale…et je défie quiconque de ne pas avoir de frissons ou de larmes durant cette scène.

A noter également de très nombreux plans sur la boîte aux lettres. En effet, et sur une période de plus de 30 ans, cette boîte restera la même, et sera le témoin immobile du temps qui passe. Tout comme Celie, dont elle peut être considérée comme son double finalement, elle restera aussi vide que le cœur de Celie, se dégradant au fil du temps, vieillissant, prenant des coups, cabossée, attendant vainement des nouvelles de sa sœur qui lui avait promis que seule la mort pourrait l’empêcher de lui écrire. Personnage à part entière du film, voici une belle idée scénaristique qui méritait d’être ici mise en avant.

 

Pour ceux qui ont eu le courage de lire une fois de plus un de mes pavés, vous aurez compris, je pense, que La couleur pourpre est pour moi un film primordial, essentiel, et qui reste très certainement mon préféré, non seulement dans la filmographie de Steven Spielberg, mais également en général.

Je me rappelle encore très nettement le jour où je suis allé le voir en salle, à sa sortie, dans un cinéma de Paris du côté de l’Opéra Bastille. Nous n’étions que six dans la salle, alors que le film était sorti le jour même. Déjà fan de Spielberg à l’époque, je m’étais précipité en salle pour voir ce qu’il avait bien pu nous concocter. J’en suis ressorti, totalement retourné. Quelle claque…moi qui était resté sur un univers d’émerveillement et de magie, voilà qu’il me plongeait dans une fresque historique, une saga émotionnelle sans précédent pour moi. Un enchantement de tous les instants, des images sublimes à la photographie lumineuse, des acteurs impliqués et sincères, une musique populaire qui colle aux images comme rares ont su le faire, une histoire déchirante d’une beauté quasi mystique…Je n’avais rien trouvé à l’époque, et encore moins aujourd’hui après l’avoir revu maintes fois en DVD, qui puisse ternir une œuvre remarquable sur tous les plans.

Habile mélange d’humour et de drame, le film est un de ceux qui prend aux tripes, et qui vous marque au fer rouge, tant la puissance vous submerge.

A travers la musique qui délivre son message de langage universel, le film nous fait donc oublier toute xénophobie primaire envers nos voisins, et rend hommage de la plus belle des manières à l’être humain en général. Sombre mais teinté d’espoir, le film arrive presque à nous faire rêver d’un monde meilleur.

Assurément une belle leçon de cinéma, mais aussi une grande leçon d’humanité que je ne suis pas près d’oublier de sitôt. 19/20

Whoopi Goldberg & Steven Spielberg

  

Retrouvailles

 

 
La Couleur pourpre - ma note pour ce film :
Réalisé par Steven Spielberg
Avec Danny Glover, Whoopi Goldberg, Rae Dawn Chong, ...
Année de production : 1985
DINOSAURE

(Dinosaur)

Réalisé par Eric Leighton, Ralph Zondag
Avec D.B. Sweeney, Alfre Woodard, Ossie Davis,

Date de sortie Cinéma : 29/11/2000

Date de sortie Blu-ray : 04/04/2007

La Terre, il y a soixante-cinq millions d'années. Une colonie de lémuriens menant une existence paisible sur une île paradisiaque découvre par hasard un oeuf de dinosaure. Lorsque la coquille se fissure, c'est un petit iguanodon qui en sort... Les lémuriens le recueillent et le baptisent Aladar. Celui-ci grandit parmi eux, jusqu'au jour où une météorite détruit l'île et contraint tout le monde à l'éxil. Ils trouvent refuge auprès d'un groupe de dinosaures voyageant à la recherche de la terre des Nids. Très vite, Aladar se heurte à Kron, l'impitoyable chef, frère de Nira dont il va tomber amoureux...

Avis film :

Comme toujours chez Disney, le manichéisme et la mise en avant des valeurs essentielles de la vie en communauté sont ici très présents. Cependant, à l’inverse des autres animations traditionnelles du géant américain, la production a eu le bon goût de ne pas transformer l’essai en animation classique entrecoupée de scènes musicales chantées.

La partition symphonique, magnifique, de James Newton Howard donne donc un côté à la fois épique, et quelque part tragique à l’ensemble, aussi beau qu’éprouvant. En effet, le propos y est sombre et violent, puisqu’on y parle d’un évènement destructeur, de survie du plus fort, de mort et d’exil.

Si les ficelles de la morale disneyenne sont donc toujours aussi grosses, on se focalisera donc essentiellement sur le rendu numérique des dinosaures, que Jurassic Park avait brillamment remis au goût du jour à l’époque.

Pour qui ne sera pas trop regardant sur le scénar convenu et prévisible, ce Disney reste somme toute assez bien réussi et plaisant, nous offrant de vrais décors somptueux, et une animation fluide et de qualité. 16/20

Le Blu-ray :

Le film :

Ce titre est sorti en avril 2007, soit près d’un mois après les premiers lecteurs de salon, surtout Sony (l’instigateur du format Blu-ray avec Playstation 3, alors en « guerre » avec le HD-DVD de Microsoft).

Faisant donc partie des tous premiers titres disponibles sur le support, il ne faut pas s’attendre à un modèle du genre, tant sur la technique du film, que sur la quantité des bonus. Le film accuse les quelques années qui le sépare des productions plus soignées et mieux restaurées pour le support, mais, ceci dit, l’ensemble reste très honnête et lumineux.

Car si la flore est parfois un peu floutée, la définition des images de synthèse est ici valorisée par le transfert HD, et la peau des dinosaures fourmille alors de détails et de couleurs qu’on ne faisait qu’effleurer sur le DVD, ces derniers étant lissés par la compression obligatoire du support restreint.

On pourra admirer également la texture des fourrures des lémuriens. On ne redécouvre pas vraiment le film par rapport au bon DVD, mais en gagne indéniablement en clarté et en gestion d’une colorimétrie plutôt chargée, mais très correctement gérée. On notera toutefois certaines scènes qui montre bien ici les limites du rendu numérique, en laissant entrevoir par de nombreuses fois, des plans floutés et sans aucune profondeur de champ, pour qui fait bien attention. La poussière est également assez mal gérée, et l’on voit souvent l’incrustation des effets (regardez les pattes des dinosaures et les petits nuages de poussières).

On a vu mieux depuis, c’est sûr, mais l’ensemble est très correct…les scènes en basse lumière ne génèrent aucun grain, et la clarté des images rend hommage au travail effectué sur les rendus numériques.

 Rien que la séquence du météore est à elle seule un vrai moment de home cinéma, alliant pureté des images et son fracassant (le DTS faisant ici un beau boulot).

Pour l’image, un léger fourmillement se laisse entrevoir par moments, notamment sur les rares plans de ciels, ou sur des séquences où il y a beaucoup de poussière (à 25 mn, lorsqu’Aladar est poursuivi par une meute de petits dinosaures, juste avant de rencontrer Kron et la horde en exil).

S’il y a beaucoup de décors réels, la définition manque cruellement de piqué et de profondeur de champ. Avec un peu plus de définition, le film aurait presque été un must HD. Mais sans pour autant être mauvais (il y a bien pire en Blu-ray) cette galette reste très digeste, sans pour autant atteindre des sommets techniques, et permet aux petits comme aux grands de passer un bon moment devant de bien belles images.

    

Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr

Les bonus :

Comme dit précédemment, ils ne sont pas nombreux.

A la place du désormais traditionnel making-of, vous n’aurez droit qu’à une courte featurette de 4’10 mn…

- « Le nuage – effet très spécial » (VOST) revient sur la fameuse et meilleure scène du film, à savoir, la chute du météore. Cumulant divers techniques de tournage, images réelles de mini-explosions, destructions de maquettes tournées à grande vitesse, puis ralenties, images inversées, incrustation des effets numériques. Le petit doc survole vraiment très rapidement le travail des infographistes et des techniciens de tournage. Dommage, trop succinct pour passionner, mais c’est déjà ça.

- « Blu-scape – Origines » 6 mn

A l’instar de Sacred Planet, toujours chez Disney, ou encore de Planète Terre doc BBC, ce court film se contentera de survoler les régions les plus sauvages et préservés de la planète. Pas de discours, juste des images en musique. Un léger grain, visible la plupart du temps s’invite sur des images qui restent somme toute d’une beauté quasi mystique. Fort dommage ici également, car avec une bonne définition, ce petit film aurait très bien pu prétendre à cette fonction démo dont le film prend très faussement le nom.

On semble avoir quitté la HD pour un upscaling DVD, les producteurs n’ayant pas jugé nécessaire d’investir pour la restauration HD de ce court doc, mais ne boudons pas notre plaisir, les images et les couleurs naturelles sont ici magnifiques. Un petit témoignage de plus sur la beauté de notre chère planète.

Le son :

ANGLAIS         5.1 non compressé & 5.1 Dolby Digital

FRANÇAIS       5.1 Dolby Digital & DTS

ESPAGNOL      5.1 Dolby Digital

HOLLANDAIS  5.1 Dolby Digital

Sous-titres  Anglais / Français / Espagnol / Hollandais

Vidéo 1920x1080-16/9ème 1.85 / 1h21 / Sélection de chapitres 14/20

 
Dinosaure - ma note pour ce film :
Réalisé par Eric Leighton, Ralph Zondag
Avec D.B. Sweeney, Alfre Woodard, Ossie Davis, ...
Année de production : 2000
L.O.L

David Koskas

de Lisa AZUELOS

La réalisatrice Lisa Azuelos. David Koskas

(France - 2008)

Date de sortie : 04 février 2009

genre : comédie / 1h35

LOL ? Ca veut dire Laughing Out Loud - mort de rire - en langage MSN.
C'est aussi comme ça que les amis de Lola l'appellent. Pourtant, le jour de sa rentrée, Lola n'a pas le coeur à rire. Arthur, son copain, la provoque en lui disant qu'il l'a trompée pendant l'été. Et sa bande de potes a le don pour tout compliquer. Tout comme sa mère, Anne, avec qui le dialogue est devenu impossible, et pas seulement parce qu'elle ignore ce que LOL signifie. Que ses parents aient divorcé est une chose. Qu'Anne traite son ado comme une enfant en lui mentant sur l'essentiel, par exemple sur le fait qu'elle revoit son ex en cachette ou qu'elle se fait draguer par un flic, en est une autre. De son côté, Anne se demande ce qui a bien pu arriver à sa douce petite fille. De la fusion à la confusion, les relations mères-filles bouillonnent d'amour et de LOL.

Christa Theret et Sophie Marceau. David KoskasLes films sur les adolescents sont aujourd’hui légion. Qu’ils soient américains (avec des adolescents qui ne le sont plus vraiment puisqu’ils sont joués plutôt par des jeunes adultes, voire parfois des adultes rajeunis à l’extrême) ou européens, tous mettent en exergue un comportement de satyre, tant le sexe prend à cette époque de notre vie une importance capitale. De la franchise « American pie » aux très bons films italiens, hollandais ou français que sont Melissa P., Profond, ou Mauvaises fréquentations, en passant par l’extrême Larry Clark (Ken Park) ou le décalé Gus Van Sant (Elephant), tous nous présentent une jeunesse ancrée dans un profond mal être, et plutôt sombre. Or, ce n’est pas tout le temps le cas. La réalisatrice, Lisa Azuelos, qui fait un caméo dans le film dans le rôle de la psy (hmm-hmm) a le bon goût ici de désamorcer les peurs parentales et les tragédies familiales par un humour qui, s’il est toujours potache, reste toujours très juste et jamais vulgaire.

De plus, les acteurs sont judicieusement choisis pour un physique très actuel et dans l’air du temps, dans lesquels, les adolescents d’aujourd’hui pourront donc très facilement se reconnaître.

Côté parents, la petite fille de la boum a aujourd’hui grandi, et les rôles se sont tout naturellementSophie Marceau et Jocelyn Quivrin. David Koskas inversés. C’est donc avec un grand bonheur que l’on retrouve une Sophie Marceau, autrefois petite fiancée d’une France sous le charme de la collégienne, puis l’étudiante sexy qui, un peu plus tard, charme Vincent Lindon, qui est aujourd’hui devenue une femme pleine et entière, au charme toujours intact et au naturel déconcertant.

Comédie fort sympathique au demeurant, le découpage de l’histoire, percutant et sans temps mort, compare les deux générations, les plonge dans les méandres de l’incompréhension générationnelle, les peurs de parents profondément amoureux de leurs gosses, ou d’autres qui ont véritablement oubliés ce que c’est d’être jeune.

Le film parle donc à toutes les générations, les préadolescents, les ados, et les parents et…grands-parents également, pour la simple et bonne raison que le film est un miroir non déformé, pour une fois, des relations parents-enfants d’aujourd’hui.

Christa Theret et Alexandre Astier. David KoskasSi le film touche donc un très large public en exposant les forces et faiblesses de chacun, il n’en est que plus bénéfique et ne manquera pas de rapprocher les familles avec un seul message…la communication, l’amour des siens, et la peur que l’on peut ressentir pour eux.

Car si les quiproquos sont nombreux, ils ne manquent pas de décider de la pérennité d’une relation amoureuse ou d’une simple amitié, ou de l’oubli de celle-ci.

Très actuel donc, mené par une bande son merveilleuse et dans l’air du temps, le film décortique les mécanismes de la famille, des amis, et de l’adolescence, avec un bonheur rare, la délicatesse et la tendresse d’une mère pour sa fille qui cherche inévitablement à s’émanciper tout en renonçant définitivement à rompre le lien qui l’unit à sa mère, au final plutôt cool et adorable.

Nul doute que le film ne manquera pas de dater d’ici à quelques années. Mais pour l’instant il est le digne représentant de la jeunesse française, de ses influences diverses, de sa beauté et de sa rudesse parfois, mais qui finit toujours devenir drôle sans pour autant jamais se moquer. Bien sûr,Jérémy Kapone et Christa Theret. David Koskas on n’évite pas le langage cru, outrancier et parfois irrespectueux de ces jeunes trous du cul, mais il est dans la mouvance actuelle de ce que l’on peut entendre dans les discussions animées des sorties de lycées. Cela peut paraître choquant, mais nous avons tous fait de même. Le film est là pour nous le rappeler, et surtout pour dédramatiser la chose, à l’image de ce flic des stups qui fume un pétard avec ses amis.

Un tour de force qui reste une prouesse formidable dans le paysage de la comédie française actuelle, et qui mérite donc pleinement son succès en salle.

Ayant, à peu d’années près, le même âge que Sophie Marceau, et ayant, comme tous les ados de l’époque été amoureux d’elle (ce qui peut, en partie expliquer son succès encore aujourd’hui), je n’ai pas oublié pour autant ce qui a façonné mon adolescence. Aujourd’hui papa d’une petite fille, je n’ai pas pour autant, du moins pas encore et j’espère jamais, oublié ce qu’était cette époque de notre vie à tous. C’est donc avec un véritable bonheur que j’ai découvert ce film qui sonne on ne peut plus vrai.

De la fraîcheur et du naturel des jeunes comédiens, au talent des plus vieux (Alexandre Astier et Jocelyn Quivrin en tête, décédé il y a peu), tout sonne  juste, et l’humour des situations se confronte inexorablement avec les petites tragédies de l’adolescence. Si les adultes ont beau répéter que ce n’est pas si grave, et que les choses changent, si aujourd’hui on est droit d’en Lou Lesage, Christa Theret et Marion Chabassol. David Koskasrigoler, lorsque nous étions à la place de Lola ou de Maël, ce n’était alors que pure tragédie.

C’est aussi la force de ce film…remettre les parents au niveau de leur progéniture, et surtout de leur état d’esprit. Nous rappeler l’importance du rien et du ridicule, pour des ados qui n’ont pas encore le recul nécessaire pour dédramatiser les situations, ou au contraire l’importance de certaines autres…Et en cela, L.O.L est une vraie réussite. 17/20

 

 
LOL - Laughing Out Loud - ma note pour ce film :
Réalisé par Lisa Azuelos
Avec Sophie Marceau, Christa Theret, Alexandre Astier, ...
Année de production : 2008
AVATAR... Cameron...fou intégral ou visionnaire de génie ?

Twentieth Century Fox France

de James CAMERON

James Cameron. Twentieth Century Fox France

(Etats-Unis - 2009)

Date de sortie : 16 décembre 2009

Genre : Science-Fiction / 2h45

Malgré sa paralysie, Jake Sully, un ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant, est resté un combattant au plus profond de son être. Il est recruté pour se rendre à des années-lumière de la Terre, sur Pandora, où de puissants groupes industriels exploitent un minerai rarissime destiné à résoudre la crise énergétique sur Terre. Parce que l'atmosphère de Pandora est toxique pour les humains, ceux-ci ont créé le Programme Avatar, qui permet à des " pilotes " humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans cette atmosphère létale. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en croisant l'ADN humain avec celui des Na'vi, les autochtones de Pandora.
Sous sa forme d'avatar, Jake peut de nouveau marcher. On lui confie une mission d'infiltration auprès des Na'vi, devenus un obstacle trop conséquent à l'exploitation du précieux minerai. Mais tout va changer lorsque Neytiri, une très belle Na'vi, sauve la vie de Jake...

On en parle depuis si longtemps. Tous les fans de SF, dont je fais partie, trépignaient d’impatience depuis trois ou quatre ans, quand James Cameron annonçait alors son retour ciné avec un projet titanesque, doublé d’un retour fracassant sur son genre de prédilection, la science-fiction. Cinéaste de l’extrême, à la rigueur impressionnante et à la maîtrise visuelle déterminée, Cameron avoue de lui-même aimer les défis au gigantisme aussi fort que coûteux…

Avatar, l'évènement tant attendu de cette fin d'année qui passionne déjà autant qu'il divise n’est plus désormais un espoir farouche ou une curiosité cinématographique de plus. Sorti il y a peu, et pour une fois, chez nous avant les américains, le film n’a pas manqué de rameuter tous les fans de ce réalisateurs hors norme.

A peine sorti, déjà critiqué de part et d’autre, en bien, en mal, dans l’indifférence blasée de certains qui y voient un projet marketing de plus uniquement basé sur les désormais sacro-saints effets spéciaux numériques, et donc par conséquent dénué d’âme et de quelque saveur que ce soit, ou dans une jubilation fébrile d’assister à un renouveau cinématographique pour le moins morne et parfois moribond, que la machine à rêve d’Hollywood ne nous délivre qu’avec une extrême parcimonie ces derniers temps.

Certains, dans l’entourage du cinéaste, promettaient avant l’heure, une révolution cinématographique sans précédent, arguant un budget colossal (300 millions !!!) acquis dans le seul but de créer une nouvelle technologie visuelle inédite. De la part d’un studio (20th Century Fox) qui enregistra il y a quelques années, des pertes toutes aussi colossales dans son département animation avec, déjà à l’époque, l’essai révolutionnaire de mêler animation traditionnelle et images numérique, le cruel bide que fût TITAN A.E. résonna pendant longtemps au bon souvenir des dirigeants du studio. Cet échec concrétisa d’ailleurs, la fermeture définitive du département animation du studio.

Alors quand un gaillard barbu, artiste dans l’âme, diplômé en physique, dessinateur, scénariste, producteur, photographe, monteur, réalisateur et autres talents nombreux vient quémander un max de blé dans le but de relancer un style qui n’a pas vraiment porté chance au studio (au lieu du mélange 2D/3D, ici prises de vues réelles et images numériques photo réalistes), le gaillard en question a tout intérêt à proposer un projet qui vaille la peine de risquer des sommes considérables, et quelque part indécentes puisque ces sommes représentent 2 à 3 années de budget de certains pays pauvres de la planète.

Mais le gaillard en question n’est cependant pas un novice, et à fait preuve par le passé d’un sens artistique réel, et n’est de plus pas apeuré des défis de ce genre. C’est que c’est un rusé le bougre. Afin de convaincre les décisionnaires, il va jusqu’à renier son salaire de réalisateur pour opter sur un intéressement aux bénéfices du film. C’est ce stratagème qui lui permet de tourner Titanic, et à l’instar de  George Lucas, en qui personne ne croyait à l’époque du tournage de Star Wars, Cameron fait la nique aux dirigeants les plus coriaces en ramassant bien plus d’argent de cette manière, qu’avec un contrat classique. Bingo…le film est un succès, collecte une flopée d’Oscars, et son réalisateur une flopée de dollars

Son cursus est on ne peut plus révélateur des ses capacités à diriger des projets aussi pharaoniques, long et coûteux, et d’une technique qui demande une rigueur qui effarouche bien du monde. Formé à l’école du système D de Roger Corman, pour des petits films d’horreur comme il en fleurissait tant à l’époque…c’est qu’il a travaillé sur les plateaux de John Carpenter peaufinant des effets spéciaux déjà à l’époque impressionnants pour New-York 1997.

 

Twentieth Century Fox France

   

Sa première grosse production en tant que réalisateur (poste qu’il convoitait depuis toujours en oubliant le problématique Piranhas II), ce sera Terminator, issu d’un cauchemar fébrile italien, tourné pour 6 malheureux petits millions de dollars, alors que le film en rapportera un peu plus de 80. A l’aide de Stan Winston (décédé il y a peu), auteur des animations robotiques du T-800, il crée Digital Domain, une société de production dédiée aux effets spéciaux numériques. C’est d’ailleurs cette société qui sera en charge des FX du deuxième volet du robot venant du futur, qui met une claque à bien du monde en cette année 1991 (Outre les films de Cameron, la société s’occupera des FX d’Armageddon, Le cinquième élément, Le jour d’après, I robot ou plus récemment Benjamin Button).

Puis il  donne une suite à la saga Alien, et son film est depuis considéré comme une des meilleures suites jamais tournées, dans toute l’histoire des suites de films (à voir bien sûr en version longue).

Il repousse les limites du numérique et des chantiers au gigantisme aussi forcené que son imagination pour Abyss, semi échec, mais qui reste pourtant une de ses œuvres les plus abouties, même si on ne peut s’empêcher de penser à un Rencontres du troisième type aquatique.

C’est toujours lui qui rue dans les brancards de la comédie d’espionnage avec son style toujours aussi bourrin, mais ô combien spectaculaire. True lies, malgré une absence totale se science-fiction si chère au cinéaste, est une réussite de plus dans la carrière de Cameron, qui remet une couche d’action jubilatoire, doublé d’un humour implacable. D’autres ont eu moins de chance (John McTiernan, lui aussi une pointure dans le domaine de l’action se rétame lamentablement et très injustement d’ailleurs avec son essai fantasque et incompris qu’est Last action hero).

Et c’est enfin lui qui redonne vie au plus luxueux et funeste paquebot coulé en avril 1912 dans l’Atlantique nord. Une fois de plus, chantiers ahurissants, reconstruction grandeur nature du paquebot, recherches approfondies avec des historiens, effets spéciaux on ne peut plus efficaces, reconstitution fidèle et forcenée…la note est tellement salée que deux studios sont sur le coup pour mettre à jour le projet. 20th Century Fox et Paramount.

Après son titanesque Titanic, il écrit une première version d’un nouveau projet SF, qu’il laisse vite tomber car les avancées technologiques ne permettaient en aucune façon de concrétiser raisonnablement le projet. Malgré le succès du premier Terminator, il apparaît aujourd’hui comme désuet, kitsch et passablement suranné. Force est de constater, que si à l’époque, il avait enchanté les adolescents dont je faisais partie, il a assez mal vieilli. Ne reste qu’une nostalgie profonde et une fidélité aux sensations alors ressenties pour pouvoir revoir encore et encore le premier volet du robot tueur. Mais je peux vous dire, pour l’avoir vu au cinéma à sa sortie, que Terminator était une vraie révolution visuelle et technologique, et n’a pas manqué de marquer les mémoires.

Cette fois-ci il veut faire les choses comme il faut, ne pas se précipiter et tourner le film alors qu’il sait que cela ne donnera rien de bon.

 

Twentieth Century Fox France 

  

En attendant, il produit et réalise quelques documentaires rigoureux (Les fantômes du Titanic-Opération BismarckAliens of the deep), produit de la SF pour d’autres réalisateurs (Steven Soderbergh avec Solaris) ou se lance dans la série télé avec Dark Angel.

Et puis, il y a quatre ans, les choses se précisent au niveau technologique…

Si la motion capture (capture de mouvement) a fait son apparition il y a désormais quelques années dans les effets spéciaux numériques, c’est probablement Robert Zemeckis qui l’exploite de la plus incroyable des façons avec son Pôle Express.

Bien sûr, la tentative est probante et en jette un max, mais n’est pas non plus des plus abouties. On peut y voir des déficiences dans le regard des personnages, et des animations musculaires du visage encore un poil trop saccadées (c’est encore plus net sur Beowulf, pourtant tourné après). Sans compter le côté trop lisse des décors que l’on sait issus d’un numérique certes accrocheur et beau à l’image, mais finalement encore trop industriel.

Mais le principe est lancé, reste plus qu’à améliorer le procédé, le rendre plus fluide, et à le combiner à une 3D encore balbutiante.

Alors quand Avatar sort enfin sur nos écrans, qu’en est-il de cette révolution technologique et visuelle ?

Mon avis ne sera qu’un avis de plus parmi les nombreux autres qui parcourent les blogs ciné, et par conséquent un avis bien personnel qui ne sera pas forcément le vôtre. Le fait est que cette 3D dont on parle tant est très agréable, et souvent surprenante à l’écran. Cameron tourne d’ailleurs des plans propres à valoriser un système (qu’il nomme Fusion 3D) qu’il a contribué à développer. Je n’avais pas vu de 3D aussi réussie depuis le Futuroscope de Poitiers, il y a maintenant 10 ans. Si on ne voit qu’elle au début du film (la séquence en apesanteur est impressionnante) elle s’inscrit par la suite comme naturelle et se fait plus discrète, tout en étant toutefois bien présente dans les nombreux plans vertigineux des montagnes flottantes et sacrées du vortex de Pandora. La mise au point et l’infini sur l’image se confondent alors de la plus agréable des façons,  offrant au spectateur une profondeur de champ visuellement impressionnante. Durant les séquences de destructions, entre les étincelles, la poussière, les corps qui volent, cette profondeur de champ est on ne peut plus visible et du plus bel effet. Même si cette 3D, dans les séquences d’actions rapides atteint vite ses limites de fluidité.

De plus, même si l’achat des lunettes Real D à 2,50 euros augmente un peu plus le prix de la place, le spectacle en vaut tout de même la peine, sans compter, que vous repartez avec et elles pourront servir pour d’autres films pour peu que ces derniers utilisent bien sûr le même procédé.

Ces lunettes polarisantes, pas forcément très design, mais légères et agréables à porter, se distinguent des traditionnelles et désormais désuètes lunettes anamorphiques rouges et bleues. Ainsi donc, les couleurs ne sont plus dénaturées comme elles pouvaient l’être avec les autres lunettes. Un plus indéniable donc, puisqu’elles permettent d’apprécier les contrastes et la colorimétrie du film, qui est on ne peut plus chargée ici. Entre couleurs naturelles de la forêt millénaires, et celles, phosphorescentes, de la mousse et de la flore sylvestre, ainsi que des divers et étranges insectes, tout aussi lumineux qu’attirants, le spectacle est donc total et visuellement des plus agréables.

 

Twentieth Century Fox France

 

Alors révolution visuelle ? Oui et non…la technologie existait déjà, et Cameron n’a fait que l’améliorer. En lieu et place d’une vraie révolution visuelle, nous avons donc une formidable avancée qui sera probablement une référence à venir. Cameron place la barre très haut, et chaque film désormais se devra d’être, au minimum, aussi réussi visuellement. Les prochains projets 3D sont annoncés (ou déjà sortis) pour cette année 2010, Scrooge, 3ème expérimentation 3D de Zemeckis, les Toy Story, qui à l’occasion de la sortie du 3ème opus, seront ressortis en salle en version 3D, ou encore Joe Dante qui revient derrière la caméra avec un petit film d’horreur, The Hole, dont on dit que la 3D change résolument la donne. Wait & see…

En effet, on ne peut que constater que la révolution n'est certes pas dans le scénario qui n'a rien de novateur puisqu'il compile des clichés maintes fois utilisés, notamment avec John Dunbar, ou encore John Smith (pour ne citer que les plus connus), mais plus dans le traitement visuel que Cameron fait de ces clichés. Il sait qu’il ne révolutionne pas une histoire pour le moins classique désormais, et même prévisible parfois. On peut trouver dans la SF plusieurs écrits s’en rapprochant d’ailleurs.

Il faut donc avant tout voir ce film avec les yeux d'un enfant qui découvre les mondes enchanteurs que la SF ne manque pas de proposer dans les très nombreuses œuvres écrites de la littérature. Kaena ou Chasseurs de dragons proposent également des vortex et des mondes flottants.

La flore phosphorescente, les montagnes flottantes ne sont certes pas très originales puisqu’on peut en trouver depuis longtemps sur nombres de couvertures de livres SF et Fantasy, mais tout est ici mis en scène avec un réalisme incroyable qui donne vraiment envie d’y croire.

Oui, c'est un blockbuster pas très finot...Cameron le sait, et a même choisi délibérément de dévoiler l'histoire dans sa belle et longue bande-annonce. Mais quel bonheur visuel, et quelle force le film possède de nous rappeler que l'être humain s'est perdu en chemin, au profit d'une technologie qui, comme chez Tolkien tient plus du mal que du bien.

J'ai d'ailleurs ressenti les mêmes sensations dans la bataille finale de Pandora, que dans celle du Retour du roi, mise en scène par Peter Jackson, autre réal talentueux et imposant dans son style. La sensation d'un monumental gâchis, et l'envie de revenir à la vie simple de ces peuples imaginaires...loin de notre technologie, de nos voitures polluantes, de nos autoroutes embouteillées, nos consoles de jeux, alors que certains hommes, derniers sauvages dans un monde moderne, essaient de survivre dans une nature détraquée par l'autre moitié de l'humanité.

La relation du peuple Na'vi avec la nature qui l'entoure, faune comme flore, est à ce titre un triste rappel des colonisations, croisades et prosélytismes religieux infligés aux peuples indigènes des indiens d'Amériques (nord et sud) ou des peuplades africaines. L’exclusion territoriale des tribus indiennes du nord ou le massacre de la forêt amazonienne au sud étant les deux exemples les plus indiscutables des méfaits de la colonisation et du commerce technologique de l’homme blanc moderne.

 

Twentieth Century Fox France

 

Le film regorge ainsi de bonnes idées, le lien biologique avec tous les animaux et arbres se faisant par leurs cheveux par exemple. Intimant par là même un respect de chaque être vivant, féroce ou pas.

Le remerciement à l’animal qui vient d’être tué, pour sa chair, et le respect de son âme, aussi animale soit-elle, est également des plus intéressants, et se rapproche de beaucoup des coutumes ancestrales des peuples cités plus haut.

Oui, c’est caricatural et manichéen au possible…Le colonel balafré, au charisme certain, en est probablement l’exemple le plus flagrant, en étant obtus et rigoureux dans la mission qui lui a été donnée, confronté à l’humanité hésitante d’un soldat qui en a déjà pris plein la gueule. Mais il n’est pas le premier, et certainement pas le dernier. Les descriptions du comportement humain sont même très loin d’être fines et habiles, tellement elles sont amplifiées…mais en les confrontant à celles des Na’vi, le film prend ici tout son sens de conte moderne, et quelque part enchanteur.

Car c’est ce que j’ai été…enchanté de connaître les paysages luxuriants de Pandora, sa faune de monde perdu, sa flore aussi nombreuse, que chatoyante. Et ce peuple, en si parfaite communion avec la nature qui l’entoure.

Bien sûr, certains ne manqueront pas de taxer Cameron d'hypocrite opportuniste et manipulateur qui se sert justement de cette technologie et des médias publicitaires pour conditionner plus ou moins les spectateurs que nous sommes. On le sait désormais, Cameron met tout en œuvre pour divertir le spectateur. Mais il n’est pas non plus du genre à bricoler un film pour 5000 $ en utilisant toutes les ficelles d’un genre éculé pour en tenter un renouveau certes productif et rentable mais à la durée de vie passablement éphémère. Les œuvres de Cameron sont inscrites pour durer, et chaque dollar dépensé se voit à l’écran. On peut alors se demander qui des cinéastes d’auteurs ou du rouleau compresseur cameronien est plus à taxer d’esbroufe visuelle ?

Celui qui nous tire des larmes ou des frissons avec un film fait de trois fois rien, ou celui qui nous fait rêver en nous montrant ce que les spectateurs ont toujours voulu voir à l’écran…du spectacle. Etes-vous plus Guy Montagné dans une salle intimiste, ou la complexe structure spectaculaire du Cirque de Pékin ?

Qu’on se le dise…le cinéma, avant d’être intello, larmoyant, humaniste ou documentaire, était avant tout un moyen d’évasion formidable, et les tous premiers métrages étaient des œuvres de SF qui racontaient des choses impossibles. D’un certain voyage dans la lune, au monde perdu peuplé de créatures horribles, le cinéma a toujours été un moyen de s’évader, avant d’être réaliste et moralisateur.

 

Sam Worthington, Sigourney Weaver et Michelle Rodriguez. Twentieth Century Fox France

 

On peut bien sûr ne pas aimer ce cinéma-là et préférer les parlotes  interminables d’un Woody Allen avide d’auto-thérapie cinématographique, ou encore le génie surestimé d’un Stanley Kubrick opportuniste et grandiloquent, mais on peut également tout à fait succomber à la beauté des paysages de La terre du milieu ou de  Pandora, à la morale certes simpliste et prévisible que le film ne manque pas de nous intimer.

Il faut se remémorer les histoires qu’enfants nous aimions entendre, des histoires de princes et princesses, de sorcières maléfiques, de mondes moyenâgeux où régnaient dragons et  créatures de toutes sortes. A ce titre, Disney et ses animations basiques ne cesse depuis près de 75 ans d’avoir un succès toujours grandissant, doublé d’une estime quasi unanime de tout le monde, ceux qui adorent Allen et Kubrick, autant que ceux qui, comme moi préfèrent James Cameron ou Peter Jackson. Tout comme en littérature, où certains préfèreront et de loin John Steinbeck et Jack London  à Tolkien ou Robert E. Howard.

Tout n’est que question de point de vue, d’un ressenti purement personnel.

Pour en revenir à Cameron, s’il critique l’humain, en dénonçant tous ses côtés sombres, son arrivisme, sa vénalité, son orgueil, c’est pour  mieux mettre en avant ses qualités réelles, ici brillamment incarnées par son acteur principal Sam Worthington. Dans un de ses nombreux commentaires vidéo de sa mission, où le soldat livre ses ressentiments, on sent bien le retournement psychologique de ce dernier, et la douleur que ce dernier ressent entre son appartenance à l’humanité et l’attirance de ce monde nouveau et merveilleux. Il ressent d’ailleurs la honte, se qualifie de traître, un étranger non seulement envers les hommes dont il fait pourtant partie, mais auprès de ce peuple qui l’attire de plus en plus. Une douleur morale, après celle physique de sa paraplégie, qu’il devra surpasser pour être l’élu d’un peuple bien plus humain finalement que cette humanité dont il fait partie.

Si on est impressionné par la maîtrise technologique humaine, avec tous ces hélicos et énormes vaisseaux futuristes, on est aussi et surtout choqué par ce que l’homme en fait, et à quoi il les utilise.

Après avoir, au travers des yeux du soldat paraplégique (qui retrouve une certaine liberté dans le corps de son avatar) découvert la beauté de Pandora, on ne peut résolument qu’être choqué de voir tout cela détruit pour la simple acquisition d’un minerai fortement convoité car extrêmement cher.

 

Twentieth Century Fox France

 

La force, certains diront manipulation scénaristique, est de ressentir la honte d’appartenir à ce peuple humain, et le profond désir, tout comme le personnage à l’écran, de rester et de connaître un peu plus ce monde merveilleux qui nous est présenté.

Mais je dois le reconnaître, oui, il y a manipulation. Ce n’est finalement que pure vérité, et ça a toujours été ainsi.

Un auteur, quel qu’il soit (écrivain, musicien, réalisateur, ou même avocat) manipule son lecteur, son spectateur, son audience, avec des effets de manche racoleurs et fédérateurs. Mais il faut alors, et dans ce cas, avouer que l’on aime être manipulé de la sorte. C’est ce qui fait qu’une histoire nous touche ou pas.

On aime rire au cinéma. On aime pleurer, avoir peur, et être émerveillé aussi. Si Disney ne souffre d’aucune critique et est même reconnu pour les bienfaits de ses animations sur le mental spongieux des enfants qui ont besoin de repères, Cameron ne fait rien d’autre que continuer la longue tradition des contes.

Sauf qu’il le fait avec son style, un style visuel, percutant, extrême parfois, utilisant pour cela toute la technologie qu’il critique pourtant violemment.

Mais à bien y regarder, c’est aussi un mal pour un bien. Sans cette technologie et cette science, jamais l’homme n’aurait pu prendre conscience de son environnement et l’impérieuse nécessité de préserver celui-ci.

Les documentaires sont nombreux de par le monde pour nous faire découvrir la beauté de notre planète, même si pour y arriver, on circule à tout va au-dessus de la calotte glacière avec des appareils qui rejettent du gaz carbonique à outrance.

Alors que Cameron finalement, ne perd plus de temps avec de vraies explosions, de gros véhicules polluants, et ne décime pas des hectares de forêt pour avoir des belles flammes à l’écran. Ici, tout est faux, et pourtant tout à l’air réel.  A l’heure où les esprits se remémorent l’importance de la sauvegarde de l’environnement, Cameron apporte alors plus ou moins sa contribution en créant des scènes explosives sans aucune pollution…C’est aussi un peu ça la magie du cinéma d’aujourd’hui…y croire, alors que tout est faux. Qui n’a pas été ébloui par un numéro de prestidigitateur, alors que tout est arnaque finalement…manipulation ?

Honnêtement, laissez vos aprioris de côté, redevenez le gosse que vous avez été, replongez-vous dans les mondes fantastiques, sinon de Jules Verne ou Tolkien, celui, visuel et cinématographique de James Cameron.

Laissez-vous manipuler, et rendez hommage à la somme de travail colossale que ce projet à nécessité. Bien sûr Cameron n’est pas seul sur le projet, il faut bien sûr parler des acteurs, qu’ils soient réels (Worthington, Sigourney Weaver que l’on retrouve avec plaisir, Giovanni Ribisi avec un rôle un peu court, mais j’ai toujours apprécié cet acteur, Michelle Rodriguez qui concrétise une fois de plus l’attirance de Cameron pour les femmes à fort caractère, Stephen Lang dans le rôle du colonel balafré) ou numériques (avec bien sûr les doubles personnages de Worthington et Weaver en Na’vi, ainsi que Zoë Saldana ou Wes Studi un acteur amerindien qui concrétise lui, le côté hommage aux peuplades originelles du nouveau monde).

N’oublions pas James Horner, qui ces dernières années est habitué aux super productions ciné puisqu’il signait déjà les partitions de Titanic, mais aussi celles de Braveheart ou Apocalypto de Mel Gibson. Ici il reste fidèle à son style symphonique et percutant lors des scènes d’action,  en incluant également des thèmes plus tribaux pour les peuplades Na’vi et les nombreuses découvertes des beautés de Pandora, où la musique se fait enchanteresse avec des chœurs qui donnent irrémédiablement des frissons quand la musique, les chants et les images se présentent à nos yeux.

Alors…Cameron…Fou intégral ou visionnaire de génie ? Peut-être et certainement les deux, et c’est aussi pour ça que je l’apprécie et qu’il ne m’a jamais déçu. Et ce n’est certes pas avec Avatar que je le serai… Libre à vous désormais, de vous y frotter ou pas, mais le fait est que ce film reste une expérience nouvelle et hors du commun comme on en voit qu’une fois par décennie. Il serait donc dommage de passer à côté.

Ce n’est que du pur divertissement, et excusez du peu…mais putain c’que c’est beau !!! 18/20

 

 

 
Avatar - ma note pour ce film :
Réalisé par James Cameron
Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, ...
Année de production : 2009
ARTHUR et la vengeance de MALTAZARD

EuropaCorp Distribution

(Arthur and the revenge of Maltazard)

de Luc BESSON

(France - 2009)

Genre : comédie / Animation / 1h35

Date de sortie : 02/12/2009

Arthur est au comble de l'excitation : c'est aujourd'hui la fin du dixième cycle de la Lune, et il va enfin pouvoir regagner le monde des Minimoys pour y retrouver Sélénia. Dans le village, tout est prêt pour l'accueillir : un grand banquet a été organisé en son honneur, et la petite princesse a passé sa robe en pétales de rose... C'est sans compter le père d'Arthur, qui choisit précisément ce jour tant attendu pour quitter plus tôt que prévu la maison de sa grand-mère. Au moment du départ, une araignée dépose dans les mains du jeune garçon un grain de riz sur lequel est gravé un message de détresse. Pas de doute, Sélénia est en danger, et Arthur n'a plus qu'une idée en tête : voler à son secours ! Quitte à employer un passage de fortune, tomber tête la première dans le bar de Max, se heurter aux troupes de Kröb, le nouveau tyran des Sept Terres, secourir Bétamèche, combattre des rats, des grenouilles, des araignées velues... et découvrir, une fois arrivé au village des Mimimoys, qu'aucun message de secours ne lui a été envoyé ! Mais qui donc a bien pu piéger ainsi notre jeune héros ?

Freddie Highmore. EuropaCorp DistributionN’y allons pas par quatre chemins…si la première aventure de notre adorable humain/minimoy avait créée la surprise et nous avait enchanté de la plus belle des façons, sa suite se pose finalement comme une grosse déception.

Plusieurs raisons à cela…premièrement, le film traîne un peu plus en longueur en s’attardant sur des personnages qui n’avaient qu’été effleurés dans le premier. Si on retrouve le grand père fantasque Archibald, on découvre également les parents d’Arthur et leurs petites manies qui à défaut d’être drôles se révèlent passablement irritantes, et pas vraiment nécessaires dans la structure de l’histoire. Même dans le monde coloré des Minimoys, les personnages importants du premier opus sont ici mis de côté pour en découvrir de nouveaux (le chef cuistot italien…lui aussi pas vraiment drôle finalement). C’est donc plus un film de mec que nous livre Besson, au détriment des personnages féminins qui avaient fait le charme du premier tome.

Si l’on passe ici plus de temps avec un grand-père sympathique et attachant, exit donc la grand-mère (pas complètement mais grandement tout de même) et bye-bye la princesse Selenia et son caractère bien trempé, excepté un court passage où on la voit se préparer à l’arrivée d’Arthur, et où on peut lire sur son visage la déception de ne pas voir venir son héros. Qu’elle se rassure, elle n’est pas la seule.

Au lieu de cela, on perd beaucoup de temps avec un père au charisme d’une moule, affreusement doublé par un Jean-Paul Rouve (ex Robin des bois) bien peu inspiré, le patron de discothèque rasta magouilleur et son cousin qui ne l’est pas moins, un Bétamèche qui, s’il est toujours aussi gaffeur a perdu une grande partie de son potentiel comique, et enfin un MaltazardEuropaCorp Distribution qui tarde à apparaître et dont la vengeance se fait passablement attendre.

Malgré sa courte durée, le film traîne donc en longueur et ne réussit pas à garder le côté féerique du premier opus.

Peut-être aurait-il fallu faire quelques coupes dans le scénario et, quitte à attendre un peu plus encore, nous sortir le film sur 2h30 mais en plus rythmé.

Sinon, les séquences numériques sont toujours aussi belles quoique moindres parfois au niveau des détails. Par exemple, la chevelure de Selenia, qui, quand cette dernière est retenue prisonnière, tient plus du n’importe quoi que de la 3D maîtrisée, ses cheveux ressemblant plus à de grosses ficelles colorées que de beaux cheveux numérique à la Pixar.

La concurrence est aujourd’hui sévère, et si l’équipe nous livre un bel univers coloré, il y a encore bien du chemin à faire pour espérer inquiéter le studio ricain.

Autre chose qui me chiffonne, l’apparence de Maltazard (Attention spoiler…) quand ce dernier prend la place d’Arthur dans le rayon du retour. Les humains prenant une apparence de EuropaCorp DistributionMinimoys lorsqu’ils pénètrent le microcosme, on s’attendait à ce que ce gros vilain prenne une forme humaine en pénétrant de vile façon dans notre monde. Il n’en est rien, et Luc Besson à la bien mauvaise idée de stopper son film juste au moment où ça commence à devenir intéressant, transformant son film non plus en épisode, mais en feuilleton digne d’un final à la Dallas ou des Feux de l’amour.

En faisant cela il frustre nombre de spectateurs surtout les plus jeunes qui ne comprennent pas alors qu’il faille attendre 2 à 3 ans que le prochain film se fasse.

Si j’ai toujours défendu le cinéaste que l’on accusait souvent de mercantiliste dénué de talent, qu’il possède pourtant bel et bien, force est de constater qu’ici il donne plus ou moins raison à ses détracteurs.

En conclusion, moi qui suis plutôt bon public et toujours enclin à pardonner certaines maladresses quand l’ensemble est si brillant, je ne peux que déplorer ici, un mémorable foutage de gueule qui n’a d’égal que la médiocrité de l’histoire. Ce qui peut surprendre de la part d’un cinéaste qui nous avait littéralement enchanté avec un premier opus brillant et féerique. 10/20

EuropaCorp Distribution

A la vôtre !!!

 
Arthur et la vengeance de Maltazard - ma note pour ce film :
Réalisé par Luc Besson
Avec Mylène Farmer, Rohff, Fred Testot, ...
Année de production : 2009
SCARFACE

Universal Pictures

de Brian DePalma

Paramount Pictures

(Etats-Unis / 1983)

Date de sortie 07 mars 1984

genre : gangsters / 2h45

En 1980, Tony "Scarface" Montana bénéficie d'une amnistie du gouvernement cubain pour retourner en Floride. Ambitieux et sans scrupules, il élabore un plan pour éliminer un caïd de la pègre et prendre la place qu'il occupait sur le marché de la drogue.

Al Pacino. Universal PicturesScarface (1983) fait partie de ces films, aujourd’hui incontournables, qui ont eu leurs lots de critiques et dont l’aboutissement ne s’est pas fait sans difficultés. Echec critique et public aux Etats-Unis à sa sortie, la presse ne manque pas de fustiger le film pour son ultra-violence, allant même jusqu’à l’accuser de faire l’apologie de la drogue en glorifiant ses trafiquants.

Il faudra attendre sa diffusion européenne pour que le film trouve son public, et que les américains reconsidèrent la question avant d’en faire, à leur tour, un monument du septième art. En effet, le film se démarque des productions d’alors par un ton plus réaliste qui ne s’embarrasse pas de quelconques tournures phrasées ou de personnages originaux.

Le projet vient directement de Pacino, le jeune Alfred James est alors passionné par le théâtre et par un auteur allemand (Bertold Brecht) qui écrit des pièces sur des gangsters.

C’est d’ailleurs en jouant une de ses pièces qu’il cherche à se familiariser avec le genre. C’est en tombant sur une rediffusion dans un vieux cinéma de quartier, du film d’Howard Hawks que la révélation se fera.

Fasciné par l’ascension et la chute du gangster balafré, il prend contact avec son producteur de l’époque et lui soumet le projet…Refaire Scarface dans les années 70 d’une Amérique disco-cocaïnée qui donne sa chance à celui qui veut réussir.

Bien sûr le premier réalisateur qui lui vient à l’esprit est Sidney Lumet. Quoi de plus logique ?! LeAl Pacino et Steven Bauer. Universal Pictures réalisateur possède un style qui lui est propre, d’une certaine classe, pour ne pas dire d’une classe certaine, et dont les films sont appréciés, d’une part, mais surtout respectés du public (ce qui est assez rare à l’époque pour être signalé). De plus le duo Pacino/Lumet a par deux fois plutôt bien fonctionné. Serpico en 1973 (qui donnera même lieu à une très bonne série) et Un après-midi de chien en 1976 qui narre le braquage quelque peu foireux par une bande de bras cassés au final plus sympathique que réellement dangereuse.

Ne reste plus qu’à trouver le scénariste afin de transposer l’histoire en Floride avec un immigré cubain.

C’est là que les problèmes commencent à apparaître…

Oliver Stone, futur réalisateur controversé, tâtonne dans le cinéma comme scénariste et réalisateur occasionnel. Plutôt doué, il signe celui de Midnight Express d’Alan Parker, mais aussi celui de Conan le barbare de John Milius, Scarface donc puis, plus tard, de l’excellent L’année du dragon de Michaël Cimino avant de connaître le succès en tant que réalisateur et toujours scénariste avec Salvador en 1986 puis Platoon et tous les films de guerre qui suivront par la suite, montrant eux aussi une violence parfois extrême.

Mais pour le moment, Stone fait ses armes, et en perfectionniste qu’il est déjà, il tient à coller au plus près de son sujet.

Al Pacino. Universal PicturesPour cela il va risquer sa personne en allant directement prospecter…tant auprès des caïds cubains de Miami, les interrogeant inlassablement sur leur business, que directement dans les dossiers de justice sur les plus grandes affaires criminelles des dernières années (une autorisation spéciale lui sera même accordée pour cela).

Il en résulte un scénar hyper documenté qui détaille donc à la perfection les rouages mécaniques de la création d’un truand notoire, fortement encouragé par des lois facilement contournables et une corruption outrancière qui égratigne au passage un système économique et social américain qui ne supporte pas d’être sali de la sorte. On comprendra de prime abord que les américains n’aient pas apprécié le résultat…c’est le système même de ce pays qui permet l’existence et l’ascension de gangsters notoires. Et il n’est jamais agréable de se le faire rappeler de la sorte.

Le scénar achevé, il n’est cependant pas du goût de Sidney Lumet qui préfère passer son tour sur ce coup-là. Trop violent. Pas son style.

C’est là que Brian De Palma rentre en lice…

Si Pacino est attiré par les rôles de gangsters (s’il n’avait pas découvert le théâtre et le cinéma, de son propre aveu, il aurait pu en devenir un) Brian De Palma lui, sera fasciné, obsédé même, par l’œuvre d’Alfred Hitchcock.

Promis à une brillante carrière d’ingénieur, cette dernière est stoppée nette quand il voit ce qu’Hitchcock réussit à faire avec une caméra, un montage aux petits oignons, des truchements optiques, des décors travaillés et des bidouillages de focales. Tout n’est pas gagné pour autant…ses premiers films ne trouvent guère le succès, et il faudra attendre Sœurs de sang en 1973 pourMichelle Pfeiffer. Universal Pictures que le public reconnaisse en lui un cinéaste de talent. S’en suivront Phantom of the paradise, Obssession, Carrie, Furie, Pulsions et Blow out lui apportant le succès et la reconnaissance de son style (longs plans séquences travaillés à l’extrême, spleet-screens, travellings divers, ralentis et plans à double focale).

Cependant, lui-même reconnaît qu’il refait toujours un peu la même chose, aussi veut-il s’affranchir de ce style qui lui a pourtant valu ses heures de gloire.

Comme à chaque fois, pour un réalisateur qui ne fait plus ce que le public aime, il y a un risque potentiel pour le cinéaste. Mais c’est décidé, quand il tombe sur le scénar de Stone et de son truand paranoïaque, cette histoire est faite pour lui. De plus, les succès des « Parrain » et de  Serpico aidant, le cinéaste désirait travailler avec cet acteur au charisme indiscutable. Les deux hommes s’entendent si bien qu’ils réitèreront l’expérience sur L’impasse en compagnie de Sean Penn. Il se dégage une telle force de l’histoire et une telle aura de Pacino, que De Palma va peaufiner ses plans, ses décors, afin de valoriser plus encore une œuvre dont il sent le potentiel énorme.

Mais tout le monde ne pense pas comme lui. Les studios auraient préféré quelques noms connus afin de mieux faire passer la pilule (John Travolta fût même proposé pour le rôle de Manny, mais De Palma préféra, pour plus de réalisme peut-être, engager des inconnus). Hors, excepté Pacino, les seconds rôles masculins et féminins sont tenus par des acteurs et actrices encore loin de la célébrité, même s’ils n’en sont pas à leurs premiers rôles. Ce sera le cas de Steven Bauer, Michelle Pfeiffer et Mary Elisabeth Mastrantonio. On y trouve quand même quelques noms plus parlants, comme ceux de F. Murray Abraham (qui connaît Pacino pour avoir joué avec lui dans Serpico) et puis Robert Loggia qui traîne une filmographie impressionnante.

Pour son revirement cinématographique, le cinéaste veut marquer les esprits. Et pour cela il va frapper fort en montrant ce qui n’avait jamais été montré auparavant. Des exécutions sommaires, brutes, violentes, mais surtout sanglantes.

Mary Elizabeth Mastrantonio et Arnaldo Santana. Universal PicturesL’hémoglobine est en effet bien présente dans ce film, trop même pour certains qui voient dans la scène de la tronçonneuse, un sommet de sadisme et d’horreur qui n’est pas sans rappeler la révolte bien pensante qui s’éleva à la sortie du film de Tobe Hooper. Mais à bien y regarder, si on détail ce plan-là, on ne voit pourtant pas cette fameuse tronçonneuse entailler quelque chair que ce soit. Tout est question de montage et de suggestion. Cela marche tellement bien que cette scène qui sera mise en avant pour démontrer l’extrême violence du film.

De Palma se défend en arguant qu’il ne fait que montrer ce qui se passe en réalité lors d’un règlement de compte entre bandes rivales ou clans mafieux. Ces truands sont tellement déconnectés de la réalité, qu’ils n’en sont plus à un acte de cruauté pure près. Afin de faire disparaître un ennemi, ce dernier est souvent découpé en morceau ou envoyé à leurs ennemis pour les terroriser. On pourra citer par exemple certaines scènes dans Donnie Brasco ou encore Les affranchis où les truands usent du même procédé.

De l’aveu même du cinéaste, le film est en fait une œuvre profondément anti-drogue. Même si le public a d’abord pensé l’inverse.

En effet, rien dans ce film ne donne envie de prendre la place de Montana tant ce dernier est                                         englué dans sa soif de pouvoir, d’argent, et surtout une paranoïa excessive qui lui fera voir le monde autrement. Comme un monde qui lui appartient finalement (The world is yours / The world is mine) en étant le seul à savoir comment il fonctionne réellement.

L’énorme succès du film et la quasi icône sombre que représente aujourd’hui Tony Montana n’est cependant pas à prendre comme un échec. C’est juste que le public a toujours eu une fascination pour les bad boys ou même les tueurs en série. On peut se passionner pour tel ou tel personnage sans être pour autant un tueur soi-même. Si les gangsters ont la cote au cinéma, c’estSteven Bauer. Universal Pictures d’abord et surtout grâce au charisme et au talent des comédiens qui les interprètent.

Cela reste avant tout du cinéma, et le message véhiculé par Scarface reste essentiellement … Le crime ne paie pas. Du moins, s’il paie, ça ne dure qu’un temps et il ne faut pas espérer faire de vieux os dans ce job (si tant est que l’on puisse le considérer comme tel).

Le film s’attire donc les foudres de la moralité qui voit dans cette violence extrême, jamais vue auparavant, un culte déplacé pour le grand banditisme qui se servira du rêve américain pour mieux le bafoué finalement. Mais pas seulement…en prenant un immigré cubain, la communauté cubaine de Miami (+ de 300 000 exilés du régime castriste) manifeste également pendant le tournage, se sentant dénigrée de la plus vile des façons. Peur de l’amalgame, de la remise en question de leur présence en territoire américain, cette dernière profère menaces et représailles, à un point tel que la production du film doit être déplacée sur la côte Pacifique pour pouvoir terminer le tournage.

Avant même sa sortie, le film traîne donc pas mal de casseroles…Critique du mode économique et social de l’Amérique, dénigrement de la communauté cubaine, une violence accrue qui repousse encore un peu plus loin les limites et les codes du genre, sans compter un langage outrancier propre à choquer les puritains qui pensent alors que l’Amérique s’est déjà trop largement fourvoyée dans les années 70, avec la guerre au Viêtnam, les scandales politiques et la démocratisation de la drogue, tant populaire qu’artistique.

La censure se mêle de l’affaire…devant certains plans qui feraient passer Peckinpah pour un débutant timoré, le film est d’abord interdit aux moins de 18 ans. De Palma, qui redoute la ratification X qui ne pourra que nuire à son film, consentira à faire quelques coupes. Mais il semble que cela ne suffise pas pour satisfaire ces messieurs/dames de la censure.

Devant une étroitesse d’esprit qui fleure bon la cabale pure et simple, le cinéaste décide monter au créneau et de défendre son droit à la création, à l’expression la plus directe, même s’il elle doit choquer nombre de spectateurs.

Le film, rappelons-le, est aussi fait pour cela…choquer. Et montrer surtout ce qui ne se voit jamais. Faire prendre conscience aux gens que les truands et gangsters notoires qui se bâtissent des empires ne le font que sur le sang des autres, peut-être de nos enfants, de nos frères ou sœurs. Qu’ils ne reculent devant rien pour arriver au sommet.

De Palma, cependant, ne fait pas de Montana, un monstre absolu. Il reste avant tout humain, ce qui peut le rendre que plus terrifiant finalement, mais avec une certaine faiblesse. C’est d’ailleurs cette dernière qui signera sa perte. On en viendrait presque à le comprendre, et à compatir de sa fin sanglante, sans pour autant cautionner le moindre de ses gestes. Aussi classieux soit-il, il reste néanmoins une ordure de la pire espèce.

Montana n’est là que pour nous prévenir du danger de la surenchère, de l’avidité, et de la perte de repère dans un monde en constante évolution. La vénalité, l’arrivisme, la soif de pouvoir…tout finit par lui échapper. Et l’addition sera salée.

Montana en est l’exemple le plus extrême, le plus flagrant, le plus lumineux. A-t-on le moindre désir de devenir comme lui en regardant ce film ??? Certes non.

Mais a-t-on le moindre désir de voir encore des films de cet acabit ??? Oh que oui.

F. Murray Abraham, Al Pacino, Robert Loggia et Michelle Pfeiffer. Universal PicturesSi le mot « culte » est aujourd’hui utilisé à tout va pour une œuvre qui sort un peu de l’ordinaire par un semblant d’originalité, il peut en toute légitimité s’appliquer à ce film.

Des débuts difficiles, une production jalonnée de problèmes divers, une sortie discutée, un échec critique et public, puis le lent et nécessaire office du temps qui accompagnera finalement l’œuvre au rang des classiques incontournables.

Il en aura fallu du temps pour que ce film soit considéré comme un classique du genre, et que le public reconnaisse non seulement la puissance du propos d’une histoire, mais aussi d’un film et de tous ceux qui ont contribué (scénariste, réalisateur, acteurs) à faire de ce film un incontournable, et un grand classique du genre.

18/20

 
Scarface - ma note pour ce film :
Réalisé par Brian De Palma
Avec Al Pacino, Michelle Pfeiffer, Steven Bauer, ...
Année de production : 1983
EMPIRE DU SOLEIL

(Empire of the sun)

de Steven SPIELBERG

(Etats-Unis / 1987)

date de sortie France : 16 mars 1988

genre : drame / guerre / 2h35

En 1941, la concession internationale de Shanghaï semble ignorer tout de l'occupation japonaise du reste du pays. James Graham, jeune fils d'un industriel britannique, y vit une existence protégée et pleine d'aventures imaginaires. Mais l'attaque de Pearl Harbour marque la fin de cet état de grâce, et James se retrouve séparé de sa famille. Condamné au statut d'errant, il se retrouve finalement emprisonné dans un camp de prisonniers où il doit apprendre à survivre...

Christian Bale. Collection Christophe L.Quand on connaît l’indéniable talent de ce conteur d’histoire qu’est Steven Spielberg, comment peut-il être concevable que ce film très sérieux, bien que sublime (l’un n’empêche pas l’autre), fût néanmoins un échec commercial lors de sa sortie cinéma ?

Doté d’un budget de 38 millions de $, le film n’en rapporta qu’un peu plus de 22 sur le territoire américain pour son exploitation cinéma. Pour autant, et désormais une des œuvres majeures du cinéaste, Empire du soleil marqua un revirement dans la filmographie du réalisateur qui nous avait habitué auparavant à des films plus légers, emprunts de rêve, de magie et d’émerveillement. Si Spielberg fût involontairement en son temps le créateur du concept de blockbuster estival, ses films interpellaient par leurs côtés divertissement familial. Les dents de la mer, Rencontres du 3ème type, 1941, Les aventuriers de l’arche perdue, E.T., La quatrième dimension (2ème segment) et Le temple maudit…témoignaient tous plus ou moins d’une volonté farouche de divertir le spectateur. D’une manière si plaisante d’ailleurs qu’il devint un réalisateur incontournable de la machine à rêves d’Hollywood.

Fort de son succès, Spielberg se donna donc les moyens de changer quelque peu de style. Un revirement spirituel dans son désir de tourner autre chose.

Si son précédent film, La couleur pourpre traitait déjà d’un sujet difficile et polémique (une saga s’étalant sur 30 ans, de deux sœurs séparées dans l’Amérique noire du début du 20ème siècle), Empire du soleil est la troisième œuvre sur laquelle Spielberg ne créé plus lui-même son histoire, mais l’adapte à partir d’un roman.

Après Peter Benchley (excellent bouquin d’aventures pour l’époque) pour Les dents de la mer,John Malkovich et Christian Bale. Collection Christophe L. Alice Walker pour La couleur pourpre (Sorte de journal intime où le personnage écrit des lettres à Dieu) c’est au tour de James Graham Ballard (décédé en avril 2009) d’être adapté par le roi d’Hollywood.

Le pavé, en grande partie autobiographique, de l’écrivain anglais, riche en détail de toutes sortes, n’était, encore une fois pas facilement adaptable sur une courte durée (1h30/45 étant généralement la durée moyenne d’un film pour la patience du spectateur et la rentabilité des séances quotidiennes), mais c’était sans compter sur la pugnacité du cinéaste. A partir du moment où les droits du roman sont acquis, il tient à coller au plus près d’une histoire forte et qui recèle également tous les sujets de prédilections qui plaisent au cinéaste. L’enfance, la guerre…la première étant sacrifiée par la seconde.

Analyste sensible du monde contemporain qui l’entoure, Spielberg possède indéniablement cette force de tourner des plans d’une efficacité redoutable. A l’instar de David Lean (une référence pour Spielberg), il met le paquet sur le nombre de figurant et la reconstitution de décors pour nous livrer des plans de toute beauté, malgré la noirceur du propos. Le moindre petit geste, anodin en apparence sera magnifié en fin de film et amène inévitablement une émotion réelle. En exemple…lorsque le jeune Jim erre dans les rues de Shanghai, il est pris en main par un soldat américain (John Malkovitch) Ce dernier lui ausculte alors sa dentition, ses cheveux, ses vêtements…Jim semble être un enfant issu d’une classe bourgeoise et peut-être pourra-t-il en retirer un quelconque bénéfice. Alors que la guerre se termine, le jeune Jim se retrouve avec d’autres enfants perdus. Lorsque ses parents le retrouvent, ce dernier les a presque oubliés. Alors que sa mère se penche vers lui, Jim refera les mêmes gestes que l’américain. Il regardera les dents de sa mère (Nooon, il n’y a pas de jeu de mot, c’est un pur hasard), puis ses cheveux, ses vêtements, avant de la serrer enfin dans ses bras…

Collection Christophe L.Il sait également dénicher les acteurs qui feront passer l’émotion voulue. Que ce soit les tous jeunes Henry Thomas et Drew Barrymore dans E.T. où ici, le tout aussi jeune Christian Bale, il a ce don particulier d’être en osmose avec ses comédiens, et de lancer plus ou moins leurs carrières. Whoopy Goldberg, bien que plus âgée, lui doit à ce titre, énormément.

Tourner avec Spielberg devient donc un rêve pour pas mal de comédiens américains, tant le bonhomme s’échine à faire du vrai bon cinoche.

Reste cependant à passer le jugement du public…

Pas vraiment un film de guerre, mais plus un film sur la guerre, on est en effet loin des productions telles que Le jour le plus long, Un pont trop loin, ou encore La grande évasion…Pas de tapis de stars, pas d’héroïsme glorifiant la toute puissance de l’armée américaine…Spielberg préfère s’attarder sur les victimes collatérales de ces conflits, aujourd’hui connus de tous, du moins dans les grandes lignes.

Ici, le héros n’est pas un brave soldat, mais un enfant qui va essayer de survivre à quelque chose qu’il ne comprend pas et qu’il n’a pas voulu. Comme je l’ai déjà dit, ce n’est pas un film de guerre classique, le propos en est tout autre, et dans son récit, Spielberg montre la maladie, la mort, la promiscuité des prisonniers, et l’innocence bafouée d’un jeune garçon on ne peut plus attachant finalement.

Le récit est aussi profondément ancré dans la situation politique entre la Chine et le Japon d’alors. En tant qu’occidentaux, nous n’avons pas forcément toutes les cartes de la compréhension du conflit. Spielberg le sait, mais cela ajoute finalement au réalisme de la situation…en vivant aux côtés du jeune Jim, nous voyons la guerre avec ses yeux, son innocence,Collection Christophe L. son cœur. Nous sommes donc alors aussi perdus que lui. Si la situation géopolitique nous dépasse parfois, c’est l’humanité resplendissante du jeune garçon qui prédomine dans sa candeur touchante. D’ailleurs, à part les explosions dues aux bombardements alliés sur le camp de prisonniers, Spielberg ne montre que peu de chose de la guerre réelle. Même l’explosion de la bombe atomique n’est en fait que suggérée par une lumière vive. Il ne veut pas en mettre plein la vue comme le feraient d’autres films de guerre en mettant en scène des combats et une flopée d’explosions (il se rattrapera plus tard sur le Soldat Ryan), aussi se concentre-t-il sur la vie d’un camp de prisonniers et tous les petits business qui le structurent et le régissent.

Le jeune Jim va tout faire pour se rendre indispensable, courant de droite à gauche pour satisfaire le plus grand nombre.

C’est peut-être cela qui a dérouté le public de l’époque, s’attendant plus à une resucée du Pont de la rivière Kwaï, que la survie d’un enfant dans un monde adulte qu’il égratigne au passage. Que nenni, si David Lean reste un monument à lui tout seul, pas question pour Spielberg de faire quoi que ce soit qui ressemble à quelque chose qui a déjà été fait, même si c’est par une de ses références absolue. Ce qui ne l’empêche pas d’apprendre de ses maîtres. Hitchcock fut un professeur évident à la vision de Duel.

Christian Bale. Collection Christophe L.Il a appris de Lean, les plans larges et l’importance de la figuration pour des plans impressionnants de réalisme. Dans pratiquement tous ses films, il y a quelques plans avec des mouvements de foule. D’abord générale, la foule se rétrécit pour se focaliser sur un ou plusieurs personnages forts de son histoire, que suivra le cinéaste pour nous faire partager sa vie. Ou à l’inverse, on suit un personnage puis le plan s’élargit pour prendre conscience de la foule qui l’entoure. Une manière efficace de souligner la commune mesure des personnages, et le chemin tout tracé pour s’identifier à lui.

Les tics itératifs filmiques de Spielberg se font ici la part belle et servent donc merveilleusement un récit plein d’espoir, de courage et d’humanité.

Toujours accompagné musicalement par le très inspiré John Williams, la BO souligne les moments les plus forts, mais aussi les plus intimes et les plus tristes d’une tranche de vie qui ne laisse décidément, et comme toujours avec Spielberg, guère indifférent. 18/20

 
VOL 93

(United 93)

De Paul GREENGRASS

(USA/Angleterre/France – 2005)   

Genre : drame – 1h45

Date de sortie en France : 12 juillet 2006

11 septembre 2001. 4 avions sont détournés par des terroristes dans le but d'être crashés à New York et à Washington. 3 atteindrons leur cible, pas le vol 93.
En temps réel, les 90 minutes qui se sont écoulées entre le moment où l'appareil a été détourné et celui où il s'est écrasé après que ses passagers, mis au courant par téléphone portable des attaques contre le World Trade Center à New York, eurent décidé de se sacrifier pour éviter que l'appareil atteigne Washington.

Mars DistributionAlors que le huitième anniversaire de cette funeste tragédie d’un certain 11 septembre 2001 résonne aujourd’hui de sa huitième année, retour sur un des rares films cinéma qui en parle de manière détournée, car pas véritablement axé sur son symbole absolu qu’est le World Trade Center.

Sur un sujet toujours tabou…encore aujourd’hui où deux versions se confrontent (attaque terroriste contre complot gouvernemental), il n’était pas aisé de s’emparer d’un tel sujet, même après 4 ans qui sépare la production du film du drame qui a marqué le début de la décennie. Certains n’ont pas hésité à crier au scandale de voir Hollywood se rabaisser à exploiter une telle tragédie.

Mais on le sait désormais, une fois la douleur passée, le désir de rendre hommage à leurs « héros » est finalement plus fort.

Reste qu’à la vision du film, on ne peut s’empêcher tout de même de se demander si l’on assiste à un véritable film estampillé « histoire vraie », ou si c’est un film de propagande de plus pour valider la version officielle du gouvernement sur les attentats du 11 septembre 2001.

Beaucoup de cafouillages médiatiques provenant du gouvernement même sont là pour confirmer les mensonges éhontés d’un gouvernement assez puissant pour berner le monde entier.

En témoigne la tragédie de Pearl Harbor…l’autorité militaire était au courant de l’attaque japonaise, mais à laisser faire, transformant cette attaque en droit légitime de riposte, tout en testant leur premier largage de bombe atomique sur le sol japonais.

En témoigne également l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, dont la théorie de Jim Garrison démontera pièce par pièce le rapport de la toute sainte commission chargée d’établir la pseudo vérité sur le drame.

Que dire également de l’alunissage de la mission Apollo XI en 1969, et de ses nombreuses fuites qui désignent le film officiel comme une contrefaçon orchestrée par la Nasa elle-même avec l’aide de Kubrick, qui réalisa un an auparavant (2001 l’odyssée de l’espace) des séquences spectaculaires grâce au matériel de cette même Nasa.

En 2001, c’est donc au tour du World Trade Center d’être l’objet de toutes les questions les plus pertinentes. Si Oliver Stone a déjà fait un film sur le sujet, ce dernier ne réitère pas ce qu’il avait fait sur JFK et se contente de tourner un pathos pour le moins déplorable, à cent lieues de l’exploit JFK. Mieux vaudra alors, pour vraiment prendre conscience de l’ampleur de la tragédie, se tourner vers le fabuleux documentaire des frères Naudet (New York : 11 septembre), deux français filmant le stage d’un pompier à New-York lorsque survint la tragédie.Mars Distribution

Pour ce qui est du 11 septembre en lui-même, plusieurs versions se confrontent. Celle, officielle, d’une attaque terroriste orchestrée par Al-Qaïda et Ben Laden, et celle, plus subversive, bien que troublante au plus haut point, d’une mise en scène gouvernementale servant de légitimité aux yeux du monde entier, pour envahir ensuite l’Irak  et détruire ses armes de destruction massive, encore introuvables à ce jour (mention spéciale à Colin Powell et sa fiole « terrifiante »).

Il est vrai que beaucoup de faits sont discutables, et ont fait l’objet de nombreux documentaires (voir le plus que troublant Loose change – Facing the evidence et Loose change 2)…parmi ces faits…la difficulté énorme (bien que possible pour des pilotes confirmés) de viser une tour par des apprentis pilotes, qui tendra à suggérer un système de guidage laser, l’impossibilité technique de l’effondrement des tours malgré la chaleur infernale générée par l’incendie de kérosène, de nombreux témoignages relatant des explosions multiples ressemblant à une destruction par explosifs comme le font ceux qui détruisent des bâtiments de toutes sortes,  l’absence totale de photos sur l’attaque du Pentagone, endroit pourtant surveillé par près d’une centaine de caméras, le diamètre du trou dans le mur d’enceinte qui ne correspond aucunement avec la taille d’un avion, sans compter la présence d’une ou deux pièces métalliques seulement, parfaitement propres de surcroît, et censées appartenir à cet avion, et pour finir aucun débris humain ou de l’appareil de ce désormais fameux vol 93…puis pleins d’autres petites choses dont on pourrait débattre pendant des heures…

Mars DistributionBref, avant que cet article ne soit l’objet de toutes les réactions fiévreuses, passons sur le côté légende de la tragédie pour se focaliser sur le film lui-même. Après tout ce blog est avant tout un espace de partage essentiellement dédié au cinéma, alors…

Le film, après visionnage, se veut donc plus un hommage, qu’un véritable désir d’engranger des sommes faramineuses sur une quelconque histoire vraie. Il faut dire que le projet était somme toute assez risqué…il n’était pas évident que les américains soient près à l’époque pour revivre cette tragédie, encore alors bien présente dans les pensées. Aucune rumeur n’a d’ailleurs filtré sur ce tournage pour éviter toute pression médiatique. Il semble que ce soit un coup réussi car le film et son réalisateur-scénariste récoltent nombre de distinctions en tous genres.

Le réalisateur, Paul Greengrass s’attèle donc alors à l’écriture d’un scénar retraçant les derniers instants des passagers du vol 93, dont la cible, pour rappel, était la Maison Blanche. Force est de constater que Greengrass confirme son talent de mise en scène. Si la caméra à l’épaule, tellement désagréable car trop tremblante sur d’autres films, est ici le seul moyen utilisé, le résultat est des plus efficaces, et cette dernière permet des plans au plus près des passagers, notamment dans la séquence de révolte finale, qui fera, semble-t-il échouer les sombres desseins des terroristes.

La tension est progressive, dans une mise en scène sobre mais prenante, à l’instar de la musique (John Powell) qui l’accompagne. Le film évite ainsi tout mélo maladroit, tout en restant prenant de bout en bout, en alternant séquences de contrôles aériens, préparatifs des terroristes (sur lesquels s’ouvre le film d’ailleurs), puis du cafouillage militaire qui s’en suivra.

Si les prises d’otages et les détournements d’avion sont aujourd’hui légion dans le cinéma, ce Vol 93 restera à mes yeux un des plus réussis, avec celui de Delta Force (dans un registre différent et en occultant bien sûr les séquences baston de Chuck Norris), en utilisant au mieux un montage inspiré qui évite beaucoup de maladresses.

Loin de s’attarder sur les conversations téléphoniques larmoyantes ou l’incompétence desAffiche américaine. Universal Pictures différents services de l’état, le film nous pose en spectateur d’une tragédie annoncée, mais réellement prenante…à un point tel que, malgré notre connaissance des faits et de l’issue fatale de ceux-ci, on espère presque que les passagers vont pouvoir s’en sortir face au dilettantisme des terroristes, en tentant une ultime révolte, violente, parfaitement filmée par un réalisateur décidément troublant dans tout ce qu’il filme. Les Jason Bourne sont là pour témoigner de l’efficacité de sa mise en scène (voir également  l’excellent Bloody Sunday sur la confrontation entre catholiques et protestants irlandais, qui fit 13 morts en 1972).

Si l’on met donc de côté le mystère qui plane sur cette tragédie, bien réelle malheureusement, le film se veut un vrai moment fort de cinéma. Le style de Greengrass, que l’on reconnaît facilement par son côté réaliste, fait de ce film, au-delà de toute considération subversive liée à la tragédie, un drame humain fort et poignant qui évite les ficelles larmoyantes du genre. Une vraie réussite qui se rapproche du documentaire en faisant tourner de parfaits inconnus pour plus de réalisme encore. Seule ombre au tableau…la post synchro. Très moyenne, on préfèrera alors la VO si possible. Reste un film qui n’est en aucun cas une perte de temps, et ça, c’est déjà énorme. 15/20

Plus d'infos sur ce film

 
Vol 93 - ma note pour ce film :

Année de production : 2005
ROCKY IV

de Sylvester STALLONE

(Etats-Unis / 1985)

genre : drame sportif / 1h30

Apollo Creed, ancien adversaire et dorénavant ami de Rocky Balboa, est tué sur le ring par le boxeur russe Ivan Drago. Se reprochant de n'avoir pu sauver son camarade à temps, Rocky va demander un combat contre Ivan Drago afin de le venger. Une confrontation qui se déroulera sur le sol russe.

On ne va pas y aller par quatre chemins…ce quatrième volet est on ne peut plus installé dans une franchise devenue, avec ce volet, plus que commerciale. Assurément le moins réussi de la saga, tout transpire la précipitation et l’opportunisme…Nous voici donc ici, en plein milieu des années 80 sous l’ère de l’ex acteur Ronald Reagan et du président russe Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev. A cette époque, la méfiance entre les deux pays est au plus haut, les actes d’espionnages tant industriels qu’économiques (dans les années 80, malgré une brillante incursion dans le domaine technologique des années 60, l’URSS est en retard sur tous les points, sauf en armement nucléaire, et se retrouve loin derrière les USA, la Chine et le Japon) sont légions et les tensions politiques entre les deux plus grandes puissances militaires sont palpables sur tout le globe, à tel point que tout le monde redoute une 3ème guerre mondiale.

 

Gorbatchev nouvellement nommé (et avec lui tout le gouvernement soviétique) se voit contraint de lâcher du lest en négociant un traité de réduction des armes nucléaires afin d’apaiser les tensions et de remettre à plat les nombreuses accusations d’espionnage. La méfiance communiste a donc laissé des traces, et ce, depuis les années 50 avec la fameuse chasse aux cocos du sénateur McCarthy. Cette guerre froide comme on l’appelait à l’époque se réglait donc plus sur le terrain à grand coup d’opérations secrètes à grand renfort d’agents secrets (simple…voire double).

On retrouve des traces de cette guerre froide dans le cinéma (Rocky 4 donc, mais aussi Double détente avec Schwarzy par exemple) et même dans la chanson (Ultravox avec le clip vidéo de Dancing with tears in my eyes sur fond d’holocauste nucléaire…ou encore Sting avec le très connu Russians où il déclamait I hope that russians loves their children tooJ’espère que les russes aiment aussi leurs enfants...)

Petite parenthèse historique pour se remettre dans le contexte de l’époque et bien comprendre le pourquoi d’un tel film.

En effet, si auparavant, Rocky se contentait d’être un héros américain « ordinaire » malgré son statut de sportif populaire, le voici propulsé tout simplement comme sauveur de l’Amérique bien pensante alors en guerre (froide) contre les méchants communistes russes. C’est donc la première fois dans la saga que la politique se mêle au récit de ce personnage. Pas ouvertement bien sûr, Sylvester Stallone, toujours à l’écriture et à la réalisation, se sert de la méfiance commune entre les deux plus grands pays d’alors pour construire un récit qui recolle à l’esprit des trois premiers films. On reste donc dans l’esprit sportif de la boxe. Cependant, c’est la rivalité technologique qui prédomine ici. A l’instar de la conquête spatiale qui opposait déjà russes et américains (premier homme dans l’espace pour les russes / premier homme sur la Lune pour les américains), Rocky va se confronter au champion russe Ivan Drago, plus qu’impressionnant par sa taille et sa puissance musculaire. Ce dernier est en effet un pur produit de la science et de la technologie…encadré par des médecins et des spécialistes en machineries en tous genres, le champion russe ne brille que par les résultats obtenus grâce à toutes ces machines. Face à lui, Rocky fait donc office d’artisan qui lui, va fonctionner avec le cœur et le courage, des qualités qu’on lui connaît désormais et que l’on ne peut nier. On retrouve également toutes les caractéristiques des personnages secondaires…Paulie, toujours prompt à sortir des phrases à valeur humoristique (ici, à la limite de la lourdeur).

 

Devant le succès de Rocky suite au combat avec Lang (Mister T), tout va pour le mieux pour le champion, et son succès n’en est que plus évident aux yeux du peuple américain qui le considère plus que jamais comme son héros absolu.

En parallèle, les russes qui tentent de se faire accepter comme ils peuvent, y compris dans le sport (n’oublions pas tous les gymnastes et sportifs olympiques qui ne manquent pas de rafler des médailles aux JO) proposent tout simplement au champion de boxe de se mesurer à leur héros russe, le terrible et invaincu Ivan Draco.

C’est ainsi que l’on retrouve Apollo Creed et sa flamboyante exubérance. Stallone, qui a bien remarqué que la mort de Mickey dans le précédent épisode, avait marqué le public, ne peut s’empêcher de réitérer ici l’expérience. C’est somme toute, le point de départ véritable de l’histoire de ce quatrième volet.

Cette fois-ci, c’est donc Creed qui va faire les frais de la proposition russe. De sa propre décision, Creed convainc Rocky de le laisser combattre ce soi-disant champion. C’est également l’occasion pour lui de revenir sur le devant de la scène et de faire le fanfaron, certain qu’il est de remettre à sa place ce pseudo boxeur venu du froid.

Par amitié et surtout en remerciement de ce que Creed a fait pour lui dans le précédent combat, Rocky accepte donc de lui laisser le ring, les flashs, la foule…et le show. Pour ce faire, il invite carrément James Brown pour chanter un de ses titres emblématiques d’alors…Living in America. Creed se transforme en oncle Sam, tout habillé de bleu, blanc, rouge et d’étoiles blanches, tandis que Drago se demande s’il n’est pas tombé dans un asile de fous.

Malheureusement pour Creed, le spectacle va vite tourner court. Draco se révèle pas si manchot que ça et compense un manque de technique et de souplesse par une puissance hors du commun qui inflige à celui qui prend les coups de sérieux dommages aux conséquences désastreuses. Sans compter que lui aussi sait encaisser sans broncher les tentatives dérisoires d’un Creed soudainement plus si fanfaron que cela.

Alors que Creed est déjà bien amoché, il demande, quoi qu’il arrive à Rocky de ne pas interrompre le match. Mais les coups sont de plus en plus durs, et quand Rocky jette l’éponge, Creed n’est déjà plus de ce monde. Il s’écroule, secoué de soubresauts, alors que tout le monde assiste à un mouvement de panique.

Après un enterrement emprunt d’émotion pour Rocky, ce dernier, durant une conférence de presse, annonce officiellement qu’un combat aura lieu contre Drago…Pas d’argent à gagner, même pas un match officiel reconnu par la fédération, Rocky veut juste une revanche. Parce que Drago est sujet à des menaces de mort après ce que d’aucuns jugent comme un assassinat sur le ring, les soviétiques acceptent ce match à la seule condition que celui-ci se fasse chez eux. Alors que personne ne semble comprendre, Rocky est plus que déterminé. Même Adrian, qui essaie tant bien que mal de raisonner son mari ne peut arriver à le faire changer d’avis.

Rocky part faire un tour en voiture et la séquence nous montre des images des trois premiers films, des débuts de sa carrière, sa rencontre avec Adrian, ses matchs contre Creed et Lang, pour finir par la mort de Creed sous les coups de Drago.

Le lendemain, Rocky discute avec son fils avant de partir avec Paulie et l’ex-entraîneur d’Apollo, tout en jetant un dernier regard à sa femme, distante, pas vraiment en phase avec une décision qu’elle voit d’un mauvais œil, et qu’elle a bien du mal à comprendre finalement.

Alors que Paulie pensait atterrir dans un somptueux palace, c’est dans les plaines glacées de Sibérie que Rocky choisit de s’exiler pour son entraînement.

En lieu et place de palais, c’est une cabane isolée et la campagne alentour, recouverte de neige, qui servira de camp d’entraînement, tout en étant, toutefois, flanqué de deux sbires gouvernementaux.

Commence alors l’entraînement des deux athlètes…

 

Alternant celui de Rocky et de Drago, les plans passent de l’un à l’autre pour souligner la différence de style, malgré des exercices identiques d’entraînements toujours plus rudes…Quand Drago soulève des haltères, Rocky soulève des pierres, quand le ruskoff court sur une piste intérieure bardée de technologie, l’étalon court dans les champs avec de la neige qui lui arrive jusqu’aux genoux, quand le géant martyrise ses sparring-partners, l’artisan bûcheronne, faisant tomber à terre des arbres immenses…

Si la séquence possède un goût de déjà-vu, Stallone reste donc dans ce qu’il connaît désormais le mieux, et pour clore la séquence, il a la bonne surprise de voir Adrian le rejoindre, et de se ranger une fois de plus de son côté.

Quand arrive enfin l’heure du match, Rocky peut ressentir ce que Drago avait vécu sur le sol américain, avec une foule qui scande le nom de son héros et qui hue violemment son adversaire. On est également loin des fanfaronnades de Creed, et la présentation du match est emprunte d’une rigueur absolue qui reflète l’état d’esprit du gouvernement soviétique, et avec lui, de la nation toute entière.

Dès le début du match, Drago a visiblement gagné en technique, malgré des mouvements encore un peu gauches. Rocky va même au tapis. Après un premier round en faveur du géant, le second est plus celui de l’observation, de l’étude du style et des mouvements de son adversaire. Rocky, à force de patience, réussit même là où les autres avaient échoué…faire saigner celui qui se fait appeler le grizzly de Sibérie.

Drago commence à comprendre que cet adversaire va lui donner du fil à retordre, un fil bien plus solide qu’il n’y paraît puisque Rocky encaisse les coups puissants, enchaîne les rounds, tombe, se relève, subit, provoque…survit finalement devant un adversaire déterminé à gagner, non seulement le match mais aussi les honneurs de la nation et de son peuple.

Ce qui n’est gagné pour Drago…En cours de match, devant le courage et la volonté d’un Rocky plus que malmené, le public commence à reconnaître l’athlète américain comme un adversaire de grande valeur.

 

Le nom de Rocky commence à parcourir la foule, ce qui ne manque pas d’irriter les autorités politiques présentes au match.

Le dernier round est donc la dernière chance pour chacun des boxeurs de faire la différence. Alors que la tension est à son comble pour le gouvernement et le champion russe, ce dernier perd tous ses moyens, et son manque de concentration profitera à Rocky qui mettra à terre le géant. Compte à rebours fatidique et salvateur, Rocky est déclaré vainqueur, au grand dam du gouvernement qui se voit contraint de reconnaître sa défaite et la valeur du champion américain.

Après les effusions de joie, Rocky prend finalement le micro pour faire un discours démago au possible sur le changement. Celui du monde qui nous entoure, mais aussi le changement nécessaire aux hommes pour pouvoir vivre ensemble sur notre bonne vieille Terre.

Ainsi donc se clôture le quatrième volet des aventures du boxeur au grand cœur, dans un épisode assez maladroit en comparaison des précédents. Si le match en lui-même reste prenant et rythmé, le reste part légèrement en eau de boudin…Même les maquillages ne sont pas à la hauteur…Alors que Rocky vient d’affronter son pire adversaire, bien plus puissant que Lang et Creed, il est à peine amoché, bien moins en tous cas que son premier match avec Creed où l’on pouvait à peine distinguer son regard tant les boursouflures de son visage étaient impressionnantes.

 

En bref, et vous l’aurez compris, cet épisode est loin d’avoir les qualités narratives et filmiques de ses prédécesseurs, et marque un déclin dans l’intérêt que l’on peut porter au personnage même.

Reste à savoir si c’est une simple faute de parcours, où si la suite relèvera un niveau qui en a pris un sacré coup avec cette escapade russe. Si on ne peut mettre en doute la sincérité et l’implication de Stallone, ses séances d’entraînement sont loin d’être négligeables et sont mêmes plus impressionnantes qu’avant, il se dégage donc de ce film quelque chose de très mitigé, partagé entre l’attachement au personnage et le côté commercial on ne peut plus présent d’une franchise dont on se demande si ce n’est pas le début de la fin, en criant démesurément son dessin vénal, au détriment d’une histoire et d’une profondeur psychologique des personnages proprement laissées dans le vestiaire du champion. 12/20

A suivre...Rocky V.

 

Plus d'infos sur ce film
 
Rocky IV - ma note pour ce film :
Réalisé par Sylvester Stallone
Avec Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, ...
Année de production : 1985
REDBELT

de David MAMET

(Etats-Unis / 2008)

genre : drame / arts martiaux

date de sortie : Direct to video / 1h35

Mike Terry, un professeur de Jui Jitsu, accablé par les dettes et la malchance, se voit contraint, suite à un enchaînement de situations malsaines, de participer à un tournoi d'arts martiaux, dont il va découvrir les rouages mafieux.

Chiwetel Ejiofor. Sony Pictures ClassicsEssentiellement connu pour les scénars du Facteur sonne toujours deux fois, Le verdict, Les incorruptibles, Nous ne sommes pas des anges, A couteaux tirés, Ronin, Braquages ou Hannibal pour les plus connus, David Mamet réalise également une douzaine de films qui n’auront cependant pas le succès de ceux pour lesquels il se contente d’écrire. Néanmoins il se taille une réputation qui lui permet de tourner à peu près ce qu’il veut. Dont ce Redbelt

Si les films d’arts martiaux furent à une époque une mode cinématographique essentiellement dominée par Bruce Lee, puis plus tard par Jacky Chan ou encore Van Damme (Jean-Claude…pas le gâteau de papy Brossard  ), le genre s’est finalement éteint pour cause de redondance scénaristique…Le gentil combattant à l’honneur sans tâche face aux méchants qui kidnappent ou tuent la famille du héros-qui-n’avait-rien-demandé-p’tain-on peut pas rester tranquille 5 minutes-merde-je m’excuse !!! Pfffff….

David Mamet, et c’est courageux de sa part, tente donc ici de faire un revival du genre, enChiwetel Ejiofor. Sony Pictures Classics tournant une énième histoire d’un professeur de Jui-chid-su (désolé…à chaque fois je ne résiste pas  ), un homme foncièrement bon (Chewitel Ejiofor) qui n’a de cesse de faire le bien autour de lui, et qui va se faire méchamment entuber par un acteur limite has-been (Tim Allen), son agent qui porte son appartenance à la mafia sur son visage (Joe Mantegna), un tenancier de bar plutôt louche (Rodrigo Santoro), un usurier qui n’a pas du tout la tête de l’emploi (David Paymer), une femme pas si loyale qu’elle n’y paraît (Alice Braga) et tout un cortège de personnages secondaires (dont un magicien, une avocate et des vrais combattants de la scène martiale) survolés par un satellite en fin de carrière.

Chiwetel Ejiofor et Alice Braga. Sony Pictures ClassicsSi l’on ne peut nier la sincérité de l’auteur quant à la démarche filmique (il est lui-même un adepte pratiquant du Jui Jitsu), on pourra en toute légitimité émettre quelques réserves sur le scénar et la réalisation. Bourré de clichés et de maladresses, le scénario, s’il tente de faire revivre le genre, n’est en rien novateur et se perd dans des hommages assumés par un cinéaste qui cultive, à l’instar de Terrence Malick, l’adage « Pour vivre heureux, vivons cachés ». En effet, Mamet n’est pas un bosseur acharné et sa productivité cinématographique aura bien du mal à rivaliser avec les plus grands.

Quant à la réalisation, le tout manque singulièrement de rythme, surtout dans le montage des scènes de combats, par ailleurs loin d’être impressionnantes.

Certains personnages, pourtant importants, sont à peine exploités, et la trame scénaristique est on ne peut plus hasardeuse et bâclée.

Ne soyons pas totalement négatif sur ce film. Puisque Chewitel Ejiofor (SerenityInside man) porte le film sur ses épaules musclées, et s’il est plutôt mal dirigé sur cette œuvre, laisse transparaître un potentiel certain…Avec le temps et de meilleurs choix de carrière, il se pourrait qu’un jour, il devienne l’acteur black du moment, capable de se tenir fièrement aux côtés des stars d’aujourd’hui. Il y a chez lui un petit côté Larry Fishburne avec un brin de Denzel Washington (avec qui il a déjà tourné d’ailleurs) Sans compter qu’il montre son aisance aussiChiwetel Ejiofor, Jose Pablo Cantillo et Max Martini. Sony Pictures Classics bien dans les scènes dramatiques que dans les scènes d’action musclées.

Ainsi donc, si le retour à l’écriture de Mamet, doublé de sa présence derrière la caméra semblait prometteuse, c’est bel et bien une demi-surprise que cette ceinture rouge qui a perdu ses couleur au lavage, et qui semble finalement bien terne.

Certaines scènes et idées sont intéressantes, mais ne sont pas exploitées comme elles le devraient, ce qui fait de ce film une série B sans grande originalité, qu’on oubliera bien vite tant la déception domine l’ensemble. 10/20

 
JOHNNY MAD DOG

TFM Distribution

de Jean-Stéphane SAUVAIRE

(France/Angleterre - 2007)  

genre : drame / documentaire - 1h35

date de sortie 26/11/2008

Afrique...Libéria...
Johnny, 15 ans, enfant-soldat aux allures de rappeur, armé jusqu'aux dents, est habité par le chien méchant qu'il veut devenir.
Avec son petit commando, No Good Advice, Small Devil et Young Major, il vole, pille et abat tout ce qui croise sa route. Des adolescents abreuvés d'imageries hollywoodiennes et d'information travestie qui jouent à la guerre...
Laokolé, seize ans, poussant son père infirme dans une brouette branlante, tâchant de s'inventer l'avenir radieux que sa scolarité brillante lui promettait, s'efforce de fuir sa ville livrée aux milices d'enfants soldats, avec son petit frère Fofo, 8 ans.
Tandis que Johnny avance, Laokolé fuit...
Des enfances abrégées, une Afrique ravagée par des guerres absurdes, un peuple qui tente malgré tout de survivre et de sauvegarder sa part d'humanité.

TFM DistributionSur le sujet douloureux des enfants soldats d’une Afrique martyrisée par des années de guerres civiles et de luttes intestines, le film est une plongée sans concession, et plutôt violente au cœur d’un groupuscule de rebelles, dont le plus âgé ne doit pas avoir 15 ans. Du recrutement par la force et l’intimidation de ces enfants (8 à 10 ans) lors de raids dans des villages pauvres et isolés, à la formation militaire qui commence par l’exécution sommaire de leurs parents, le film passe au crible tous les méfaits commis par ces bandes de gosses. Motivés par l’appât du gain, drogués la plupart du temps à la cocaïne, il est presque choquant de voir ces gamins jouer aux adultes avant l’heure. Ce qui l’est assurément, c’est le sacrifice volontaire d’une enfance, d’une jeunesse, toutes deux sacrifiées pour les besoins de guerres civiles menées par des seigneurs de guerre qui ne valent finalement guère mieux que les dirigeants qu’ils combattent.

Des causes, des idéologies, qui sont prodiguées à des enfants influençables, totalement malléables à des discours politiques, la plupart du temps illusoires et mensongers, et qui les dépassent complètement.

Cocaïnés, endoctrinés, quand vient l’heure du combat, les adultes vont jusqu’à tirer avec desTFM Distribution balles à blanc sur ces gosses pour les convaincre qu’ils sont invincibles, ou plus tard, à balles réelles sur celui qui aura le malheur de refuser d’aller au combat.

Une façon de faire que l’on retrouve dans toutes les guerres de tous les pays du monde, et que l’on pourrait comparer au prosélytisme religieux des fanatiques musulmans, la rigueur extrême des japonais pendant la guerre du Pacifique, ou celle, patriotique, des soviétiques pendant la seconde guerre mondiale.

Le film est certes loin d’être un chef-d’œuvre du genre. Il n’a d’ailleurs certainement pas été tourné pour en devenir un. Si l’on retrouve Mathieu Kassovitz à la production, c’est plus un amateurisme total qui transparaît sur cette œuvre qui se rapproche plus du documentaire que de la fiction ciné. Les acteurs, à n’en pas douter, sont des non professionnels, et la simplicité de la réalisation (caméra à l’épaule la plupart du temps) font plus de ce film un simple témoignage exempt d’une quelconque leçon politique. Le film n’apporte pas non plus de solution à ce TFM Distributionproblème. La caméra est juste là pour témoigner de ce qui se passe, et les jeunes acteurs et actrices, sont pour la plupart appliqués, nous offrant des regards parfois profonds, brouillés de larmes et d’incompréhension. Impliqués aussi, car pour son premier film en tant que réalisateur, Jean-Stephane Sauvaire s’octroie la participation d’anciens enfants soldats, ayant réellement combattu pour le pays. C’est donc un peu leur histoire qu’ils nous font partager.

Certains pourront également critiquer le fait d’avoir mis dans le film une petite histoire d’amour. Cette amourette peut sembler en effet compromettre le postulat de départ, mais finalement le renforce et donne même de l’espoir quant à une fin éventuelle de ces pratiques ignobles. Si cela peut paraître naïf, puéril, et un brin idéaliste….l’amour à néanmoins le pouvoir d’ouvrir les yeux sombres et aveugles de ce Johnny chien méchant, et de lui rendre une humanité qu’on lui a forcé à oublier.

S’il manque de la technique et du savoir faire, l’émotion est néanmoins palpable, cette dernièreTFM Distribution passablement amoindrie par une post synchro déplorable. Si possible donc, à voir en VO.

Loin des œuvres structurées US, estampillées « based on a true story », et calibrées pour un public ignorant, ce Johnny Mad Dog se démarque donc de l’émotion calculée, et nous livre une vision brute d’une guerre civile comme il en existe tant.

La musique, excepté les chants tribaux, est quasi absente, et nous rapproche un peu plus du documentaire réel. Alternances de scènes de pillages, viols, et meurtres, avec celles de civils assommés de violence aveugle transportant les blessés comme ils le peuvent ou enterrant leurs morts seuls et démunis, ce film ne fait donc pas dans la dentelle. Réalisé avec le soutien de nombreuses ONG et des gouvernements français et du Liberia où a été tourné le film, vous pourrez voir au générique de fin les véritables photographies de ces enfants soldats, dont s’est inspiré le réalisateur. Prises entre 1990 et 2003, le photographe Patrick Robert (Reporter Sans Frontières) à pris de nombreux clichés témoignant de ce problème à peine effleuré dans Blood diamond ou Lord of war par exemple.

 

 Patrick Robert (Reporters sans frontières)

  

On y voit l’inconscience d’une jeunesse bafouée par des illusions de pouvoir et d’argent, et même des jeunes filles, elles aussi enrôlées de force comme combattantes, ou pire, comme esclaves sexuelles.

Ainsi donc, même si l’amateurisme des comédiens, les maladresses d’un premier film, ne font pas de ce film un exemple du genre, il a au moins le mérite d’exister et de montrer d’une manière peu TFM Distributionorthodoxe, cette tragédie qui perdure dans notre monde actuel, censé être civilisé.

Au-delà de tous ces défauts qui font que Johnny Mad Dog ne sera jamais un grand film, il l’est pourtant, car il ose montrer des tabous longtemps ignorés. Il ne faut donc pas prendre ce film comme une œuvre classique, mais s’y plonger avec l’assurance d’en ressortir changé, même s’il nous est impossible à notre niveau de faire quoi que ce soit pour y remédier. Mais le simple fait de le regarder, et d'y réfléchir, tend à prouver que nous ne sommes pas si insensibles au problème. Et ça…c’est déjà un progrès considérable. 18/20

 

 

Plus d'infos sur ce film
 
Johnny Mad Dog - ma note pour ce film :
Réalisé par Jean-Stéphane Sauvaire
Avec Christopher Minie, Daisy Victoria Vandy, Dagbeh Tweh, ...
Année de production : 2007
INDIANA JONES...La saga de toute une génération

(Raiders of the lost ark)

(Indiana Jones and the temple of doom)

(Indiana Jones and the last crusade)

(Indiana jones and the kingdom of the crystal skull)

de Steven SPIELBERG

(Etats-Unis - 1981/1984/1989/2008)

genre : aventures / 1h50 / 1h55 / 2h / 2h

Paramount PicturesEn 1981, le tandem Spielberg/Lucas accouche d’un projet de film qui pose les jalons d’un genre nouveau, qui sera par la suite maintes fois copié. La comédie d’aventure. Le héros, sombre archéologue, un brun bagarreur, séducteur et macho, va devenir l’icône de toute une génération de cinéphile. La recette de ce succès…le mélange des genres. Une touche d’humour, beaucoup d’aventure, de l’action, des poursuites, des bagarres, quelques effets spéciaux, de nombreux décors et pays, une lutte manichéenne contre l’armée nazie d’Hitler, et un mythe légendaire…l’arche d’alliance. Ce coffre précieux qui renfermerait selon la légende, les reliques des tables sacrées de la loi de Dieu, les dix commandements dictés à Moïse sur le Mont Sinaï. Georges Lucas est au scénario et à la production, Steven Spielberg s’occupe du reste. Pour ce premier volet, les deux hommes concoctent un savant mélange d’histoire, et de légende. Il est en effet connu qu’Hitler avait une passion pour les sciences occultes et envoyait de par le monde des groupes de recherches afin d’acquérir des reliques ancestrales. En mêlant ce fait à la culture juive, que connaît bien Spielberg, l’histoire prend forme et le film devient un véritable succès critique et public, ce qui ne manquera pas bien sûr de générer des suites cinématographiques, et de nombreux produits dérivés.

 3 ans plus tard, en 1984, une suite est donc tournée. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, les protagonistes principaux seront les mêmes. Lucas est toujours à l’écriture, Spielberg réalise, Ford joue, et les ingrédients qui avaient fait le succès de la recette sont donc ici repris en changeant toutefois quelques petites choses. De nouveaux personnages font leur apparition…une chanteuse de cabaret, un gamin orphelin, un méchant chinois qui jure la perte de l’archéologue, mais surtout une secte effroyable qui terrifie les habitants d’un village indien. Mais cette fois-ci, le public a plus de mal à digérer le mélange. En cause, de nombreuses scènes très violentes et une noirceur du récit qui contraste violemment avec le premier opus. Il faut dire que Lucas semble être un spécialiste des seconds volets plus sombres…sur l’épopée Star Wars, L’empire contre-attaque faisait montre du même symptôme d’écriture. Même si le film possède beaucoup d’humour, plus encore je pense que dans le premier volet, le public ne retiendra que les côtés négatifs et répugnants de certaines scènes…le fameux dîner avec le jeune maharadja (Serpent surprise, soupe d’yeux et cervelle de singe en sorbet), les couloirs souterrains jonchés d’insectes et de squelettes humains, ou encore la désormais très célèbre et morbide scène du cœur arraché durant un sacrifice humain à Khali la déesse de la mort. Même John Williams dans sa BO, colle aux images et nous livre une partition sombre mais des plus efficaces. Mais la messe est dite…le public, visiblement incommodé par les nombreuses scènes assez sombres du film, ne fera pas autant d’acclamations et de louanges, que pour le premier volet.

Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.frCe qui est fait est fait. Mais Spielberg et Lucas, tous deux emprunts d’un pragmatisme absolu, ont retenu la leçon. La fin des années 80 voit donc le retour aux sources d’un cinéma plus léger, aux antipodes du voyage cauchemardesque des provinces reculées de l’Inde.

1989, le trio Lucas/Spielberg/Ford revient en grande pompes avec un nouvel opus qui se veut plus attrayant pour le public. Cette fois-ci, ils reviennent sur la recette originale, en réhabilitant plusieurs personnages du premier film d’une part (le retour de Marcus Brody et de Sallah) mais aussi avec la présence d’un acteur qui se fait de plus en plus rare à l’époque…Sean Connery. L’annonce de sa présence sur le tournage crée un buzz monumental et Spielberg rassure en déclarant qu’il a bien compris le message. Il reprend donc une autre relique sacrée faisant office de légende, le Graal, la coupe qui recueilli le sang de Jésus durant sa crucifixion par les romains. Et l’on retrouve également les nazis, qui en seront cette fois-ci après le professeur Jones sénior, véritable spécialiste du Graal, ce dernier y ayant consacré toute sa vie, au détriment même de sa famille et surtout de son fiston Henri Jones Junior.

Force est d’avouer que le scénario, à la fois tendre et drôle, est une petite merveille d’écriture et pour ce troisième volet nous offre l’opportunité de connaître l’enfance d’Indy, ainsi que les révélations de quelques secrets concernant une certaine cicatrice, et son aversion des serpents…sans compter la présence d’un père irrésistiblement drôle, attachant et cavaleur. Le film passe en revue pratiquement tous les transports connus à cette époque…train, voiture, moto, camion, cheval, avion, bateau…et même un Zeppelin.

Pari gagné cette fois-ci. Nouveau plébiscite…nouveau jackpot. La présence du monstre sacré, ex James Bond n’est certes pas étrangère au succès du film.

Et puis c’est un long silence qui s’installe. Si à la fin de La dernière croisade, Spielberg octroyaitHarrison Ford et Sean Connery. Paramount Pictures la vie éternelle à son personnage en le faisant boire à la coupe sacrée, sous-entendant que le mythe appartenait désormais à l’histoire, le public n’a eu de cesse de réclamer une suite aux aventures du célèbre archéologue. Il y eut bien une tentative quelques années plus tard…Spielberg ayant recontacté Connery pour filmer une autre suite, mais ce dernier avait déjà pris sa décision de se retirer du monde du cinéma. Denholm Elliott quant à lui décéda en 1992, ce qui laissa peu de chances pour qu’un nouvel opus voie le jour.

Et puis….

Il y a quelques années, plusieurs rumeurs ont commencé à circuler sur la possibilité d’un nouveau tournage. D’abord démenties, car plannings des divers protagonistes trop chargés, l’idée a malgré tout fait son chemin. Et si les premières rumeurs se sont tues assez vite, d’autres ont bientôt pris le relais, plus persistantes, plus crédibles aussi, sur un autre épisode de l’archéologue. De l’aveu de Spielberg, c’est Harrison Ford lui-même qui relance le débat, devant les demandes incessantes du public.

Il aura donc fallu attendre 19 ans pour voir à nouveau sur grand écran un nouvel épisode de la saga Jones.

Qu’en est-il réellement ?

Paramount Pictures FranceQuand l'attente est trop longue, on espère d'un film qu'il soit donc à la hauteur de l'attente, ce qui n'est pas vraiment le cas ici. Le film aurait dû être fait il y a une dizaine d'année, quand le duo Lucas/Spielberg pouvait encore créer de lui-même sans être influencé par les demandes toujours plus nombreuses de fans demandant une suite aux aventures de l'archéologue au chapeau.

Il semble en effet que le projet entier ne soit pas véritablement et profondément désiré par ses pères, et n'existe finalement que pour satisfaire une demande excessive de fans en manque. Lucas n’est d’ailleurs plus présent à l’écriture du scénario, déléguant cette tâche à David Koepp, se contentant cette fois-ci de rester à la production et de gérer les produits dérivés…ce qu’il fait merveilleusement bien depuis plus de 30 ans sur la saga Star Wars…Sur le coup, ça fait du bien d'avoir sa dose, mais avec du recul, on peut légitimement  se demander...est-ce que ça valait le coup finalement ?

Si le talent et le professionnalisme de Spielberg ne sont plus à prouver depuis 30 ans, il est tout à fait étonnant de voir ce dernier s'emmêler les pinceaux avec un scénar qui semble bâcler, et surtout des effets spéciaux qui ne tiennent absolument pas la route tant ils sont trop visibles parfois. Il nous avait habitués à mieux avec A.I. et Minority Report. Le duo Spielberg/Lucas aurait donc gagné à rester dans la simplicité des autres volets, même si cela fait plaisir de revoir Marion Ravenwood. Puisque Denholm Elliott n'est plus, cette dernière redonne certes un goût de sentimentalisme, et une pointe de nostalgie compréhensible qui peut ravir les fans, mais elle est devenue (son personnage du moins) un peu trop allumée. En comparaison, Willie Scott, qu'incarnait la future Mme Spielberg Kate Capshaw, était à ce titre bien plus crédible et naturelle. Quant au fiston, si l’idée est certes logique et intéressante, elle reste somme toute assez banale. Le plus gênant finalement, c’est le choix du mythe des crânes de cristal. Si ces derniers occupent la communauté scientifique depuis le début du 20 ème siècle, ils tiennent finalement plus du canular que d’une véritable légende propre à en faire un grand film d’aventure.

Sinon, pour le reste, les nazis sont remplacés par les russes, la prestation de Cate Blanchett étant également bien en dessous des précédentes Indiana Jones Girls. Au final, si le plaisir de revoir notre aventurier préféré est certes bien réel, le film dans son ensemble ne tient, pour ma part, pas vraiment ses promesses, et reste le moins intéressant des quatre volets.

 Karen Allen et Harrison Ford. Paramount Pictures Kate Capshaw. Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr Cate Blanchett. Paramount PicturesHarrison Ford et Alison Doody. Paramount Pictures

Devant les nombreux articles où les classements des épisodes de la saga sont étalés selon la préférence de chacun, il ressort que le troisième volet, La dernière croisade, arrive en première place. En grande partie grâce à la présence d’un Sean Connery aussi drôle que décalé, mais aussi celle du regretté Denholm Elliott et John Rhys Davies, le film est effectivement un savant mélange d’aventure, d’action et d’humour, où les nazis sont une fois de plus tournés en ridicule. Devant cette écrasante majorité, je vais donc me poser en ardant défenseur du Temple maudit (mon préféré de la saga) qui reste bien meilleur, à mes yeux, que ce quatrième volet, assurément le moins réussi de la saga.

Amrish Puri. Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.frVéritable film d’aventures, se passant en fait chronologiquement avant Les aventuriers de l’arche perdue, on y voit un archéologue non plus attaché aux choses du passé et à leur valeur inestimable, mais à la recherche d’une simple pierre, magique pour toute un village dont les enfants ont été capturés pour servir de main d’œuvre dans les mines d’un maharadja aussi jeune que manipulé par un obscur prêtre puissant. Ce n’est pas tant cette pierre qui occupe l’esprit de l’aventurier, bien que celle-ci semble contenir un diamant qui se met à briller lorsqu’il est proche d’une pierre similaire, mais bel et bien le fait de sauver des enfants d’un esclavage odieux et révolu, voulu par un prêtre soucieux de réhabiliter la grandeur d’une secte autrefois puissante.

On y voit donc un Jones non plus attaché au passé, mais à l’avenir, en sauvant ces enfants il donne une chance de pérennité à un village déjà bien fragilisé par la pauvreté et la famine. Plus humain, donc plus attachant finalement. Il y est de plus sexy en diable, pour les femmes qui voient en lui le mec parfait, comme pour les hommes, qui aimeraient bien lui ressembler finalement et vivre ses aventures.

Puisque toute la saga à été passée au crible, c’est donc l’occasion pour vous, fidèles du blog ou internautes de passage, de livrer votre propre classement en mettant vos préférences en avant et les raisons de ces préférences…Tout comme le sondage Stephen King (disponible en cliquant sur le lien, pour ceux que ça intéresse), le classement sera mis à jour à chaque nouveau vote, même tardif. Donc n’hésitez pas, élisez, selon votre préférence, le meilleur épisode de la saga INDIANA JONES …

En ce qui me concerne, mon épisode préféré est le suivant…

  

Dans l'attente de vos votes...

Après 11 votes, les résultats sont les suivants…

 

1- INDIANA JONES ET LA DERNIERE CROISADE ... Max la menace/ 2flicsamiami/ Goodfeles/ Kleinhase

2- INDIANA JONES ET LE TEMPLE MAUDIT … Kschoice/ Pierre/ Corsu/ Borat

3- LES AVENTURIERS DE L'ARCHE PERDUE ... Dasola/ Ronnie/ AshtrayGirl

 

Harrison Ford. Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr Harrison Ford. Paramount Pictures

Cate Blanchett, Steven Spielberg, Frank Marshall et Harrison Ford. Paramount Pictures George Lucas et Steven Spielberg sur le tournage. Paramount Pictures

Shia LaBeouf, Steven Spielberg, Ray Winstone, Karen Allen et Harrison Ford. Paramount Pictures

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Indiana Jones et le Temple maudit - ma note pour ce film :
Réalisé par Steven Spielberg
Avec Harrison Ford, Kate Capshaw, Jonathan Ke Quan, ...
Année de production : 1984
QUATRE MINUTES

EuropaCorp Distribution

(Vier minuten)

de Chris KRAUS

(Allemagne / 2006)

genre : drame musical / 1h50

Depuis soixante ans, Traude Krüger enseigne le piano à des détenues. Quand elle rencontre Jenny, jeune femme incarcérée pour meurtre, elle comprend immédiatement qu'elle a affaire à une musicienne prodige. Passionnée par le talent de la jeune fille, Traube veut la préparer pour le Concours d'entrée du Conservatoire. Mais la jeune femme, violente et suicidaire, est réfractaire à la moindre discipline. Obstinée, la vieille Traude Krüger ne désarme pourtant pas.

Hannah Herzsprung. EuropaCorp DistributionLe cinéma allemand, tout comme le cinéma espagnol ces dernières années, commence à se faire doucement sa place dans une filmographie déjà bien chargée et très largement dominée par des productions US plus ou moins digne d’intérêt. Si le style reste froid, impersonnel, il faut pourtant savoir aller au-delà des apparences parfois trompeuses pour découvrir parfois de vraies œuvres d’auteur. Si la surprise fût réelle sur un film comme L’expérience d’Olivier Hiershbergel, dans sa façon de raconter le récit, elle l’est tout autant ici sur film qui se veut un vibrant hommage à la musique.

De prime abord, rien n’attire vers ce film. En effet, le cadre est celui d’une prison pour femmes, les acteurs…le mot actrices serait plus juste en fait, sont inconnu(e)s, et l’histoire pas des plus palpitantes. Quelle est-elle cette histoire ?

Emprisonnée pour le meurtre violent du père de son petit ami, Jenny collectionne les jurons et les actes de violences comme d’autres les timbres ou les blagues de Télé Z. Animal sauvage par excellence, rien ne semble toucher cette jeune fille au comportement troublant. Sauf peut-être une chose finalement…la musique.

Pianiste virtuose depuis sa plus tendre enfance, forcée jusqu’à l’écœurement par un pèreHannah Herzsprung et Sven Pippig. EuropaCorp Distribution intransigeant et peu soucieux des réelles volontés de sa fille, Jenny aime le jazz fusion. Repérée par une vieille femme qui fait office de professeur de musique aux prisonnières et également matons de prison, la rencontre ne se fera pas sans étincelles. Pieuse et drastique, vouant une passion sans borne à la musique classique qu’elle joue depuis sa prime jeunesse elle aussi, le fait de se retrouver devant cette jeune effrontée sans éducation mais au talent plus qu’indéniable, la trouble au plus haut point.

Entre haine (de l’individu et de sa façon d’être) et respect (de sa virtuosité musicale), l’équilibre sera donc difficile à trouver. Sans compter qu’il faut préparer un concours qui ne plaît pas à tout le monde…ni au gardien de prison, qui se sent exclu d’une compétition qu’il pensait sienne, ni les autres prisonnières qui sentent bien que cette Jenny est bien au-dessus d’elles toutes.

Alternance du passé/présent pour mieux comprendre la personnalité de la vieille professeur trop sage et austère, et nombreux plans serrés sur le visage expressif de la jeune délinquante qui ne l’est pas du tout, les règlements de comptes verbaux (et physiques parfois) seront nombreux et non sans conséquences.

Sven Pippig et Hannah Herzsprung. EuropaCorp DistributionUn film très particulier il faut bien l’avouer, loin du formatage américain tant scénaristique que filmique, avec son lot de sentimentalisme excessif parfois, ou les montages sous adrénaline pour donner du rythme au récit.

Froid comme je l’ai déjà dit, mais qui laisse sous entendre une profonde détresse humaine. Le poids du passé pour l’une, et l’inexistence de l’avenir pour l’autre, vont rapprocher les deux femmes qui ont beaucoup plus en commun qu’elles ne veulent bien se l’avouer. Un film où il est également beaucoup question de rédemption et de pardon (envers les autres et surtout envers soi-même), ce qui amène des scènes parfois dures mais nécessaires à cette reconstruction psychologique, afin d’obtenir la paix de l’esprit pour l’une et une certaine forme de renaissance pour l’autre.

Malgré cette froideur du récit et de la réalisation somme toute assez sommaire mais qui possède de bien belles idées, le film se révèle donc passionnant de bout en bout pour peu que l’on gratte un peu une surface peu ou pas attirante. Le film est même parfois beau dans sa finalité, en mettant en exergue le manque de communication, des apparences souvent trompeuses, une pureté qui se cache sous des tonnes de haines et d’individualisme forcené, séquelles d’un passé trouble et parfois honteux, ou d’une vie qui n’a pas été vécue comme elle aurait due l’être. Amour sacrifié pour l’une, enfance volée pour l’autre, chacune va emmener l’autre dans son monde imparfait, mais au final terriblement humain.

Un mot sur la musique maintenant, car c’est également une œuvre où l’importance de la musiqueHannah Herzsprung et Monica Bleibtreu. EuropaCorp Distribution est énorme et primordiale. Véritable catalyseur des sentiments refoulés et révélatrice des personnalités des deux femmes, les morceaux sont terriblement bien mis en scènes, et donnent parfois le frisson. On a véritablement à faire à une véritable confrontation classique/jazz fusion, qui n’est pas sans rappeler, pour le morceau final (ces fameuses 4 minutes), les improvisations délirantes d’un Keith Jarrett ou plus récemment d’un Jamie Cullum.

Si les plans sont communs pour les scènes de prison, la mise en scène se fait éblouissante pour ce qui est des moments musicaux. Gros plans sur un clavier ensanglanté, sur les yeux bleus de la virtuose Jenny qui au fur et à mesure du film gagne en charme et en sympathie, une vraie surprise pour les amoureux d’un cinéma différent, profond, intelligent, décalé aussi parfois, mais d’une justesse et d’une humilité rafraîchissante.

Une confrontation superbe dominée par le jeu superbe et très impliqué de Hannah Herzsprung (Jenny) et Monica Bleibtreu (Mme Kruger la professeur) qui ne peut que marquer le spectateur dans sa façon de faire naître le sourire et l’affection dans un lieu pas vraiment propice à cela.

Maquillages, montage, décors, scénario, mise en scène, musique…tout dans ce film, malgré un manque évident de moyens respire la sincérité et la passion. Aussi, et puisque le film n’a pas vraiment fait son trou en France, si par cet humble article je peux attiser la curiosité de quelques-uns d’entre vous, et aider à mieux le faire connaître, je sais que je n’aurai pas œuvré pour rien.

Un film qui tient lieu de révélation cinématographique si l’on en croit les nombreux prix qu’il glane ici et là de par le monde.

Meilleur film au festival international de Shangaï

Prix du public au festival de San Fransisco

Meilleur film au German Film Awards

Meilleure actrice pour Hannah Herzsprung et Monica Bleibtreu à ce même German Film Awards.

Superbe. 18/20

  

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4 minutes - ma note pour ce film :
Réalisé par Chris Kraus
Avec Monica Bleibtreu, Hannah Herzsprung, Sven Pippig, ...
Année de production : 2006
FAME

Découvrez Irene Cara!

d'Alan PARKER

(Etats-Unis / 1980)

genre : film musical / 2h15

Ils sont nombreux à passer l'examen d'entrée de la célèbre High School of Performing Arts de New York. Très peu y accèdent. A l'issue de ces quatre années de formation, rares sont ceux qui parviennent au firmament du show-biz.

On peut dire qu’Alan Parker connaît la musique. Lui-même musicien, sa filmographie ne compte pas moins de cinq films musicaux (Bugsy Malone, Fame, The wall, The Commitments et Evita) sur les 14 qu’il tourne pour le cinéma. Peut-être est-ce pour cela qu’inconsciemment j’ai une attirance particulière pour cet excellent réalisateur assez peu mis en avant et un brin sous-estimé face à des géants comme Spielberg ou Scorsese. Mais pas seulement pour la musique qu’il met, il faut bien le dire avec tant de passion, brillamment en scène. Doté d’un sens visuel discret mais des plus élégants qui confère finalement à ses films une efficacité certaine, il interpelle le spectateur à chaque oeuvre, que ce soit dans sa manière de filmer, ou par les sujets choisis.

Si Bugsy Malone, son premier film était plus tourné vers la comédie musicale farfelue, avec la collaboration à l’écriture d’Oliver Stone, il s’attelle à un sujet bien plus sérieux avec l’emprisonnement d’un jeune américain en Turquie pour trafic de Haschich…le succès de Midnight Express qui le fera connaître dans le monde entier, lui donne l’opportunité de revenir pour un temps vers la musique et le monde des artistes.

 

En 1980, il pose donc sa caméra d’une école d’arts et de musique…Sans structure bien définie, avec un nombre de figurants impressionnants, il décide de rendre hommage à toutes les formes d’arts du spectacle…Musique, danse, chant, comédie…Les élèves comme les professeurs sont les acteurs de ces tranches de vies que Parker visite parfois d’un rapide coup d’œil pour donner du rythme à son récit, parfois plus intimement pour souligner le côté humain des protagonistes. A travers des plans fixes, de légers travellings, ou une caméra au plus près du corps des comédiens, il magnifie les ambitions qui animent tous ces jeunes qui ne vivent que pour leur passion et qui veulent ne serait-ce que toucher du doigt la célébrité (fame) et la reconnaissance de leur talent.

Comme toujours, l’humour n’est pas en reste chez Parker, mais il sait aussi toucher la corde sensible…Que ce soit une jeune black venant passer une audition en compagnie de son copain, ce dernier étant finalement retenu car de loin bien meilleur qu’elle (Leroy – Gene Anthony Ray), que ce soit le jeune auteur compositeur perfectionniste qui préfère la musique moderne et compose sur ses claviers sans jamais faire écouter sa musique aux autres (Martelli – Lee Curreri), que ce soit l’homosexuel assumé (auteur en devenir de pièces de théâtre) qui se servira de sa sensibilité pour toucher son entourage et se faire accepter comme tel (McNeil- Paul McCrane), que ce soit la jeune chanteuse à la voix aussi frêle que puissante qui à force de rêve de succès acceptera la première proposition louche d’un séducteur arriviste (Coco – Irene Cara), que ce soit le comique de service sûr de son talent pour le stand-up qui à force d’orgueil se verra vite remis à sa place sur une scène d’un cabaret (Garcey – Barry miller), ou que ce soit cette actrice juive étouffée par sa mère au point qu’elle pense au suicide, mais qui se servira de ses émotions pour son jeu de comédienne (Finsecker – Maureen Teefy)…tous ces talents vont se croiser, s’aider les uns les autres, nouer des relations amicales, artistiques qui reflètent finalement toute la beauté du talent qui sommeille en eux.

 

Parker jette donc un regard pertinent sur le monde du spectacle, mais aussi sur les parents qui ignorent ou mettent trop en avant des capacités pour le moins fragiles devant la dureté d’un enseignement parfois sévère et frustrant. Les professeurs sont eux aussi assez sympathique finalement (Shorofsky ou Sherwood notamment).

Comme je le disais, pas de structure scénaristique précise ou évidente. Parker enchaîne les plans, passant du cours de danse, terrain de règlements de comptes ou de séduction à peine cachée, à la cantine reléguée en salle de répétition, des couloirs envahis d’étudiants aux mains remplies d’instruments, de cahiers ou de tenues de danse, des rues crasseuses d’une ville cosmopolite et surpeuplée où rôdent aussi bien des artistes enfants bientôt adultes, que des pédophiles ou arnaqueurs de toutes sortes.

Vibrant hommage à l’art du spectacle, initiateur de la série qui connaîtra un grand succès par la suite, le film passe donc en revue toute une galerie de personnages attachants et leur personnalité profonde. Les faux espoirs comme la fierté de la réussite…comme cette fameuse scène où le père de Martelli, las de voir que son fils n’a pas confiance en lui, pique une de ses bandes, installe des haut-parleurs sur son taxi et met le son à fond, rameutant au passage tous les élèves de l’école qui encombreront bientôt l’avenue dans un ballet gigantesque et pour le moins générateur d’embouteillages et de bagarres.

Destins croisés aussi fabuleux que tristes parfois, une totale réussite pour un réalisateur qui n’a pas encore, à l’époque, livré le meilleur de lui-même. Incontournable et désormais un grand classique. 18/20

  

  

 P.S (Post-Scriptum et non pas Parti Socialiste  )

Le film a fait récemment l’objet d’un remake qui sortira fin 2009…en voici le teaser...

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SANS FRONTIERES

(Beyond borders)

de Martin CAMPBELL

(Etats-Unis - 2003)

genre : drame / 2h

Angelina Jolie s’y connaît en humanitaire…Ambassadrice pour le Haut Commissariat des Nations Unies (UNHCR) pour les réfugiés, elle décide de se consacrer à des causes humanitaires pendant le tournage de Tomb Raider au Cambodge. Elle y découvre un pays qui a bien du mal à se remettre du régime des Khmers Rouges, et où la corruption empêche parfois toute tentative de sauvetage alimentaire et économique du pays. Par la suite elle ira en Afrique où là aussi elle découvrira l’horreur de la situation de certains pays gangrénés par les guerres civiles. C’est pendant ce tournage qu’elle décidera d’adopter son premier enfant, un petit khmer du nom de (Rath Vibol). Pour tenter de sensibiliser le monde à ces problèmes, elle décide de tourner en 2002 ce film ambitieux, en se servant de sa notoriété cinématographique. Avec le soutien de l’UNHCR elle tourne donc ce film qui n’est pas sans rappeler sa propre vie…

 

Dans Sans frontières elle incarne une jeune femme, Sarah Jennings issue d’une riche famille américaine, participant à un gala de bienfaisance pour récolter des fonds de soutien contre la famine en Ethiopie. Mais la cérémonie est bientôt interrompue par l’intrusion de Nick Callahan, un médecin qui s’occupe d’un camp de réfugiés en Ethiopie justement. Devant l’assistance ébahie, il présente à cette dernière un enfant en haillon mourant de faim, et déclame un violent plaidoyer en faveur de l’Afrique, tout en accusant le monde occidental de soulager sa bonne conscience en organisant des galas de ce genre pour de l’argent qui n’arrive jamais finalement. Suite à l’arrestation du médecin, le jeune garçon s’enfuit pour finalement mourir de froid dans l’hiver londonien. Il n’en fallait pas plus pour ouvrir les yeux de la jeune femme sur la futilité de son monde. Elle rassemble donc toutes ses économies pour acheter des vivres qu’elle acheminera elle-même par le biais de l’ONU où elle travaille. Sur place elle découvrira la réalité de la situation et certaines vérités qui ne sont jamais divulguées dans l’information mondiale. C’est le point de départ d’une aventure humaine où l’amour viendra compliquer un peu plus les choses.

 

Film en plusieurs parties, il se déroule donc tout d’abord en Ethiopie, où elle découvrira la difficulté de travail de ces combattants de la famine. Obligés de jongler avec les gouvernements pas très coopérants et les seigneurs de guerre locaux, ces hommes et femmes manquent de tout…médicaments, argent, nourriture, bataillent sans cesse, et sont souvent contraints d’abandonner à leur sort les cas les plus désespérés, tout en risquant leur propre vie.

Le film nous emmène également au Cambodge (retour aux sources puisque l’actrice possède également la nationalité khmère) en nous plongeant violemment au cœur du régime des Khmers Rouges, où ils devront faire avec la corruption du gouvernement et l’avidité des révolutionnaires communistes. Dernière partie du film…plus proche de nous, le conflit tchétchène. Le film se déroule donc sur une quinzaine d’années, couvrant ainsi 3 conflits majeurs de l’humanité, tout en glissant quelques mots sur l’Amérique centrale et le Salvador.

Le film contient certaines scènes assez dures et parfois plutôt choc pour démontrer les situations délétères de ces pays un peu oubliés de tous. Que ce soit des corps moribonds infestés de mouches, des émeutes pour quelques sacs de nourriture, des opérations sans anesthésie, des exécutions sommaires…le film aborde de front et parfois évasivement plusieurs problèmes dont la corruption, l’inertie des gouvernements alors que les ONG essaient de sauver leur peuple, les mines anti-personnelles etc…Un film choc donc, qui ne laisse guère indifférent.

 

Un film qui n’est certes pas parfait, mais dont les deux acteurs, Clive Owen et Angelina Jolie y livrent tous deux une très belle prestation. Deux superbes rôles pour deux acteurs de talent pour un film finalement pas très connu et qui mérite pourtant de l’être. Pendant le tournage de ce film, Angelina Jolie rencontrera un des responsables de l’ONG des Nations Unies, et convaincra la production du film à donner des tentes et du matériel de couchage au camp le plus important de la région.

Un film que je ne peux donc que vous conseiller, même si ces dernières années des films comme The constant gardener, Hotel Rwanda ou encore Blood diamond, quelques épisodes de la série Urgences également ont plus ou moins abordés le sujet. Celui-ci me semble différent, plus impliqué, plus soucieux, et plus sincère surtout quand on connaît l’implication de l’actrice pour ce qui est de l’humanitaire. Le réalisateur Martin Campbell (Absolom 2022, Le masque de Zorro, Golden Eye, Casino Royale… délaisse donc les films à grand spectacle pour se consacrer à une œuvre d’une force indéniable, que ce soit dans son sujet difficile ou les rares scènes d’action toutes très prenantes et on ne peut plus réussies, le tout sous la très belle musique de James Horner. A vous de voir…ou pas. 17/20

Angelina Jolie. MMIII MP Film Management UNLS Productions GmbH Clive Owen. MMIII MP Film Management UNLS Productions GmbH

 
Sans frontière - ma note pour ce film :
Réalisé par Martin Campbell
Avec Angelina Jolie, Clive Owen, Teri Polo, ...
Année de production : 2003
UNBORN

Universal Pictures International France

(The unborn)

de David S. Goyer

(Etats-Unis - 2008)

genre : fantastique / épouvante (1h30)

Casey Bell n'a jamais pardonné à sa mère de l'avoir abandonnée enfant. Mais quand des événements inexplicables commencent à se produire autours d'elle, elle comprend petit à petit la raison de cet abandon. Hantée par des cauchemars incessants, et traquée par un fantôme sans merci quand elle ne dort pas, son salut viendra de Sendak, un spécialiste du surnaturel, seul apte à mettre fin à son calvaire.
Avec l'aide de Sendak, Casey découvre l'origine du mal dont est victime sa famille et qui remonte à l'Allemagne nazie - une créature capable d'habiter corps et objets et que chaque possession rend plus fort. Pour survivre à cette malédiction, Casey va devoir aller fermer une porte dans l'au-delà, une porte ouverte par un être qui n'a jamais vu le jour.

Odette Yustman et Atticus Shaffer. Universal Pictures International FranceDepuis quelques années, il faut dire que l’on est habitué au flux régulier de films d’horreur/fantastique/épouvante.  D’inspiration plus ou moins réelle, d’une maîtrise plus ou moins égale, de scénars plus ou moins probables ou surprenants, ces films sont surtout l’occasion de se causer une petite frayeur. L’évolution des effets spéciaux apportant un indéniable plus quant au visuel de ces films, ainsi que la constante qualité sonore qui aide à l’immersion dans les ambiances prenantes (le meilleur exemple étant probablement l’efficace remix 5.1 de L’exorciste de Friedkin face au mono d’origine), ce film là rejoint donc la longue liste de ses prédécesseurs. Certes, le film est loin d’être un chef-d’œuvre du genre, et la présence de Michaël Bay à la production pourra en faire douter plus d’un quant au sérieux du projet, ce dernier étant considéré par beaucoup comme un tâcheron sans aucun sens artistique, simple réalisateur de commande.. Ceci dit, le film essaie de puiser dans un sujet assez peu représenté à l’écran…les jumeaux. Mais pas seulement…ce n’est donc pas une histoire de jumeaux à la Cronenberg, puisqu’ici le deuxième fœtus à cesser de vivre avant mêmeGary Oldman. Universal Pictures International France d’être né. Comment alors peut-on être hanté par une personne qui n’est jamais née (Unborn) ?Pour répondre à cet épineux sujet, le scénar mélange une histoire d’expériences effectuées pendant la guerre par les nazis sur des enfants juifs, ainsi qu’une brève incursion dans le folklore juif, version légendes occultes. A ce titre, il faut souligner la présence de Gary Oldman dans le rôle d’un rabbin qui sera contraint de pratiquer un exorcisme, plutôt impressionnant,  sur la pauvre jeune fille hantée par son frère décédé in-utéro, lui-même possédé par un démon ancestral.Tout ceci pourrait, sur le papier, sentir de très loin le nanar flamboyant, mais avec Gary Oldman et James Remar (acteur que j’apprécie beaucoup également), le film se révèle, en très grande partie, il faut bien le dire grâce à la qualité des effets spéciaux, maquillages et ambiance sonore, un film d’épouvante qui se révèle efficace par moments, et où l’on frissonne et sursaute fréquemment. Le réalisateur, à qui l’on doit les scénars de The crow, Dark City, du récent Batman begins, ainsi que de la trilogie Blade, ou encore de Jumper, signe donc ici un film à la fois fantastique, épouvante, avec quelques scènes d’action Michael Sassone. Universal Pictures International Franceassez bien menées.Une assez bonne surprise donc, puisque je n’ai pas l’impression d’avoir perdu mon temps (ce qui n’est déjà en soi pas si mal), même si, comme je l’ai souligné, le film ne restera pas dans les mémoires. Mais il titille quelques peurs primales qui ne manquent pas de ressurgir aux moments où l’on s’y attend…le plus ! Mais comme ça fonctionne plutôt bien, pourquoi s’en plaindre finalement. Le film atteint donc son objectif de divertissement « épidermique » si je puis dire, puisque étant moi-même assez bon public, je n’ai pas manqué de frissonner. Et puis la plastique de Odette Yustman ne laissera guère indifférent certains de ces messieurs. Mission accomplie donc, même, si je le répète une dernière fois, le film est loin d’être un chef-d’œuvre du genre.De quoi passer un après-midi pluvieux, ou se foutre un peu les jetons avant d’aller se coucher en laissant ses neurones aux vestiaires. 14/20

Ethan Cutkosky et Idris Elba. Universal Pictures International France Gary Oldman et Odette Yustman. Universal Pictures International France

Plus d'infos sur ce film
 
Unborn - ma note pour ce film :
Réalisé par David S. Goyer
Avec Odette Yustman, Gary Oldman, Cam Gigandet, ...
Année de production : 2008
IRON MAIDEN - FLIGHT 666

de Sam Dunn & Scot Mc Fadyen

(Angleterre - 2008)

genre : documentaire / 2 h

Qui ne connaît pas, ou n’a jamais entendu parler de ce groupe mythique et désormais légendaire du Heavy Metal ? Né dans le milieu des années 70,  le principal membre fondateur, le bassiste Steve Harris et son ami guitariste Dave Murray, se forgent une réputation en pleine mouvance punk en compagnie de Doug Sampson à la batterie et Dennis Stratton à la guitare…1980, le groupe tourne dans des petits clubs de Londres et du pays avant de sortir son premier album sobrement intitulé « Iron Maiden », mais que les fans appellent souvent « Prowler ». Le groupe n’en est qu’à ses débuts, Steve Harris, change le line-up du groupe de manière à ce que cela fonctionne comme il l’entend. Principal auteur-compositeur, farouche passionné, s’il affiche une timidité de tous les instants, pour tout ce qui concerne le groupe, il est le maître incontesté. Doug Sampson, le batteur, est remplacé par Clive Burr, et Dennis Stratton est remplacé par Adrian Smith. Dans la foulée, le producteur change également.

 

L’année d’après, en 1981, un second album voit le jour, « Killers » et la célébrité ne cesse de se faire ressentir. Le chanteur, Paul Di’Anno prend alors la grosse tête et se préoccupe plus de se procurer sa came que de ses performances vocales, ces dernières s’en ressentant alors irrémédiablement lors des concerts. La sentence tombe bientôt…Viré !

  Après deux années intenses, entre studios et concerts, le groupe s’accorde une pause afin de recruter un nouveau chanteur. Harris sent que son groupe a un potentiel. Il ne manque plus que la touche finale, trouver celui qui aura la charge d’être LA voix du groupe, et le principal animateur des concerts.

C’est en 1982 que sort l’album évènement qui changera la vie du groupe et celle du petit monde hard-rock. Album plus qu’attendu au tournant, « The number of the beast » est l’occasion pour le chanteur Bruce Dickinson de faire une entrée littéralement fracassante sur la scène rock du moment. Au-delà de toutes les espérances, l’album et la tournée qui s’en suit sont de véritables succès. Mélodies des compositions, force et ravage des riffs de guitares, et la voix puissante de Dickinson, le troisième album du groupe laisse donc une emprunte indélébile sur les anciens, et bien sûr les nouveaux fans (dont je faisais désormais partie alors). En termes de comparaison, cet album fût aussi révélateur que l’album Back in black avec son célèbre « Hells bells »  pour AC/DC après la mort de Bon Scott.

  

  

  

Pour autant, le groupe va tout de même changer encore. Le batteur Clive Burr (une présence sonore indéniable et on ne peut plus efficace sur l’album) est contraint de quitter le groupe pour des raisons de santé. Sa maladie (sclérose en plaque) ne lui donne pas la force nécessaire pour assurer le marathon des tournées. Un nouveau batteur va donc prendre sa place. Il n’est pas un inconnu pour le groupe, puisque ce dernier avait déjà rencontré Nicko McBrain lors des premières parties de concerts en France, assurées par Trust. Un an plus tard, 1983 voit donc la parution du 4ème album du groupe, « Piece of mind ». Cette fois-ci, la structure du groupe semble solide, et tout fonctionne pour le mieux. Les compos sont de mieux en mieux structurées, le son est travaillé comme jamais…et le groupe va rester en l’état pendant 7 ans, période durant laquelle Maiden ne cessera d’avoir un succès grandissant.

Ce succès est bien sûr dû en grande partie par la musique elle-même, mais un phénomène supplémentaire en fait également largement la promotion. Derek Riggs, dessinateur des pochettes du groupe, a créé un personnage à part entière en la personne d’Eddie, le monstre qui figure sur toutes les pochettes des albums, singles, lives du groupe, ainsi que les nombreux produits dérivés vendus pendant les concerts. T-shirts, affiches, cartes postales, pins (eh oui c’était la grande mode à l’époque et ces capsules métalliques se retrouvaient alors sur les perfectos ou les vestes en jeans, voire même sur des trousses scolaires en toile de jute kaki  )…Riggs ne se contente pas de dessiner son monstre, il lui donne aussi une histoire… d’abord rôdeur londonien, il devient un tueur invétéré, ce dernier semble tellement diabolique qu’il devient plus puissant que le diable lui-même. Devenu complètement fou, il sera lobotomisé. Dans sa folie, il deviendra une sorte de divinité maléfique qui après sa mort terrestre, acquerra encore plus de pouvoir et traversera la mort et le temps…

 

  

 

Période faste et inoubliable pour qui l’a vécue, le groupe enchaîne alors les albums…1984 « Powerslave » et son inoubliable et somptueux « Rime of the ancient mariner » et ses 13 mns, suivi du légendaire « Live after death », puis l’apparition de synthétiseurs dans « Somewhere in time » en 1986 (sublime Alexander the great), transformant les longs morceaux heavy en métal progressif, style qui se retrouvera sur le concept album « Seventh son of a seventh son » en 1988 avec des morceaux qui approchent les 10 minutes.

Cet album marque pourtant la fin du succès phénoménal qu’a vécu le groupe…l’album suivant « No prayer for the dying » en 1990 est une déception pour le public (c’est à partir de cet album, confirmé par la médiocrité de « Fear of the dark » que j’ai commencé à lâcher le groupe musicalement parlant). Deux facteurs (moi je n’y suis pour rien  ) en sont peut-être la cause…Bruce Dickinson décide de mener une carrière solo en parallèle du groupe, s’investissant donc moins dans ce dernier…et Adrian Smith, considéré comme le technicien soliste du groupe, s’apprête à faire de même en créant ASaP (Adrian Smith & project).

Nouveau changement de line-up en perspective. Le guitariste Janick Gers fait son entrée par le biais de Bruce Dickinson qui l’embauche sur son album solo. Quant à Dickinson, il quittera le groupe après la tournée qui suit l’album « Fear of the dark » qui sort en 1992, dont les désormais classics « Fear of the dark » et « Afraid to shoot strangers » n’ont plus (en ce qui me concerne), la saveur des classics d’autrefois.

« The X factor » en 1995 voit donc arriver un nouveau chanteur, Blaze Bayley (rien à voir avec la crème de whisky du même nom  ) qui, décidément, n’arrive pas à convaincre. Perso, je n’ai écouté qu’une fois l’album et ce fût une expérience plutôt longue.

Il est vrai que le départ d’un chanteur alors adulé de tous, peut freiner quelque peu l’engouement pour un groupe, et parfois il faut un peu de temps pour que le public s’habitue et entérine la présence du nouveau venu.

 

   

 

 Le 11ème album qui sort en 1998 est donc primordial pour le groupe s’il veut garder sa place dans le cœur de son ancien public. « Virtual XI », malheureusement pour le groupe ne convainc guère plus et l’avenir du groupe semble bien compromis. Si Maiden a cartonné sur la quasi-totalité des années 80, les années 90 semblent bien ternes comparées au succès passé. Le groupe est en passe de perdre son statut de groupe culte ayant influencé bon nombres d’autres groupes, surtout que la concurrence est rude…l’apparition du grunge, Nirvana en tête, et des groupes au son plus agressif tels que Metallica qui prend alors sa part de célèbrité.

Ceci dit, un évènement va relancer le groupe…en 2000, le groupe annonce officiellement le retour de Bruce Dickinson. Adrian Smith, dont la carrière solo n’est franchement pas une réussite, fait également son retour. Un problème se pose donc pour Harris…Puisqu’il regrettait le départ de Smith, c’est avec grand plaisir qu’il le réintègre au groupe…mais quelle décision prendre pour Jannick Gers ? Ce dernier est un excellent musicien qui s’est parfaitement intégré au groupe, et un ami sincère. La décision est alors surprenante, mais sensée et porteuse d’espoirs musicaux futurs. C’est avant tout une histoire d’amitié et de surcroît une formidable publicité pour le groupe qui devient alors le seul à posséder trois guitaristes permanents, en studio comme en Live. Un peu comme ce fût le cas pour le batteur manchot de Def Leppard. Musicalement, il est évident que la structure des morceaux va se faire moins rock bourrin, et les morceaux vont s’allonger un peu plus pour intégrer les solos et les diverses parties guitares.

   

 

  

Les années 2000 commencent alors avec la parution de l’album « Brave new world » et le retour tant attendu de Bruce Dickinson. Apparemment sous de meilleures hospices puisque l’album cartonne à nouveau et les concerts sont à nouveaux complets durant la tournée gigantesque qui s’en suit. Par la suite, « Dance of death » en 2003, puis “A matter of life and death » en 2006, ne cessent de rallier de nouveaux fans de par le monde. Un public plus jeune, pour un groupe qui accuse désormais les 30 ans de carrière. Sans retrouver le style qui avait fait leur succès, force est de constater que les trois derniers albums sont mélodiques, puissants, et  où les trois guitares forment une symbiose parfaite pour des morceaux aux atmosphères prenantes. 

Le son, ainsi que les compositions ont évolués vers des morceaux toujours aussi nombreux, mais également plus long. On est désormais loin des 35 ou 40 minutes des premiers albums vinyles ! Le Cd permet à la fois plus de musique sur un album, et également plus de technique dans la sonorité des enregistrements. Productions hyper léchées, où tous les instruments sont clairs et bien dosés, morceaux aux multiples solos du fait de la désormais présence de trois guitaristes…on retrouve les nombreuses influences littéraires, historiques, télé ou cinématographiques qui ont fait le succès du groupe. Le style est différent, les anciens fans apprécient sans plus, et les nouveaux, comme les anciens avant eux vouent un culte sans borne à ce groupe métal/prog/symphonique dont les représentants d’alors se nomment Whithin Temptation, Dream Theater, Symphony X, ou encore Nightwish.

 Pas tout à fait des dinosaures, Iron Maiden, se trouve quand même être l’un des derniers groupes en activité de l’époque de la nouvelle vague heavy métal britannique. Saxon, Judas Priest, ou encore Black Sabbath n’ont plus cours, et à presque 50 ans passés, les membres de Maiden prouvent aux jeunes générations qu’ils en ont toujours sous le coude en étant avant tout un groupe de scène, même si les albums se font plus rares et les tournées moins longues.

  

 

2008, est l’occasion pour le groupe de sortir un énième best-of, mais qui concerne cette fois-ci exclusivement les années 80, âge d’or du groupe. « Somewhere back in time » n’est donc pas un album studio du groupe, néanmoins le best of est le premier pas vers une tournée mondiale d’un genre un peu particulier…Devant la jeune génération qui pendant les concerts affichent des banderoles demandant au groupe de jouer des vieux titres « Maiden…play classics !!! », les vieux métalleux organisent alors une tournée consacrée aux titres emblématiques qui ont fait le succès du groupe, s’inspirant du désormais mythique « Live after death ». Une tournée essentiellement vouée au jeune public qui n’a jamais entendu ces morceaux en Live. De plus, dans un souci d’équité, le groupe ne passera pas par les villes dans lesquelles ils ont maintes fois déjà joué. Le plan est tout simplement de venir dans les coins les plus reculés de chaque pays pour offrir une occasion à ceux ne pouvant se déplacer dans les grandes villes, de venir voir le groupe sur scène.

  

  

La tournée demande une préparation phénoménale pour obtenir toutes les autorisations nécessaires, louer des endroits pas forcément faits pour des concerts gigantesques. Toujours sous l’égide de leur manager et ami de toujours, Rod Smallwood, le groupe s’embarque pour une tournée de 45 jours et  23 concerts de par le monde, sur les cinq continents. Afin de faciliter le transport du personnel de tournée, puis bien sûr tout le matériel de scène, un Boeing 757 est affrété spécialement pour le groupe. L’avion est relooké aux couleurs du groupe, et rebaptisé Ed Force One.  Bruce Dickinson, passionné depuis toujours par l’aviation (les hommes de sa famille étaient dans la Royal Air Force), passe son brevet de pilote et se charge lui-même d’emmener son petit monde autour de la planète.

  

  

Devant l’évènement sans précédent de cette tournée qui dès le départ est amenée à battre des records d’audiences et de performances, deux journalistes anglais et canadien, Scot MacFadyen  et Sam Dunn sont invités par le groupe pour suivre et filmer la tournée. Pas véritablement un documentaire, Flight 666, se veut plus comme un making-of d’une tournée rock, et un témoignage de ce monde qui fascine tant. On y voit donc toute une galerie de joyeux drilles et de déconneurs qui accusent le poids des ans. Chacun y est filmé avec sobriété et justesse sans verser dans l’excès et le too much. De conférences de presse, aux back stages, entrecoupé de séquences lives, le film de 2 heures, nous démontre l’incroyable intensité et frénésie d’une tournée mondiale, avec la difficulté d’assimilation des décalages horaires, et l’enchaînement rapide des concerts (à peu de choses près, un jour sur deux), ainsi que les retrouvailles avec d’autres musiciens, eux-mêmes influencés ou fans du groupe…Parmi eux on peut trouver Lars Ulrich (Metallica) ou Tom Morello (Rage against the machine) ou encore Ronnie James Dio (Ex Black Sabbath). Les moments calmes, propices à se reposer ou se détendre, comme la folie des masses de fans campant jusqu’à plusieurs jours avant le concert devant les stades ou arènes, afin d’être sûrs d’être bien placés. Emprunte de nostalgie pour certains, la tournée est aussi l’occasion pour tous les fans de se rendre compte de l’impact réel qu’a eu le groupe, partout autour du monde, surtout en Amérique du sud où le groupe est presque élevé au rang de religion musicale.Les témoignages des fans sont là pour prouver que le groupe n’a en rien perdu de son emprunte musicale dans le monde du rock. Le groupe est parfois interdit de sortie de l’hôtel sous peine de provoquer un raz de marée incontrôlable de fans hystériques.

  

 

Impressionnant dans le montage, occultant la plupart du temps les morceaux live, excepté le désormais classique « Hallowed be thy name » filmé dans son intégralité, le film se concentre plus sur l’aspect technique, logistique, et humain également de la tournée. Les caméras captent parfois des regards émouvants, une foule compacte impressionnante sautillant au rythme endiablé d’un groupe qui se donne toujours à fond pour satisfaire le public qui l’a consacré pendant des années.

On accuse souvent le groupe de faire un merchandising excessif, mais force est de constater que ce stratagème économique continue de maintenir le groupe dans le business, afin de ne pas se faire oublier. Comme ils le disent dans le film, ils ne font pas cela pour l’argent, sous entendant qu’ils n’en plus vraiment besoin à ce stade de leur carrière artistique. Leurs comptes bancaires sont, à n’en pas douter, loin d’être dans le rouge. Aussi, ils préfèrent nous prouver qu’ils savent aussi dépenser sans compter pour satisfaire leur public. Bien sûr, le discours peut sembler formaté et hypocrite, puisqu’ils en retireront de toutes manières une manne financière indéniable, mais certains signes ne trompent pas quand on connaît les lascars. Et puis, ils savent également qu’ils ne sont plus tous jeunes, et qu’il y aura bien un moment où le groupe devra tirer sa révérence.Et puis, il faut bien le dire, on est quand même loin des pisseuses bourrées de caprices et faisant leur star malheureuse en étalant leur vie dans les journaux people…on a à faire à des vrais mecs, dont on ne sait pas grand-chose finalement. Ce film est donc l’occasion de pénétrer un peu leur monde et de s’apercevoir que, tout comme nous, ils savent déconner, boire une ou deux bières (voire beaucoup plus) et pour qui l’amitié et les relations musicales priment plus que tout finalement.

  

 

Des musiciens attachants donc qui donnent de leur temps, même quand ils n’en ont pas franchement envie. Après tout, ils savent que c’est le public, les fans qui les ont mis là où ils sont actuellement, et qu’ils ne peuvent raisonnablement pas refuser quelques autographes, même s’ils sont demandés parfois promptement.Le film détaille également les différences de cultures entre tous les pays visités, les détentes entre chaque concerts…pour les uns, le golf et ses extrêmes dangers !!!, pour les autres le foot, ou tout simplement des ballades dans divers sites historiques ou archéologiques.

Un très bon témoignage donc, d’un groupe emblématique de la scène rock de ces 30 dernières années, dans un film qu’il est étonnant de voir projeté en salle. Sans réelle publicité, si ce n’est sur leur site et sur des forums de fans, le film ne fût visible partout dans le monde que le 21 avril 2009. Un rendez-vous qu’il ne fallait donc pas rater pour les fans. Beaucoup de T-shirts Maiden à cette séance donc, pour des fans, une fois de plus conquis par des musiciens bons vivants et loin d’être ennuyeux.Cette séance fût pour moi l’occasion d’une sortie entre potes, et l’étalage de pas mal de souvenirs liés au groupe et à leur musique. Il n’en fallait pas plus pour passer une bonne soirée.

    

 

 

Outre tout ceci, il va sans dire (Ah…trop tard, je l’ai dit !) que le film sera l’occasion d’une sortie DVD et Blu-ray (le film a été tourné en Haute Définition et remix 5.1), accompagnée d’un CD reprenant les titres joués en concert. Sortie prévue le mois prochain, fin mai 2009, si tout se passe bien.  Up the Irons !!! 16/20

 
HOT SPOT

de Dennis Hopper

(Etats-Unis - 1990)

genre : drame (2h)

Le mystérieux Harry Madox est engagé comme vendeur de voitures dans une petite ville paisible du Texas. Il fait la connaissance de la gentille et naïve Gloria, et de la torride Dolly, la femme de son patron. Entretenant une liaison avec les deux femmes, il s'intéresse également de très près à la banque locale...

Quelle carrière atypique que celle de Dennis Hopper ! On ne peut vraiment dire qu’il soit un mauvais acteur, même si ses rôles sont souvent emprunts d’une folie certaine et blasée (Speed), ou d’une méchanceté ostentatoire (Waterworld). Le biker d’Easy rider bénéficie pourtant souvent d’un champ libre qui lui permet d’alterner une carrière d’acteur caméléon, qu’il est indéniablement, et de réalisateur occasionnel, ce qui lui permet de s’exprimer autrement (Colors avec Robert Duvall et Sean Penn). C’est un peu le cas ici avec ce film,  se passant dans une petite ville du Texas aux portes d’un désert aussi chaud que certaines de ses habitantes.

Harry Maddox (Don Johnson) débarque un beau jour dans cette ville. On ne sait pas grand-chose de cet homme…d’où il vient, où va-t-il, qu’est-il réellement ? Une chose est sûre…il semble avoir le bagout nécessaire pour obtenir ce qu’il veut. On verra qu’il y arrive la plupart du temps d’ailleurs. Ambitieux, arrogant, séducteur, un brin bagarreur et certainement voyou, l’occasion se présente alors de pouvoir délester la seule banque de la ville, des quelques billets et autres économies des habitants, le jour où il débarque alors qu’un feu gigantesque occupe la quasi-totalité des habitants.

 

Le temps de se trouver un job de vendeur de voitures d’occasions, de butiner entre la femme du patron (Virginia Madsen) et sa jeune et charmante secrétaire (sublime Jennifer Connely), il échafaude bientôt un plan simple afin de commettre le hold-up de l’année. Aussi bouseux soient-ils, les flics, pas franchement débordés dans cette bourgade où il ne se passe décidément pas grand-chose, ne vont cependant pas tarder à le soupçonner rapidos, et il ne devra son salut qu’au faux témoignage de la femme de son patron, devenue depuis une amante possessive. Dès lors, son destin est scellé…cette redoutable prédatrice, aidée par un maître chanteur peu scrupuleux (William Sadler) et cowboy fauché de surcroît, va mettre à mal ses ambitions les plus simples…se barrer de ce trou perdu avec l’argent de la banque dans les poches, et la jeune secrétaire sous le bras. Maddox aura fort à faire pour se sortir de là, et ira même jusqu’à commettre l’irréparable.

Film assez peu connu, et par ailleurs pas un exemple du genre, le film génère pourtant un certain intérêt, de par ses acteurs, et surtout l’ambiance délétère et sexy qui y est étalée. Celle d’un nid de vipères au beau milieu du désert, sous un soleil de plomb. La réalisation est sommaire, paresseuse presque, à l’image de la vie des habitants. Il faut donc s’armer de patience pour deviner où Hopper veut nous emmener. Mais ça vaut le coup finalement, et l’ensemble fait un peu penser au style de John Dahl dans les années fin 80 (Kill me again en 89 et Red rock west en 93 dans lequel joue Hopper d’ailleurs).

Un style lent donc, très lent même, mais qui permet au réalisateur de disposer ses pièces comme il l’entend pour magnifier sa stratégie, son histoire…qui n’ont, au départ, rien d’exceptionnel.

Certains pourront donc y trouver des longueurs, cependant vite oubliées dans un final des plus surprenants, exemple brillant d’immoralité malsaine, grâce aux prestations du quintet d’acteurs (finalisé par Charles Martin Smith Les incorruptibles/Un homme parmi les loups) qu’Hopper bouscule avec un sadisme parfois déconcertant.

A ce titre, Virginia Madsen incarne ici une des « salopes » les plus mémorables du cinéma 80/90’s avec Sharon Stone (Basic Instinct), Linda Fiorentino (Last seduction) et Nicole Kidman (Prête à tout) face à l’innocence incarnée par la délicieuse et toute mimi Jennifer Connely.

 

Hopper contourne les codes du genre, en faisant évoluer ses personnages dans une fange à la fois attirante et puante, puisque Maddox devra choisir entre une vie normale et sans tâche (Jennifer Connely), ou la tentation perverse et quelque peu diabolique d’une femme ensorceleuse au possible.

Ainsi donc, si vous n’avez pas peur des expériences décalées au cinéma, et de vous aventurer hors des sentiers battus, Hot spot pourrait bien, pourquoi pas, vous corrompre quelque peu, et vous attirer dans cette ville texane, véritable anti-chambre de l’enfer, qu’Hopper érotise au-delà de toute proportion raisonnable.

Le film n’est certes pas un chef-d’œuvre du genre, loin de là, mais les ambiances savamment orchestrées par l’acteur-réalisateur, le jeu détaché de Johnson, excessif de Madsen, innocent de Connely, roublard (comme à son habitude) de Sadler, et presque comique de Martin-Smith, contribuent finalement à faire de ce film une œuvre à part entière, d’un style particulier et quelque peu révolu, mais digne d’intérêt, qui ne peut que marquer celui (ou celle) qui osera s’y aventurer. 16/20

 

 
The Hot Spot - ma note pour ce film :
Réalisé par Dennis Hopper
Avec Don Johnson, Jennifer Connelly, Virginia Madsen, ...
Année de production : 1990
DEUX JOURS A TUER

StudioCanal

de Jean BECKER

Jean Becker (réalisateur). StudioCanal

(France - 2008)

genre : comédie dramatique (1h25)

Antoine Méliot, la quarantaine, a tout pour être heureux : une belle épouse, deux enfants adorables, des amis sur lesquels il peut compter à tout instant, une jolie demeure dans les Yvelines et de l'argent. Mais un jour, il décide de tout saboter en un week-end : son bonheur, sa famille, ses amis. Que s'est-il passé chez cet homme pour qu'il change si étrangement de comportement ?

Albert Dupontel. StudioCanalSi je n’ai pas une joyeuse propension à parler des films français sur mon blog, c’est en grande partie en raison du fait que je trouve notre cinéma trop indigent et bien pauvre visuellement pour pouvoir y trouver quelque intérêt que ce soit. Je préfère, et de beaucoup, me replonger dans un passé glorieux, période après-guerre où des cinéastes comme Henri-Georges Clouzot, Henri Verneuil ou Claude Autant Lara brillaient de mille feux, ou bien dans les années 60, avec la pléthore de comédiens tels que Ventura, Gabin, Montand, Noiret, Blier, ou encore Fernandel, Dalban et Pousse…qui nous offraient alors des purs joyaux de films noirs ou de comédies efficaces.

Il faut bien avouer qu’aujourd’hui, nos comédiens sont devenus beaucoup trop éthérés, et manquent de consistance, de naturels. Héritage d'un passé théâtral peut-être. C’est un peu ce que je pensais également d’Albert Dupontel…d’abord humoriste, puis acteur en demi-teinte avec des rôles pas franchement convaincants. J’avais d’ailleurs fait un article on ne peut plus négatif sur Irréversible, où Dupontel partageait l’affiche avec le couple Cassel/Bellucci.

Seulement, Jean Becker est un cinéaste à l’ancienne…qui aime les acteurs, et qui réussit à tirerMathias Mlekuz, Albert Dupontel, Cristiana Reali et Francois Marthouret. StudioCanal un parti inattendu d’acteurs ou actrices pas forcément taillés pour le cinéma. Ce fût le cas notamment avec Alain Souchon dans L’été meurtrier, ou plus tard avec Vanessa Paradis dans Elisa. Plus récemment, il nous enchantait littéralement avec des films comme Les enfants du marais ou encore Un crime au paradis, comédies tendres et nostalgiques, teintées d’une noirceur certaine déguisée sous le ton d’un humour subtil et efficace.

Il en va donc de même avec ce film…Deux jours à tuer. Très grosse et résolument bonne surprise, Becker, s’il n’évite pas le piège de la caméra à l’épaule, franchement inesthétique par moments, nous livre un film brillant et simple, surtout de par ses dialogues percutants. D’une violence (morale surtout, bien que physique aussi parfois) inouïe, le personnage de Dupontel nous assène un pétage de plomb mémorable qui n’est pas sans avouer le malaise latent d’une classe sociale pourtant aisée.

Albert Dupontel et Marie-Josée Croze. StudioCanal« L’argent ne fait pas le bonheur »…si l’adage est connu, et il est d’ailleurs proclamé par l’un des personnages, il est illustré ici avec une philosophie toute relative. Le film, et surtout son personnage principal, emprunts tous deux d’une franchise parfois excessive, mais totalement « catharsisique », soulignent le mal être de la vie moderne et l’aspiration à une vie plus vraie. Les chansons qui jalonnent le film, notamment celle de Johnny Hallyday (J’ai oublié de vivre) sont donc à ce titre très parlantes et s’échappent donc de ce côté ringard, pour délivrer un vrai SOS humain.

Si Dupontel nous apparaît d’abord immonde, odieux, aigri au possible par cette vie qui l’étouffe, il devient peu à peu fragile, humain, à cent lieues des évidences et préjugés liés à sa classe sociale.

Drame intimiste, intelligent, bluffant sur sa fin inattendue, Becker réussit une fois de plus à tirer leAlbert Dupontel et Jean Becker (réalisateur). StudioCanal meilleur parti d’un acteur que je trouvais pour ma part, inégal et pas franchement attachant. Je me dois d’avouer qu’avec ce rôle, Dupontel me réconcilie en partie avec le cynisme acide d’un humoriste pour le moins exubérant, et à l’humour très spécial. Et ça, ce n’était pas gagné d’avance. Becker a donc su trouver le juste milieu entre les capacités de l’humour fielleux et la puissance d’un récit déguisé en véritable drame, pour nous livrer un vrai film de cinéma, aux décors naturels de toute beauté et au message philosophique très fort. Une vraie réussite. 17/20

  

Plus d'infos sur ce film
 
Deux jours à tuer - ma note pour ce film :
Réalisé par Jean Becker
Avec Albert Dupontel, Marie-Josée Croze, Pierre Vaneck, ...
Année de production : 2008
ROCKY III - L'oeil du tigre

(Rocky III)

de Sylvester STALLONE

(Etats-Unis - 1982)

genre : Drame sportif / 1h40

Rocky Balboa est aujourd'hui un champion respecté, après ses deux victoires contre Apollo Creed. Mais lorsqu'il perd contre un nouveau venu sur le circuit, c'est Apollo Creed lui-même qui va venir à sa rescousse et lui redonner le goût du combat et de la victoire.

- Prendre du recul -

Pour ce troisième volet des turpitudes du boxeur au grand cœur, nous quittons le kitch des 70’s, ses muscles cars, les fringues ringardes et les coupes de cheveux à hurler de rire (surtout sous champis magiques), pour le faste des années 80.

Pour ceux (ou celles) qui ont eu la chance de les traverser, ils se rappelleront tout ce qu’elles nous ont apporté en termes de technologies (Cd, téléphone portable, la FM stéréo, le magnétoscope, les tous premiers jeux vidéos d’arcade grand public, la popularité sans cesse grandissante des clips vidéos et j’en passe…), ainsi que tous les standards musicaux et cinématographiques qui ont façonné l’adolescence de beaucoup (dont la mienne). Pour ceux qui ont vécu cette décennie, ils se rappelleront aisément la frénésie qui régnait à cette époque, ô combien riche en évènement de toutes sortes (concerts évènementiels, sorties ciné d’œuvres amenées à devenir cultes et incontournables…), qui n’ont pas manqué de laisser une emprunte tenace et quelque part nostalgique dans nos esprits d’adolescents passionnés.

Rocky rentre donc de plein pied (gants serait plus juste en fait) dans une décennie rythmée où tout va plus vite, où tout se joue sur un rien, où l’ancien est vite oublié au profit de la nouveauté  tendance.

 

Le début du film, comme pour La revanche, s’ouvre sur les dernières minutes du combat précédent contre Creed. Pour l’ouverture de ce troisième volet, Stallone, toujours à l’écriture et à la réalisation, passe en revue les différents combats que livre Rocky, les coupures de presse, les désormais incontournables publicités, où on le sent tout de même plus à l’aise. Jusqu’à la célébrité des talk-shows ou du Muppet Show. De nouveau une belle voiture, des vêtements, une grande et fastueuse maison…Dans une séquence de plusieurs minutes, il alterne donc les combats de Rocky et d’un challenger plus qu’intéressé par ses combats…un futur adversaire qui se nomme Clubber Lang (Mister T), bien déterminé à prendre la ceinture de champion du monde. Alors qu’il devient bientôt le n°1 de sa catégorie, il ne cesse de demander le champion.

Il est vrai que les prétendants au titre sont nombreux, mais Rocky veut garder son public et il fait ce qu’il faut pour cela…

Ce dernier s’embourgeoise, mais ses sentiments sont toujours inchangés, il reste celui que tous (y compris nous les spectateurs) ont connu.

C’est dans cet état d’esprit que le désormais champion du monde doit tenir son rang, et continuer à s’attribuer les faveurs du public. Pour cela, rien de tel que d’organiser des matchs exhibitions pour une bonne cause.

 

Pour cela, il mélange les genres en se confrontant au géant catcheur Hulk Hogan, grimaçant au possible dans un combat assez drôle…enfin pour celui qui le regarde, car Rocky n’en mène pas large. La séquence, emprunte d’un humour inhabituel mais plaisant, reste très efficace néanmoins tout en apportant un changement qui humanise un peu plus le personnage. C’est ici que le scénario introduit un nouvel élément qui sera déterminant par la suite…Mickey, l’entraîneur colérique mais paternaliste, semble être devenu bien fragile du cœur. A l’occasion d’un hommage qui se veut plus comme une consécration, une statue est érigée à l’image du boxeur qui a tant fait pour la ville de Philadelphie, qui l’a vu grandir. C’est à cette occasion que Rocky annonce son désir de raccrocher les gants. Rocky et son entraîneur ne sont plus touts jeunes. Mais un spectateur n’a pas l’intention de se voir voler sa chance de combattre le champion en titre afin de lui prendre sa ceinture…dans une altercation verbale assez prétentieuse et totalement dénuée de respect, il réussit à provoquer Rocky, qui accepte de le défier officiellement.

 

S’en suivra une explication avec son entraîneur qui refuse catégoriquement ce combat, lui expliquant que ce challenger pourrait bien cette fois-ci le réduire en bouillie. Mickey, en tant qu’entraîneur a fait ce qu’il fallait pour préserver son poulain, allant jusqu’à lui proposer d’honnêtes combats mais gagnés d’avance. Ce bestiau belliqueux, lui, en veut comme jamais et pourrait bien bousculer le champion. Alors que Mickey lui avoue les raisons pour lesquelles il refuse de l’entraîner pour ce combat, Rocky devient de plus en plus déterminé…c’est l’occasion de prouver aux yeux du monde qu’il n’a pas volé son titre. Toujours avec humour, il réussit à convaincre son vieil entraîneur de se lancer dans cette ultime aventure.

Mais on s’aperçoit bien vite que Rocky a tout de même changé, ses entraînements ne sont plus aussi rigoureux, et à l’instar d’Apollo Creed, il se pose en star excentrique et imbue d’elle-même, sur de l’issue du combat.

 

Au moment du match, une ultime provocation de Lang va faire basculer la vie des protagonistes…Mickey est bousculé, Rocky s’emporte, les flashs fusent et dans la confusion, Adrian s’aperçoit que Mickey est au plus mal…son cœur le rappelle à l’ordre, et il est emmené au calme dans les vestiaires, où Rocky veut arrêter le combat. Il ne peut combattre sans lui. Mickey ne veut pas et convainc Rocky d’aller botter les fesses à Lang. Tandis qu’Adrian reste avec le vieux Mickey, Rocky, déstabilisé par l’incident et inquiet pour son vieil entraîneur, n’a pas la tête au combat…l’affaire est vite réglée, et Rocky perd son titre en moins de trois rounds.

Retour au vestiaire…Mickey est de plus en plus mal, tous sentent que cette fois, c’est la fin. Mickey s’éteint après avoir eu vent par Rocky du résultat du match…en omettant toutefois de lui avouer sa défaite. La séquence, très sobre, reste poignante, et me fait toujours verser ma petite larme…Mickey, malgré ses colères et son caractère bougon, s’avère être un papy attachant et l’on se surprend à être touché au plus profond par sa disparition.

Après l’inhumation, Rocky va errer dans Philadelphie, ressassant son échec et se livrant corps et âme au chagrin le plus profond. Les mots de Mickey résonnent, après les victoires, les flashs et la célébrité…Rocky doit faire face à son plus terrible adversaire…le doute. Toute sa vie est remise en question sur les aveux de son entraîneur. Finalement…est-il un bon boxeur ou juste un pantin manipulé ?

 

Même Adrian ne réussit pas à lui faire remonter la pente. C’est Apollo Creed, son adversaire de jadis qui va donc essayer de remettre le train sur les rails. Ce dernier semble avoir un plan, et veut s’occuper de lui faire retrouver « l’œil du tigre »…ce regard qu’avait Rocky quand ils avaient combattu tous deux pour le titre.

Pour cela, Apollo lui fera changer d’air, de décor, pour lui montrer ses racines, et les salles de boxes de ses débuts. Les entraînements s’enchaînent, mais le cœur n’y est pas. Rocky semble vidé, fini. C’est une fois de plus une discussion avec Adrian qui remettra les choses au point.

Lorsque  le champion reprend du poil de la bête, on assiste alors à la résurrection du Rocky que nous connaissons tous. Puissant, déterminé…et les regards qu’il lance à Clubber Lang lors du coup d’envoi du match sont alors plus que significatifs.

 

Le match en lui-même, n’en est donc que plus violent encore que les précédents. Lang n’a pas l’intention de lâcher son titre et s’est entraîné comme jamais pour prouver aux yeux du public (qui ne l’aime pas vraiment) qu’il a mérité ce titre.

Très vite Rocky rassure en étant vif, rapide, danseur fabuleux qui esquive avec facilité, à cent lieues de ce qu’on lui connaissait du premier film. Les entraînements de Creed ont indubitablement un côté positif à ce nouveau style de combat.

Mais bientôt, Rocky se met à faiblir, à encaisser les coups. Plus personne ne comprend rien, Paulie, Adrian…et même Apollo se demandent ce qui se passe. Si le premier round était pour Rocky, le second est pour Lang.

Mais Rocky à lui aussi un plan. Par le passé, il a prouvé qu’il pouvait encaisser en restant debout. Qu’il savait tenir la distance. Rocky se met à provoquer Lang pour que celui-ci se déchaîne de plus belle. Cela semble marcher, car il se jette avec plus de ferveur encore sur un Rocky plus moqueur que jamais.

 

Jusqu’au moment fatidique où l’athlète déchu saisi une ouverture dans les mouvements de Lang. Ce dernier s’est tellement empressé d’en finir avec Rocky, qu’il n’a pas su gérer ses réserves. Ses forces l’abandonnent et Rocky enchaîne désormais des séries de coups plus spectaculaires les uns que les autres. Bien vite l’issue du combat est certaine…Rocky est de retour. Un retour flamboyant dans un match époustouflant, prenant, brillant.

Rocky, après avoir pris du recul pour retrouver ses valeurs, les fait de nouveau éclater aux yeux de son public plus conquis que jamais. Et nous avec.

Plus sombre que les précédents opus (la mort de Mickey, les doutes de Rocky, la difficile renaissance), ce troisième volet, remarquablement écrit et très efficacement réalisé, reste une fois de plus une suite très réussie. C’est aussi l’occasion de montrer la naissance d’une belle amitié entre l’adversaire de jadis que fût Apollo Creed et Rocky qui lui doit finalement beaucoup.

Mêlant humour et tendresse, ainsi que les sombres doutes qui l’ont un temps rongé jusqu’à la limite, cette nouvelle histoire met en exergue l’excès de confiance que peuvent éprouver les sportifs de haut niveau. A force de s’installer dans une routine coutumière, le boxeur a baissé sa garde et est parti au tapis, a vécu l’enfer du doute, a souffert pour se remettre en question et retrouver ainsi ce qui faisait de lui un vrai champion. On souffre avec lui dans ce film au rythme soutenu, et à la structure scénaristique très habile, bien que prévisible.

 

Mais on ne peut nier une implication évidente de la part de Stallone pour son propre personnage. C’est son bébé après tout, et lui seul pouvait lui donner une telle aura de puissance, de dignité, de vaillance. Rocky est décidément un personnage attachant.

Pour le tournage de ce 3ème opus, Stallone choisit soigneusement son challenger…Un inconnu dont c’est le premier rôle au cinéma…Mister T, inoubliable Barracuda dans la série télé Agence tous risques, ne brille pas vraiment par son jeu d’acteur…certes. Mais son physique rattrape tout le reste et occulte finalement les faiblesses de son jeu. Pour accentuer la différence de physique, déjà évidente par la taille, Stallone perd jusqu’à 20 kilos et s’entraîne sans relâche pour se sculpter un corps aux muscles saillants, en respectant un régime draconien, fait essentiellement de pain brûlé et blanc d’œufs cuits à la coque.

Le résultat est à la hauteur, en digne suite d’une histoire inscrite pour durer. Le film s’achève sur un ultime moment complice entre Balboa et Creed, ce dernier lui ayant demandé une faveur au tout début des entraînements. On quitte donc l’univers du boxeur avec pleins de sentiments en tête, et l’impression farouche que ce boxeur est vraiment un chic type. Stallone lui prête ses traits de chien battu, malmené par la vie, avec un brio inchangé depuis le début de la saga Rocky. A titre de comparaison, si Rocky en 1976 rapportait prêt de 100 fois son budget avec 117 millions $, Rocky II en rapporta 85, et L’œil du tigre124 millions $, faisant de ce dernier le plus populaire (la chanson titre du film, hit incontournable y est peut-être pour quelque chose également) de la saga, en termes de recettes bien sûr. On peut donc dire que le début des années 80 fut donc bénéfique au boxeur gaucher. Une réussite…16/20

Mais en est-il de même pour les trois autres films de la saga… ? (…A suivre…)

Plus d'infos sur ce film
 
Rocky III - ma note pour ce film :
Réalisé par Sylvester Stallone
Avec Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, ...
Année de production : 1982
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